Pour sa distribution en France, (titre original) s’est vu renommé IF YOU LOVE ME. Cependant, pour une fois, le choix de ne pas proposer une simple traduction y trouve de l’intérêt. En français, ces titres se traduiraient respectivement par « La Petite mort », renvoyant à l’expression symbolisant l’orgasme, et « Si tu m’aimes » qui pose la question du couple, y présentant un certain chantage affectif, ce que l’on serait prêt à faire pour son compagnon. A la vu de ce que propose cette comédie australienne les deux titres sont parfaitement complémentaires. IF YOU LOVE ME suit sous forme de film choral plusieurs couples où se révéleront les fantasmes de chacun. Des couples de longues dates pour la plupart, qui tentent de raviver la flamme. Aussi original que culotté, IF YOU LOVE ME aborde les questions de couple avec humour et intelligence. Cette bonne surprise nous arrive directement en DVD et Blu-ray en France, un an après sa sortie en salle (26 juin 2014).

Dans un quartier apparemment banal, de nombreuses histoires s’entrecroisent. Une femme qui voudrait exaucer des fantasmes particulièrement osés et son compagnon qui lutte pour les assouvir. Un homme qui débute une liaison secrète avec sa propre femme, sans que celle-ci ne se doute de la véritable identité de son amant. Un couple qui tente de se reconstruire après une expérience sexuelle qui a dérapé. Une femme qui n’éprouve du plaisir que dans la souffrance de son époux. Une téléopératrice prise au milieu d’un appel sulfureux et chaotique. Et le nouveau voisin, incroyablement charmant, qui se retrouve au centre de toutes les attentions.

if you love me

Même s’il prend la forme du film choral, IF YOU LOVE ME parvient à relier chacune de ses petites histoires, évitant de ressembler à une succession de courts-métrages. Ici les sketchs s’entremêlent les uns aux autres. Débutant avec un couple, puis le laissant de côté avant d’y revenir plus tard, le réalisateur (également scénariste et acteur dans le film) donne une énergie et un excellent rythme à son œuvre. En se concentrant sur un quartier de banlieue – on comprendra au fur et à mesure les liens entre les personnages – le film nous emporte dans un ensemble unis, une sorte de boucle qui se refermera brillamment à la fin.
Evidemment IF YOU LOVE ME est avant tout une comédie portant grandement sur le sexe. On s’amuse immédiatement devant les fantasmes présentés : des simples jeux de rôles à la dacryphilie (plaisir sexuel à voir quelqu’un pleurer) ou à la somnophilie (excitation sexuelle à observer quelqu’un dormir). De quoi offrir des séquences drôles et parfois burlesques, mais également touchantes voir tragiques. Car derrière il y a surtout la difficulté de se livrer à l’autre et les conséquences que cela implique.

« Aussi original que culotté, le film aborde les questions de couple avec humour et intelligence. »

Ainsi Josh Lawson dirige ses petites histoires comiques vers quelque chose de dramatique. Une manière de varier légèrement les genres et d’offrir un aspect unique à chaque partie. L’humour est évidemment privilégié quand un jeune homme muet passe par une téléopératrice, chargée de traduire ses signes, pour pouvoir appeler le téléphone rose (Monica et Sam, meilleure partie du film) ou entre Paul et Maeve qui voudrait que son compagnon la viole. Il y a par contre davantage de tragédie et de pathétisme chez Phil qui ne trouve du bonheur dans sa relation que lorsque sa femme, Maureen, dort et cesse donc de le réprimander. Seulement même dans les pires situations le rire y trouve sa place. IF YOU LOVE ME surprend ainsi de bout en bout et ne lasse jamais. Un excellent divertissement, fort de situations inattendues et jouissives et d’une distribution des plus efficaces. Pour accompagner le film, cette édition DVD se contente du service minimum, un court making of peu original, là où un bêtisier aurait certainement trouvé davantage d’intérêt.

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CARACTÉRISTIQUES DVD

if you love me

Titre original : The Little Death
Réalisation : Josh Lawson
Scénario : Josh Lawson
Acteurs principaux : , Josh Lawson,
Pays d’origine : Australie
Sortie DVD : 22 juillet 2015
Editeur : Wild Side
Synopsis : Dans un quartier apparemment banal, de nombreuses histoires s’entrecroisent. Une femme qui voudrait exaucer des fantasmes particulièrement osés et son compagnon qui lutte pour les assouvir. Un homme qui débute une liaison secrète avec sa propre femme, sans que celle-ci ne se doute de la véritable identité de son amant. Un couple qui tente de se reconstruire après une expérience sexuelle qui a dérapé…
Nombre de disque(s) : 1
Format image : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 2.40, Format DVD-9
Couleur : Film en Couleurs
Format son : Anglais Dolby Digital 5.1, Français Dolby Digital 2.0, Français DTS 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 1h36
Compléments :Making of (28′) / Bandes-annonces

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robert
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robert

La petite mort (2014) The little death – If you love me.
Un film australien décontracté.

Un projet que l’on peut croire osé, puisqu’il s’agit d’un film à sketches sur certaines fantaisies sexuelles pour couples usés.
Mais en fait cela n’a rien de pornographique ou provocateur. Et c’est somme toute assez moral et douillet.

C’est avant tout une comédie où il ne faut pas voir de messages particuliers.

Ci-dessous, les synopsis sont présentés en désordre, comme cela me revient.

Des curiosités comme cette « perversion » improbable qui consisterait à ne désirer son partenaire que si il pleure (Dacryphilie). Ce qui donne des situations plutôt comiques, comme de mettre les photos du père de son conjoint qui vient de mourir partout dans la maison, ou l’excès d’oignons, ou la dissimulation du chien bien aimé. Le tout pour amener les larmes tant espérées.

Il y aussi ce couple qui se lance dans des jeux de rôle à connotation sexuelle, sur les recommandations de l’inévitable conseiller des couples en panne. Le mari se prend au jeu et finit par suivre des cours d’art dramatique, se pensant un grand acteur. La femme un moment intéressée finit par se lasser.

Cette femme qui rêve de se faire violer, n’est pas politiquement correcte. Même si évidemment elle ne veut se faire violer que par son mari qu’elle aime. Tout cela mène à un curieux imbroglio largement prévisible.

Curieux cette paraphilie qui consisterait à ne vouloir sa femme que quand elle dort (Somnophilie). Mais ce n’est pas si improbable que cela, quand sa femme éveillée ne fait que de râler et insulter. Le mari très soumis, finit par la droguer pour abuser d’elle, quand elle est aussi inerte qu’un sac de pommes de terre.

Plus intéressant est le dernier sketch. Il s’agit d’un plateau vidéo-téléphonique pour aider les sourds dans leurs démarches. Quelqu’un leur téléphone et une opératrice est là pour traduire ce qu’elle entend en signes visibles. Dans les deux sens.
Et là, cela se corse quand un jeune homme voudrait utiliser le service comme interface avec un téléphone rose. La mignonne opératrice qui n’a rien à voir avec tout cela, a du mal à accepter la situation. Mais progressivement et charitablement, elle finit par s’exposer directement en mimant pour le jeune homme, les situations les plus osées.
De plus elle montre un faible pour ce jeune sourd muet. Une saine tendresse émane de ce qui pourrait être cru et vulgaire. C’est très bon.

A noter comme souvent dans les films à épisodes, un fil conducteur qui relie toutes ces scènes qui n’ont rien à voir les unes avec les autres.
C’est un condamné pour délits sexuels qui s’y colle. Il fait du porte à porte en offrant des gâteaux à ses voisins et en leur révélant sa situation juridique, comme il est tenu de le faire par le droit australien.
Avec un certain comique de répétition, puisque chaque fois, les couples totalement plongés dans leurs problèmes ou leurs fantasmes, ne lui accordent pas plus d’attention que cela. « Ah oui, d’accord merci. Au revoir ! ». Alors qu’en d’autres temps, c’est lui qui aurait été le personnage central, avec de sinistres insinuations.

La scène finale montre littéralement des petites morts.

Les comédiens font le job. On finit par en connaître quelques uns. Ceux qui apparaissent régulièrement dans des films ou des séries qui nous familières. Je pense par exemple à l’excellent Rake.

Ce cinéma australien sans complexe se donne de la peine. Parfois avec des petits budgets ou des souscriptions comme ici. Il n’est pas nécessaire de faire de la daube pour plaire. Une belle leçon.
Pas besoin chez nos amis des antipodes de ces mortifères subventions qui plombent souvent le cinéma français, en encourageant la médiocrité.