Affiche du film CLOCLO

Cloclo, c’est le destin tragique d’une icône de la chanson française décédée à l’âge de 39 ans, qui plus de trente ans après sa disparition continue de fasciner. Star adulée et business man, bête de scène et pro du marketing avant l’heure, machine à tubes et patron de presse, mais aussi père de famille et homme à femmes…
Cloclo ou le portrait d’un homme complexe, multiple ; toujours pressé, profondément moderne et prêt à tout pour se faire aimer.

Note de l’Auteur

[rating:8/10]

Date de sortie : 14 mars 2012
Réalisé par Florent Emilio Siri
Film français
Avec Jérémie Renier, benoît Magimel, Claudia Scattini
Durée : 02h28min
Titre original : Cloclo
Bande-Annonce :

Le biopic est à l’honneur ces derniers temps dans les salles obscures. Le J.Edgar Hoover de Clint Eastwood, la Margaret Tatcher de Phyllida Lloyd, et désormais le Claude François de Florent Emilio Siri. À voir la carrière et la vie de l’homme élevé au rang d’icône, il est presque curieux qu’aucun réalisateur n’avait tenté de franchir le pas d’adapter son histoire à l’écran. Comme si à l’instar du modèle, la peur de l’échec était trop grande. Mais lorsque l’on voit le résultat donné par Florent Emilio Siri, il est parfois bon d’attendre.

Le réalisateur de Nid de guêpes parvient à tout dire, tout montrer, de la naissance jusqu’à la mort de l’idole. Ses excès, son envie de tout contrôler, ses amours déçus, mais aussi son génie, c’est tout Cloclo qui nous est servit sur un plateau d’argent, ou plutôt de paillettes. Mais là où beaucoup de réalisateur se serait contenter de dresser un portrait ronflant et dénué de toute inventivité, Siri, comme l’artiste, continue d’aller toujours plus loin dans la mise en scène. Passer la première heure, le show commence et l’on en prend plein la vue. Travelling somptueux (Isabelle faisant le tour de la maison, Cloclo roulant en voiture près de ses fans), reconstitution d’un concert à Londres, images d’archives incrustées. À ma guise, tout le talent du maître est là.

Photo (1) du film CLOCLO

Passer la première heure, le show commence et l’on en prend plein la vue !

Mais Claude François c’est aussi la musique. Là encore, Siri ne se contente pas de passer les chansons à son grès. Non, chacune des célèbres mélodies est adapté à ce qui se passe à l’écran, aussi bien illustrative qu’introspective. La musique raconte le film. L’on en pardonne même les quelques excès tel que « comme d’habitude », utilisée deux à trois fois même en anglais. Second regret : le scénario. Même si celui-ci suit la vie du chanteur, il y a comme un sentiment de tourner en rond avec les doutes, l’amour, le succès, les infidélités, et on recommence.

Mais que serait Cloclo à l’écran sans son interprète. Si Jérémie Renier peine à convaincre dans les débuts du film (la faute à un acteur trop vieux pour jouer les jeunes premiers), comme le réalisateur, la seconde partie est un hymne au talent. Futur césarisé ? Nul ne peut le prévoir mais l’acteur belge aura mis la barre haute. Véritable Claude François dans toutes ses facettes aussi bien physiques que mentales, l’on ne parvient presque plus à distinguer le film d’un documentaire. Quant aux seconds rôles, mêmes si ceux-si paraissent effacés vis-à-vis de la star, ils parviennent toutefois à marquer les esprits chacun à leur manière. Ana Girardot en sublime Isabelle Forêt, Joséphine Japy en touchante France Gall, Monica Sciattini en mère aimante. Cerise sur le gâteau, Robert Knepper, éternel T-Bag de Prison Break, prête ses traits à Frank Sinatra, le modèle de Cloclo. Seul benoît Magimel est décevant dans son rôle de Paul Lederman. Ventre arrondi, perruque sur la tête, servant du « fils » à toutes les sauces, on le croirait sortit tout droit d’un casting de la Vérité si je mens !

Mais ne boudons pas notre plaisir, qu’on aime ou qu’on déteste le personnage, Cloclo est un film électrisant.

Photo (2) du film CLOCLO