Le pitch : Aide-soignant, David travaille auprès de personnes en phase terminale. Méticuleux, efficace et passionné par son métier, il noue des relations qui vont bien au-delà du cadre médical et instaure une véritable intimité avec ses patients. Mais dans sa vie privée, David est inefficace, maladroit et réservé. Il a besoin de ses patients tout autant qu’ils ont besoin de lui.

Le film de est construit de parti-pris :
– Trouble sur le personnage principal, immersion dans son quotidien;
– Sobriété hardcore de la mise-en-scène (plans fixes sur plans fixes);
– Montrer sans fard quelques instants très intimes (David lave les corps malades, nettoie des vomis et des cacas).
Malgré tout, ces partis pris trouvent tous une explication relativement intéressante au cours du film.

CHRONIC peut se voir comme une réflexion sur le concept d’empathie; une explication par défaut, pour permettre de faire passer la pilule du: « je rends mon personnage particulièrement trouble sans réussir par la suite, à conclure cet arc scénaristique ».

Comme David, peut-être que Michel Franco s’interroge sur la manière de permettre au spectateur l’immersion dans « une histoire ». Cela passerait d’abord par: montrer par les faits, puis par l’identification, et enfin en faisant rentrer le drame dans le récit. Dans le film, David observe avec distance ce drame. Nous spectateurs, nous sommes forcément identifiés à David (grâce à l’impeccable )… Ce qui interroge par conséquent notre propre rapport à la maladie, au deuil, à l’attachement et à la perte. Et même si ça fonctionne…

Chronic (1)

Cette réflexion est parasitée par l’écriture étrange du personnage de David. Dans la première partie du film, celui-ci peut-être perçu de différentes façons, du pervers sans conscience/morale, à l’altruiste … Si cela est stimulant puisqu’il nous incombe de décoder sa personnalité tout en étant partie prenante des drames se déroulant sous nos yeux, on ne peut trouver que dommage que Michel Franco ne développe pas mieux cet arc scénaristique. Précisément, son script explicite trop clairement les actions de David, ce qui tend à enlever toute sensation dérangeante… C’est à la fois agréable et dommage; On garde, jusqu’à la dernière scène, cette sensation d’apaisement: on reste relativement heureux de ne pas s’être faits gratuitement agressés psychologiquement, comme dans nombre de films au sujet choc qui nous chient dans la bouche sans nous filer de PQ… Mais d’un autre coté, tout malaise disparaît bien vite au profit d’un ennui poli. À choisir…

« Un film ‘choc’, mais immersif et relativement stimulant, que son dernier plan putassier transforme en baudruche. Dommage. »

Seule chose finalement mémorable : le tout dernier plan, absolument inutile et putassier.
Non seulement il casse toute l’empathie créée jusque là, mais il ne trouve en outre, aucune justification scénaristique.
On dirait, franchement, que le réalisateur n’avait plus rien à dire, et ne savait pas comment conclure son film. Ce dernier plan de CHRONIC est une totale déception à même de bousiller tous les efforts pour intégrer le spectateur dans l’histoire; pire, à faire reconsidérer tout ce qui a été vu précédemment. On ne s’explique pas ce choix, mais on vous encourage, lorsque vous découvrirez le film, à tentez de garder en tête qu’il s’agit avant-tout d’un beau portrait d’homme, complexe, légèrement dérangeant, et au final touchant.

CHRONIC a été présenté en sélection officielle (en compétition) au festival de Cannes édition 2015
Pourquoi pas un prix d’interprétation pour Tim Roth.

INFORMATIONS


CANNES 2015 : les films présentés en sélection officielle

Titre original :
Réalisation : Michel Franco
Scénario : Michel Franco
Acteurs principaux : Tim Roth, ,
Pays d’origine : Mexique
Sortie : 21 octobre 2015
Durée : 1h33min
Distributeur : Wild Bunch Distribution
Synopsis : Aide-soignant, David travaille auprès de personnes en phase terminale. Méticuleux, efficace et passionné par son métier, il noue des relations qui vont bien au-delà du cadre médical et instaure une véritable intimité avec ses patients. Mais dans sa vie privée, David est inefficace, maladroit et réservé. Il a besoin de ses patients tout autant qu’ils ont besoin de lui.

BANDE-ANNONCE