Parmi les films qui composent la période suédoise d’Ingrid Bergman, UNE SEULE NUIT reste le moins passionnant. Comme expliqué dans la critique d’Un visage de femme, Ingrid Bergman n’accepta de jouer dans UNE SEULE NUIT qu’à condition que ce précédent film de 1938 soit produit. Preuve de la pauvreté du scénario que l’actrice pouvait déjà entrevoir, mais également du pouvoir dont elle disposait déjà auprès des producteurs, capable de monter un film par son nom.

UNE SEULE NUIT raconte l’histoire d’un forain, qui découvre par un heureux hasard être le fils d’un riche aristocrate. Ce dernier, voulant en faire son héritier, le catapulte dans ce monde aisé et élitiste pour qu’il puisse acquérir les bonnes manières nécessaires à son statut. Evidemment Ingrid Bergman, qui y interprète la nièce du vieil aristocrate, se voit destinée à épouser le jeune homme en dépit de ses réticences. Tout le film repose alors sur le changement de vie du garçon qui ne se reconnaît en rien dans ce milieu, et reste attaché à sa précédente compagne. Le résultat est une comédie pas très intéressante à laquelle on peine à croire.

Photo du film UNE SEULE NUIT

Si Le Conte du pont au moine avait révélé Ingrid Bergman au cinéma grâce à son duo avec Edvin Adolphson, sa nouvelle collaboration avec l’acteur n’apporte pas le même résultat. L’actrice reste ici relativement discrète. N’apparaissant vraiment qu’au milieu du film, et dévoilant la profondeur de son personnage, Eva, que dans le dernier quart d’heure. Passage durant lequel Eva révèle une fragilité dans son rapport aux hommes – capable d’être une épouse mais pas d’offrir les plaisirs d’une maîtresse. Élément sous-exploité et pour le moins décevant lorsqu’on connaît sa complicité avec Adolphson et ce qu’ils sont capable de proposer à l’écran. Tous deux charmants, lui dans sa maladresse, elle par sa fausse froideur pour le dérouter. Leurs passages resteront malheureusement bien trop survolés. Adolphson parvient évidemment à sortir du lot, fidèle à lui-même, joyeux et souriant dans toutes les situations. Sa bonne humeur et son visage qui s’éclaire permettent de nous maintenir suffisamment attentif pour aller au bout du film.

« Le résultat d’UNE SEULE NUIT est une comédie pas très intéressante, à laquelle on peine à croire. »

UNE SEULE NUIT apparaît donc comme un élément mineur à la filmographie d’Ingrid Bergman et des personnes qui collaborent au film. Comme le réalisateur qui dans toute sa mise en scène peine à se dépêtrer d’un scénario bancal. De manière encore plus notable que dans Dollar avec lequel Molander se contentait de peu. Finalement, UNE SEULE NUIT permet surtout de noter le flair d’Ingrid Bergman dans ses choix de rôles. Car avec ce personnage trop lisse et sans intérêt qu’elle interprète dans UNE SEULE NUIT, il en ressort d’autant plus son film précédent, Un visage de femme, avec son personnage d’Anna.

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INFORMATIONS

DVD du film UNE SEULE NUIT

Titre original :
Réalisation : Gustaf Molander
Scénario : 
Acteurs principaux : , ,
Pays d’origine : Suède
Sortie : 1939 – sortie DVD 4 novembre 2015
Durée : 1h27
Editeur : M6 Vidéo
Synopsis : Découvrant qu’il est le fils d’un aristocrate, un forain aura-t-il la tentation de renoncer à la vie qu’il s’est choisie, et d’abandonner la femme qu’il aime ?
Nombre de disque(s) : 1 (en coffret 9 DVD)
Format image : 1.37 – compatible 16/9 – DVD 5 – PAL
Couleur : noir et blanc remasterisé
Format son : Version originale 2.0
Sous-titres : Français
Compléments :

BANDE-ANNONCE