À l’occasion de sa sortie en vidéo, Le Blog du Cinéma et Wild Side s’associent pour vous permettre de remporter un DVD du film !

CRITIQUE :

Après un premier opus plutôt réussi, Tsui Hark offre une suite aux aventures de Detective Dee, sorte de Sherlock Holmes chinois à l’époque impériale inspiré du juge-détective Di Renjie qui a réellement existé en 630. Malheureusement cette suite, qui en réalité se déroule plusieurs années avant Detective Dee : Le Mystère de la flamme fantôme (2011), est loin du même résultat que son prédécesseur. Tsui Hark fait de Detective Dee 2 : La Légende du Dragon des mers une fresque mal maîtrisée, visuellement pas à la hauteur des ambitions du réalisateur, dont les décors et costumes habituellement magistraux n’impressionnent pas. Malgré les gros moyens mis à disposition, il en ressort un film aux allures de série B, cheap et vite lassant.

Après l’attaque de la flotte de l’empereur Gaozong par une gigantesque créature marine, l’impératrice Wu (Carina Lau) ordonne au Commissaire en chef du Temple suprême d’ouvrir une enquête sur cette attaque. Au même moment, Dee (Mark Chao) arrive pour prendre ses fonctions au Temple suprême. Son instinct lui permet de deviner que la courtisane Yin (Angelababy), destinée à être offerte en sacrifice au Dragon des mers, est la cible de brigands. Dee se lance seul dans une enquête qui verra se réunir tous les événements en un immense complot qui vise le pouvoir en place.

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© Koch Media

Lors du visionnage de Detective Dee 2, il ne faut pas longtemps pour se rendre compte que quelque chose ne va pas. La première scène se veut époustouflante. Des navires imposants sont attaqués par un monstre marin. La créature n’apparaît jamais tandis qu’elle fracasse les bateaux sur son chemin. Ces derniers volent en éclat, s’écrasent les uns contre les autres et en quelques minutes sont tous détruits. Avec cette introduction Tsui Hark veut marquer les esprits en faisant du grand spectacle. Malheureusement la pauvreté des effets visuels, beaucoup trop visibles, gâche indéniablement le résultat. Ce qui doit emporter et impressionner provoque davantage un rire embarrassé. On atteint alors sommets lorsque deux cavaliers se percutent et s’envolent de leur monture pour devenir l’espace de quelques instants des personnages numériques grossiers supposées ressembler aux acteurs.
De plus Tsui Hark enchaîne les mauvais choix. Le réalisateur hongkongais capable du meilleur comme du pire plonge son film dans un ensemble kitsch beaucoup trop appuyé. En soit l’irréalisme et le romantisme propre au film de cape et d’épée chinois n’est pas remis en cause mais il prend ici des proportions ridicules et le film devient presque parodique.

”La déception est grande avec Detective Dee 2. Une ambition bien trop grande et malgré des moyens importants à disposition, rien ne semble pouvoir être sauver”

On repense alors presque avec nostalgie au précédent volet. Dans Le Mystère de la flamme fantôme, Dee, très bien interprété alors par Andy Lau (Le Secret des poignards volants, Infernal Affairs), faisait face à des événements inexpliqués, à la limite du surnaturel. Notre héros parvenait à lever le voile sur le mystère du film en trouvant une explication logique. Ainsi Dee se rapprochait clairement de l’univers de Sherlock Holmes (le célèbre personnage créé par le romancier Arthur Conan Doyle en 1887) du point de vu de l’enquête policière. Un aspect sur lequel se focalise moins La Légende du Dragon des mers qui franchi amplement la frontière du fantastique, et pas de la meilleur des manières. Lorsqu’un immense kraken (monstre à tentacules) s’apprête à fondre sur Dee, tandis que ce dernier parcoure la mer sur le dos d’un cheval, on reste très sceptique devant cette scène pour le moins grotesque. Finalement Tsui Hark semble avoir vu trop grand. D’autant plus en voulant toucher aux nouvelles technologie avec la 3D relief. Un effet utilisé à outrance puisque même lors du visionnage du film en 2D, ces derniers se font grandement remarquer. Chaque combat et chorégraphie apparaissent comme des jouets pour expérimenter le relief.
C’est alors l’ensemble de la mise en scène de Tsui Hark qui fait défaut et ce qui d’habitude impressionne (les grands monuments en guise de décors, les costumes, les accessoires) perd ici toute sa saveur et est mis en retrait, étouffé par une pléthore d’effets spéciaux.

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© Koch Media

La déception est grande avec Detective Dee 2. Une ambition bien trop grande et malgré des moyens importants à disposition, rien ne semble pouvoir être sauvé. Même pas l’ensemble de la distribution qui regroupe des acteurs bas de gamme. Mark Chao manque cruellement de charisme en comparaison à Andy Lau. Carina Lau, star du film, se contente du minimum, à savoir une impératrice autoritaire qu’on oublie durant la majorité du film. Et la jeune Angelbaby, dont le pseudonyme utilisé n’augurait rien de bon, n’est rien de plus qu’un joli visage et son jeu médiocre agace fortement.
On tachera d’oublier rapidement cet écart de la part de Tsui Hark qui nous a habitué à beaucoup mieux avec des films toujours spectaculaires comme Il était une fois en Chine (1991), The Blade (1996) ou encore Seven Swords (2004).

LE DVD

Après 2h15 d’un film peu convaincant, difficile de trouver beaucoup d’intérêt aux bonus présents en complément de cette édition DVD. Ces derniers comportent six court documentaires dont l’objectif est davantage promotionnel qu’informatif. Il s’agit d’une succession de mini making of où les différents protagonistes du film (réalisateur, acteurs et techniciens) parlent, évidemment en bien, de ce projet. Décors et Costumes évoque en 6 minutes les rares qualités du film. On est davantage perplexe lorsque les effets spéciaux et la mise en scène sont abordés dans Tsui Hark et les Combats. D’autant plus lorsque l’un des techniciens déclare avec une certaine arrogance que selon lui Detective Dee 2 est bien meilleur que les autres productions.

CASTING
Titre original : Di Renjie: Shen du long wang
Réalisation : Tsui Hark
Scénario : Kuo-fu Chen, Chia-Lu Chang, Tsui Hark, Jialu Zhang
Acteurs principaux : Mark Chao, Feng Shaofeng, Carina Lau, Angelbaby
Pays d’origine : Hong-Kong
Sortie : 6 Août 2014
Durée : 2h14mn
Distributeur : The Jokers / Le Pacte
Synopsis : L’impératrice Wu règne sur la dynastie Tang aux côtés de l’empereur Gaozong. Elle envoie sa flotte vers l’empire Baekje afin de soutenir cet allié de longue date, envahi par le belliqueux empire Buyeo. Mais, juste après leur départ, les navires sont attaqués par une mystérieuse et gigantesque créature surgie du fond des mers. Les habitants de Luoyang, la capitale orientale, pensent qu’il s’agit d’un dragon des mers. Afin d’apaiser ce dernier, la courtisane Yin, « la plus belle fleur de Luoyang », est choisie pour être enfermée dans le Temple du Dragon des Mers ; en fait une punition qui lui est infligée pour avoir refusé les avances de riches notables. L’impératrice Wu, qui n’a guère de temps à accorder à ces superstitions, ordonne à Yuchi Zhenjin, le Commissaire en chef du Temple Suprême, d’enquêter sur l’acte de sabotage dont la flotte a été victime. Elle suspecte les sympathisants de l’empire Buyeo d’être à l’origine du complot. Par chance, Dee Renjie arrive à Luoyang le même jour pour prendre ses fonctions de magistrat au Temple suprême. Son poste englobe les fonctions de détective, juge et bourreau. Dans la rue, Dee et Yuchi assistent à la procession menant la courtisane Yin jusqu’au Temple du Dragon des Mers. Tous deux sont époustouflés par sa beauté. Sur le chemin du Temple Suprême, Dee aperçoit un groupe d’étrangers sortir d’une maison de thé, s’envelopper dans des vêtements de moines taoïstes, et se diriger vers un canal menant au temple… Ce n’est que le début des péripéties qui amèneront le Détective Dee à résoudre l’énigme de la Légende du Dragon des Mers…
CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD
Sortie DVD : 10 Décembre 2014
Editeur : Wild Side
Nombre de disque(s) : 2
Format image : 2.35, 16/9ème compatible 4/3
Format son : Français Dolby Digital 5.1, Cantonais DTS 5.1 & Dolby Digital 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 2h08
Compléments : – Tsui Hark et les Combats (5’10)
– Rencontre avec l’équipe technique (6’50)
– L’impératrice Wu (4’24)
– Les Amants Maudits (4’10)
– Les Personnages masculins (4’30)
– Décors et Costumes (6’37)
BANDE-ANNONCE

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