DAGLICHT a été visionné suite à l’annonce, le 4 juillet 2015, d’un remake du classique: Les Oiseaux, d’Alfred Hitchcock… Produit par Michael Bay !
Soit une annonce bien WTF, à même de faire trembler les fans du film d’origine… Comme disait Maxime, reste à comprendre “comment des oiseaux peuvent déclencher des explosions”.

Dans l’idéal, il faudrait se farcir la filmo entière de l’auteur pour être certains que ce DAGLICHT (2013) que nous avons choisi de visionner pour en savoir un peu plus sur cette potentielle hérésie, n’est pas qu’un exercice de style destiné à vendre Diederik Van Rooijen à l’international… Pourtant il y a ce ton et cette méthode qui semblent suffisamment sérieux, fier et aboutis pour pouvoir se faire un avis clair et précis sur ce que sera ce remake des Oiseaux. On en dégage ainsi une (très relative) bonne nouvelle, et une très (pas-du-tout-relative) mauvaise nouvelle.

Commençons par le positif: À priori, Diederik Van Rooijen ne devrait pas céder aux travers les plus reconnaissables du style Bay: le tape à l’œil visuel, le “tout explosif”…
Son DAGLICHT, est d’une sobriété suffisante pour laisser place à un scénario tout puissant, à la Vertigo, ou à la Dial M for MurderHitchcockien en somme. Sauf que… Bah non.
Car là ou le maître du suspens savait autant retourner son spectateur par un script plein de surprises, que nous cadenasser dans son récit en créant une puissante empathie envers ses personnages (et ce, parfois, en quelques plans), dans DAGLICHT, tout est froid, sans émotion. Conséquence: l’irréalité de cette histoire est trop palpable et compose un divertissement spectaculaire par ses excès, mais trop dirigiste pour être stimulant. La comparaison scénaristique a relativement lieu d’être car oui, le script de DAGLICHT est tortueux, prenant et dynamique… Pourtant, par trop d’ellipses absurdes, de raccourcis ou d’évidences… Il apparaît également comme SIMPLISTE, APPROXIMATIF, et grille très vite et malgré lui, tout suspens. Gros fail.

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Encore plus inquiétant, on doute de la capacité de Diederik Van Rooijen à se confronter à un Jaws-like (lol) comme Les Oiseaux, ou finalement et finement, la psychologie et l’ambiance prédominaient sur l’aspect suspens.
Enfin coté réalisation, c’est clairement vers Fincher qu’il faut chercher les similitudes. Musique singeant le score de Howard Shore pour Se7en, pluies battantes (hors-sujets, mais graphiques), scènes de poursuite et d’accident – sur pont, gimmicks subliminaux de flashbacks ou de dysfonctionnements psychologiques, baraque faite de baies vitrées, jeux sur les lumières; autisme d’untel, froideur inquiétante d’une autre… De l’esthétique audiovisuelle aux caractérisations de personnages en passant par les effets de style, tout respire le manque de subtilité et de personnalité. On touche presque au plagiat.

[bctt tweet=”Un divertissement efficace que l’on pourrait apprécier sans y regarder de trop près.”]

DAGLICHT est au final un divertissement que l’on pourrait à la rigueur apprécier sans y regarder de trop près… Si l’ombre d’Hitchcock ne planait pas autant sur Diederik Van Rooijen, chargé de prendre la relève. LOL.

author-twitter@georgeslechamea

INFORMATIONS

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CRITIQUE
– Un remake des Oiseaux de Hitchcock produit par Michael Bay ?

Titre original : Daglicht
Réalisation : Diederik Van Rooijen
Scénario : Philip Delmaar, Marion Pauw, Diederik Van Rooijen, Simone Kome van Breugel
Acteurs principaux : Derek de Lint, Monique van de Ven, Fedja van Huêt
Pays d’origine : Pays-Bas
Sortie : –
Durée : 1h54min
Distributeur : –
Synopsis : Certains secrets de famille ne supportent pas d’être exposés au grand jour…

 

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