Un homme, persuadé d’être un superhéros, ne sait plus distinguer le vrai du faux et décide de se lancer dans une thérapie afin de voir s’il n’est pas schizophrène…

Note de l’Auteur

[rating:8/10]


Date de sortie : Direct To DVD le 11 mai 2010
Réalisé par Peter Stebbings
Film américain
Avec Woody Harrelson, Sandra Oh, Kat Dennings
Durée : 1h 40min
Bande-Annonce :

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Grosse surprise que cette production sans prétention au budget aussi gros qu’un timbre qui n’a pas eu la chance de sortir sur nos écrans. La faute sans doute à la sortie dans le même créneau d’un Kick-Ass qui, malgré sa ressemblance très superflue avec Defendor, aurait pu le cannibaliser d’une seule traite.

Et pourtant ! Certes Kick-Ass est un énorme défouloir avec des scènes toutes plus fun les unes que les autres mais Defendor est un cran au-dessus dans la mesure où il possède une réelle histoire, un aspect psychologique beaucoup plus poussé que les autres productions traitant du syndrome du super héros. Alors oui on ressent le flagrant manque de moyen par moment mais le réalisateur a réussit à se dépatouiller et à nous servir une histoire à taille humain d’une profondeur insoupçonnable au premier abord : quand on voit l’affiche du film on s’attend plus à un énième nanar plutôt qu’à un vrai film. Plus grande encore est donc notre surprise.

La mise en scène est soignée, l’ambiance est telle que l’on peut se croire dans les ruelles hostiles et peu ragoutantes d’un Gotham City par moment, la musique colle bien avec les émotions que l’on tente de nous véhiculer mais les principaux atouts de Defendor sont son scénario et son acteur principal : Woody Harrelson. Ce dernier est vraiment l’un des plus grand acteurs de sa génération, l’un des seuls à nous embarquer avec une justesse incroyable dans des rôles tous plus différents les uns que les autres. Du cinglé de première dans Tueurs-Nés au magnat du porno dans Larry Flynt en passant par des rôles plus sérieux comme Welcome To Sarajevo ou dernièrement The Messenger, l’acteur étoffe un peu plus son panel d’interprétation ici avec ce rôle d’attardé attendrissant qui croit dur comme fer à ses convictions. Parcourant les rues dans son camion jaune à peine visible et armé d’une matraque, d’une poignée de billes et d’un bocal remplit de guêpes, ce justicier compte bien nettoyer sa ville de la vermine qui y pullule.

Ce scénario apriori banal et un tantinet bancal est parfaitement réussit dans la mesure où il arrive à nous émouvoir et à nous embarquer dans la folie et la détresse de cet être décalé magnifié par un Woody Harrelson au top. Alors oui Defendor n’est pas le film du siècle, oui le film souffre d’un certain manque d’argent, oui les seconds rôles ne sont pas forcément ce que l’on trouve de mieux mais Defendor est une très belle œuvre à taille humaine qui mérite amplement que l’on s’attarde dessus. Une œuvre rare, surprenante, qui nous montre l’envers du décor dans la vie d’un super héros pas comme les autres. A voir pour ses nombreuses qualités qui nous feront rapidement oublier ses faiblesses.

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[critique] Defendor

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