Après de brillantes études, l’avenir de Sophia semble tout tracé, jusqu’à ce qu’elle rencontre Luke lors d’une compétition de rodéo. Elle n’avait rien à faire là, ils n’ont rien en commun, mais la vie réserve parfois des surprises… Ira Levinson, 90 ans, sait parfaitement ce que la vie peut réserver d’inattendu. Huit ans plus tôt, il a perdu sa femme et se rend à l’endroit où il lui avait offert la première peinture de ce qui allait devenir la collection à laquelle ils ont consacré leur vie. Mais Ira perd le contrôle de sa voiture et ne doit la vie qu’à Luke et Sophia, qui le tirent des flammes. Il les supplie de sauver une boîte remplie de lettres… Lorsque Sophia rend visite au vieux monsieur à l’hôpital, elle propose de lui lire cette correspondance pour le réconforter. Au fil de sa lecture, la jeune fille découvre la vie d’Ira, et les nombreux points communs entre son histoire et celle qu’elle est en train de vivre avec Luke. Au-delà du temps, ils partagent les questions, les épreuves, mais surtout, l’espoir d’une vie de bonheur…

Ce long et ennuyeux synopsis de CHEMINS CROISÉS, adaptation du roman éponyme de , résume assez bien notre ressenti devant ce film de plus de deux heures. Il est déjà assez surprenant de retrouver à la réalisation George Tilman Jr, révélé en 2000 avec Les Chemins de la dignité, qui racontait l’histoire du premier Afro-Américain à avoir intégré la Navy. Une communauté afro-américaine qui avait d’ailleurs été l’objet de son premier film, Soul food (1997). Le réalisateur avait par la suite montré son goût pour la musique avec Notorious B.I.G (2009), biopic sur le rappeur du même nom décédé le 9 mars 1997, et s’était attaqué au film d’action avec Faster (2010). Des films portés par une certaine violence et une dureté de la vie qui font défauts à sa nouvelle réalisation. En se lançant dans la romance avec CHEMINS CROISÉS, Tilman propose une œuvre superficielle. Même si le genre montre rarement une grande originalité dans son dénouement, l’intérêt vient souvent de sa part dramatique, comme avec N’oublie jamais (2004), réalisé par Nick Cassavetes et devenu une référence du genre. En ne proposant aucun semblant de tragédie, CHEMINS CROISÉS n’apporte rien et nous plonge dans un ennuie profond.

chemins croisés

Qu’ils sont beaux Sophia et Luke ! Trop beaux même. Si Britt Robertson nous avait tapé dans l’œil dans A la poursuite de demain de par son naturel et son capital sympathie, aux côtés de , au physique d’athlète, la jeune actrice tombe dans la caricature. Ensemble, les deux interprètes forment le couple américain parfait, bon sous tous rapports. Ils sont blonds, beaux et semblent sortir tout droit d’une affiche publicitaire. Lui, représente le male dominant, qui chevauche des taureaux et vit dans le ranch familial en aidant sa mère. L’homme parfait que désirent, apparemment, toutes les filles de la sororité de Sophia. Celle-ci est étudiante en art, sa passion. Bien que ces deux mondes soient opposés, ils ne représentent encore une fois aucun défaut. C’est bien ça le problème de CHEMINS CROISÉS. Son absence de drame. On aurait aimé voir la confrontation du cowboy face à un monde plus « moderne » et « urbain », il n’en sera rien. A chaque apparition d’éventuelles difficultés, arrive une solution immédiate permettant au couple de poursuivre son amour. La question du départ à New York dans deux mois prévue par Sophia, ou le danger qu’encourt Luke suite à sa blessure de rodéo, n’apporteront au final que peu de frisson. Devant ce récit des plus mielleux la réalisation n’est pas exempte de tout reproche. A l’exception des rares séquences de rodéo plutôt efficaces, Tilman propose dans l’ensemble une image artificielle bien trop lisse et léchée, accompagnée, sans surprise, de morceaux de pop country, pour au final tomber constamment dans le clichés et le kitch.

« Le film ne parvient pas à intriguer ni même à nous émoustiller un tant soit peu. Un film plat et fade. »

On passera sur les plans grotesque des abdominaux de Luke ou sur l’émoi de Sophia provoqué par chaque semblant de caresse de ce dernier. Car là où le film se plombe véritablement, c’est dans le choix de présenter non pas une, mais deux romances. La seconde venant du récit d’Ira (). Ce dernier, après son accident, aura droit à plusieurs visites de Sophia à l’hôpital (on avait bien dit qu’elle était parfaite) et lui racontera son passé avec son grand amour. Une partie qui présente davantage d’intérêt. On y trouve en effet des rebondissements et un semblant de profondeur dans les caractères des protagonistes. Le tout, accompagné d’une intrigue plutôt tragique. Mais en entrecoupant cette histoire par la romance de Sophia et Luke (à moins que cela ne soit l’inverse), on se lasse rapidement et le film devient très long. CHEMINS CROISÉS ne parvient pas à intriguer ni même à nous émoustiller un temps soit peu. Un film plat et fade.

@PSiclier

Les autres sorties du 15 juillet 2015

INFORMATIONS

15 juillet 2015 - Chemins Croisés

 
Titre original :
Réalisation :
Scénario :  D’après l’oeuvre de Nicholas Sparks
Acteurs principaux : , Scott Eastwood, Alan Alda
Pays d’origine :
Sortie : 15 juillet 2015
Durée : 2h19
Distributeur : Twentieth Century Fox France
Synopsis : Après de brillantes études, l’avenir de Sophia semble tout tracé, jusqu’à ce qu’elle rencontre Luke lors d’une compétition de rodéo. Elle n’avait rien à faire là, ils n’ont rien en commun, mais la vie réserve parfois des surprises…

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