Pour détendre l’atmosphère après le film de James Wan, le Festival Lumière a trouvé le compromis idéal pour rester dans son thème horrifique tout en permettant au public de souffler un peu. Bien moins angoissant, mais se permettant tout de même des séquences franchement orientée vers l’horreur, EVIL DEAD est réalisé par un maestro de la mise en scène, un virtuose qui semble être né avec une caméra dans les mains ; Sam Raimi. Avec ce film, le cinéaste se paye un énorme délire grand-guignolesque, qui, trente ans après, possède toujours une fan-base impressionnante. C’est d’ailleurs sans doute l’une des raisons de la présence d’EVIL DEAD, qui adopte clairement un ton radicalement différent des autres œuvres sélectionnées.

Non pas que James Wan ou John Carpenter n’ait peur du kitsch ou du too-much, au contraire, ces deux réalisateurs s’y aventurent souvent et toujours avec brio. Mais rien de comparable ici avec ce que fait Sam Raimi, qui semble plus déterminé que jamais à déverser à l’écran le plus d’hémoglobine possible. Pour un premier film, c’est osé. Je tiens d’ailleurs à préciser, avant toute chose, que si la saga est effectivement connue pour son traitement très humoristique, le premier film est un film d’épouvante avant tout, qui réservera sans doute quelques sursauts à la salle. Dans ce volet d’une excellente trilogie, Sam Raimi nous gratifie d’une mise en scène abandonnant toute subtilité au profit d’un traitement tout à fait jouissif de l’horreur, flirtant avec l’absurde. Il y a, bien sûr, une certaine dérision dans l’écriture et dans la réalisation, et c’est de là que le film tire sa force ; il ne recule devant rien et se joue totalement des codes, là où Insidious, projeté dans la foulée, essayera plutôt de se les approprier.

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Que ce soit dans le maquillage, la réalisation, la cohérence, la narration, tout s’apparente à un joyeux bordel qui ira encore plus loin dans les prochaines réalisations de Raimi, Evil Dead 2 en tête. Le résultat est tantôt drôle, absurde, terrifiant, surprenant, un mélange des genres qui fait du film un véritable plaisir coupable. Impossible aussi de ne pas mentionner l’aspect artisanal de l’œuvre, qui font des lacunes liés au budget une des plus grandes forces du film ; l’aspect «débrouille et système D » des différents effets visuels, qui n’est pas sans rappeler Braindead, contribue grandement au cachet d’un film qui profite aussi du savoir-faire de son réalisateur. Dès son premier film, Sam Raimi démontre une capacité à créer un univers particulier et à instaurer un rythme effréné, tout en ponctuant son film de séquences exemplaires qui faisait cruellement défaut au remake sorti en 2013.

“Drôle, absurde, terrifiant, surprenant : un mélange des genres qui en fait un véritable plaisir coupable.”

En somme, EVIL DEAD est un très bon film, dont les quelques défauts (en sont-ils vraiment ?) sont tellement inscrits dans les intentions du réalisateur qu’ils peuvent en devenir des forces. Cependant, sa sélection parmi les très sérieux The Thing et Insidious peuvent surprendre ; d’autant plus que pour suivre le film de James Wan, il aurait peut-être été plus logique de projeter le plus récent et non moins excellent Drag me To Hell, du même Sam Raimi, qui prolonge parfaitement les intentions d’EVIL DEAD.

EVIL DEAD a été chroniqué dans le cadre de la NUIT DE LA PEUR organisée par le Festival Lumière, à Lyon. Il sera projeté samedi 17 octobre à la Halle Tony Garnier.

Le FESTIVAL LUMIÈRE sur Le Blog du Cinéma
MARTIN SCORSESE: Analyse de ses films

MARTIN SCORSESE: portrait de l’auteur

Ses films présentés au festival Lumière :

Hugo Cabret (2011)
Les Infiltrés (2006)
Casino (1995)
Le Temps de l’innocence (1993)
Les Nerfs à vif (1991)
Les Affranchis (1990)
La dernière tentation du Christ (1988)
La valse des pantins (1982)
Raging Bull (1980)
New York, New York (1977)
Taxi Driver (1975)
Alice n’est plus ici (1974)
Mean Streets (1973)
Boxcar Bertha (1972)
Who’s that knoocking at my door (1968)

Chroniqués par Georgeslechameau

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8 films de JULIEN DUVIVIER

JULIEN DUVIVIER: portrait de l’auteur

David Golder (1931)
La Bandera (1935)
La Belle Équipe (1936)
Pépé le Moko (1937)
Un carnet de bal (1937)
La fin du Jour (1939)
Panique (1946)
– Le Temps des Assassins (1956)

Chroniqués par Louis

DUVIVIER

AKIRA KUROSAWA : les anées Toho

Le Plus dignement (1944)
– Qui marche sur la queue du tigre… (1945$)
– Je ne regrette rien de ma jeunesse (1946)
– Un merveilleux dimanche (1947)
– L’Ange ivre (1948)
– Chien enragé (1949)
– Vivre (1952)
– Vivre dans la peur (1955)
– La Forteresse cachée (1958)
– Les Salauds dorment en paix (1960)
– Yojimbo – Le Garde du corps (1961)
– Sanjuro (1962)
– Entre le ciel et l’enfer (1963)

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la cinéaste russe LARISSA CHEPITKO

Un portrait de la Larissa Chepitko

– Chaleur torride (1963)
– Les Ailes (1966)
– Le Début d’un siècle inconnu – composé de L’Ange d’Andrei Smirnov et de Le Pays de l’électricité de Larissa Chepitko (1967)
– Toi et moi (1971)
L’Ascension (1977)

larissachepitko

LUMIERE 2014 : Pedro Almodovar

Programmation de Lumière 2014

PEDRO ALMODOVAR :

Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier de Pedro Almodóvar (Pepi, Luci, Bom y otras chicas del montón, 1980, 1h18)
Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? de Pedro Almodóvar (¿ Qué he hecho yo para merecer esto !!, 1984, 1h47)
Matador de Pedro Almodóvar (1986, 1h45)
La Loi du désir de Pedro Almodóvar (La ley del deseo, 1987, 1h44)
Femmes au bord de la crise de nerfs de Pedro Almodóvar (Mujeres al borde de un ataque de nervios, 1988, 1h35)
Attache-moi ! de Pedro Almodóvar (Átame !, 1989, 1h41)
Talons aiguilles de Pedro Almodóvar (Tacones lejanos, 1991, 1h53)
La Fleur de mon secret de Pedro Almodóvar (La flor de mi secreto, 1995, 1h42)
En chair et en os de Pedro Almodóvar (Carne trémula, 1997, 1h39)
Tout sur ma mère de Pedro Almodóvar (Todo sobre mi madre, 1999, 1h40)
Parle avec elle de Pedro Almodóvar (Hable con ella, 2002, 1h52)
Volver de Pedro Almodóvar (2006, 2h02)
La piel que habito de Pedro Almodóvar (2011, 2h01)

SAGA MUSASHI MIYAMOTO : CRITIQUE des 6 films

PARADIS PERDU, d’Abel Gance: CRITIQUE

OPENING NIGHT, de John Cassavettes : CRITIQUE

Une Femme Dangereuse, avec Ida Lupino: CRITIQUE

Chroniqués par Georgeslechameau

La traversée de Paris

Chroniqué par Louis

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INFORMATIONS

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 • Titre original : Evil Dead
Réalisation : Sam Raimi
Scénario : Sam Raimi
Acteurs principaux : Bruce Campbell, Ellen Sandweiss
Pays d’origine : Etats-Unis
Sortie : 15 Avril 1983
Durée : 1h22
Synopsis : Un groupe d’amis part en vacances dans une maison perdue dans la forêt. Peu après leur arrivée, ils constatent quelques phénomènes étranges qui vont les amener dans la cave sombre de la maison. Ils y découvrent un livre et un magnétophone. L’enregistrement contenu dans le magnétophone leur révèle que cette maison était celle d’un archéologue qui s’était retiré ici pour étudier le livre intitulé Le Livre des Morts.

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