1931, période de Grande Dépression aux États-Unis. A la suite d’une tragédie familiale, Jacob, un jeune étudiant en école vétérinaire, se retrouve subitement plongé dans la misère et rejoint par hasard un cirque itinérant de seconde classe. Il se fait accepter en échange des soins qu’il pourra apporter aux animaux et ne tarde pas à tomber sous le charme de la belle écuyère Marlène. Elle est l’épouse du directeur du cirque, un être d’une rare violence et totalement imprévisible. Derrière la beauté et la magie des spectacles, Jacob découvre un univers impitoyable et miséreux. Lorsqu’une éléphante rejoint le cirque, Marlène et Jacob se rapprochent l’un de l’autre et préparent un nouveau spectacle qui permet un temps de renouer avec le succès. Mais leurs sentiments deviennent de plus en plus perceptibles et sous les yeux d’August, cette histoire d’amour les met irrémédiablement en danger.

Note de l’Auteur

[rating:4/10]

Date de sortie : 4 mai 2011
Réalisé par
Film américan
Avec , ,
Durée : 1h55min
Bande-Annonce :

Les grandes histoires d’amour ont toujours soufflé sur nos esprits pratiques un vent frais. La mécanique bien huilée de nos vies contraste avec l’agitation de la romanza dont , Victor Fleming et ont su tiré le meilleur parti. De L’Eau Pour Les Eléphants accéderait a priori au statut de romance héritière. Il n’en n’est rien. Son réalisateur pêche par excès de prudence, ce qui est bien la marque de notre pauvre époque artistique. Plutôt que de nous offrir l’émoi, Francis Lawrence, étant plus à l’aise avec les soubresauts apocalyptiques de et , nous offre un film papier glacé à la gloire du profil grec de la nouvelle idole : Robbie.

Au temps de la Grande Dépression américaine, un étudiant vétérinaire perd ses parents dans un accident de voiture. Polonais d’origine, l’orphelin se fait remarquer par un compatriote qui officie comme homme de main dans un cirque. Jacob ne pouvait rêver mieux : il prolonge sous le chapiteau itinérant son étude des animaux et tombe amoureux de la dresseuse vedette de la compagnie. Un fauve en pantalon observe l’étudiant, prêt à lui souffler dans les bronches au moindre écart. Ce fauve n’est que le mari de la dresseuse, patron tout-puissant, sardonique et cruel du cirque ambulant. Jacob aura deux options concrètes. Se battre avec le patronat ou raser les murs.

De L’Eau Pour Les Eléphants plante son chapiteau dans un terrain qui n’a rien de vague et tout de fertile, le terrain de la représentation scénique où domine l’illusion. Marlena la dresseuse contrefait l’indifférence vis-à-vis de Jacob, Jacob contrefait l’amabilité vis-à-vis de son mari, August le mari contrefait la confiance vis-à-vis de Jacob. Tout le monde joue, même l’éléphante battue jusqu’au sang par August. L’éléphante joue la légèreté. Ce quatuor de trois bipèdes et un quadrupède pourrait garantir la tension dramatique du film car le huis clos favorise ce genre de tension. Le suspense avec lequel Quentin Tarantino enlace les actes de son colonel nazi dans manque à la mise en scène de ce film-ci où se distingue le même Christoph Waltz. Une histoire d’amour contrariée devrait reposer sur deux principes. Une haleine qu’on tient, une sincérité qu’on ordonne. A vouloir jouer la carte de la mode, Francis Lawrence sacrifie son beau propos sur la duplicité des hommes et de leurs amis les bêtes au profit de la plastique de son acteur principal qui envahit l’écran sans envahir son rôle.

Une fois de plus, dans le cinéma moderne, l’écriture est laissée pour compte et on fait de la vidéo au lieu de faire un récit. La caméra ne se stabilise pas, prend à son compte les règles expéditives de la publicité, règles incompatibles avec la langueur que requièrent certains plans. Aucun érotisme ne transpire entre Reese Witherspoon et Robert Pattinson qui ne font que poser devant une caméra aveugle. Comment croire à leur sentiments et à leur résilience quand les coups ne laissent aucune trace, les cheveux ne prennent aucun épi et les dents blanches de star aucune salissures de pauvre ? Robert Pattinson souffre de la maladie du moindre effort, cette maladie ne sera guérie qu’au contact d’un réalisateur difficile. Faites-le travailler avec , Mel Gibson, ! Mettez-le dans la boue, il n’en sortira que plus comédien ! Oyé ! Oyé ! Christoph Waltz, déjà comédien, est menacé de recyclage. Sa prestation pour Tarantino a tellement plu que Francis Lawrence a voulu acheter cette prestation, à l’accent près, à la mimique près, à l’étrangeté près et tout ceci fonctionne… moins bien. Tout est pâli par la répétition. Reese Witherspoon est pâlie par un manque de bonne volonté, il n’y a que Rosie l’éléphante qui s’applique vraiment à faire son poirier. Pourquoi a-t-on banni l’exigence ? Est-ce que les cinéphiles doivent aller se faire téter les yeux ?