S’il existe une catégorie « films à voir entre copines » FAUT PAS LUI DIRE en fait indéniablement partie mais il n’est pas certain que ce soit bon signe… Premier long métrage de , cette comédie chorale réunit un casting de choc et de charme qui, lui seul, permettra peut-être d’éviter le naufrage. Parmi les têtes d’affiche on retrouve ainsi , Chamoux, Brigitte Fossey, Arié Elmaleh… qui se donnent tous beaucoup de mal pour rendre le film crédible et sympathique, mais malheureusement, rien n’y fait devant tant de banalités.

Laura (Jenifer Bartoli), Eve (), Anouch () et Yaël (Stéphanie Crayencour) sont sœurs, cousines, meilleures amies, on ne sait pas très bien au départ, mais elles sont inséparables et forment un quatuor de personnages féminins assez stéréotypés dans l’esprit de la bande de la série Sex and the city. La première est une avocate telle qu’on l’imagine, elle a de l’aplomb et de la répartie dans sa vie professionnelle mais perd tous ses moyens devant son ex-mari qui en profite allègrement. La seconde trompe son compagnon parce qu’il est trop parfait, ce qui l’ennuie, et la troisième est une croqueuse d’hommes qui ne parvient pas à s’attacher à l’un d’entre eux car ils n’arrivent pas à la cheville de son père. Enfin, la quatrième, après avoir essuyé une grande déception sentimentale, s’apprête à épouser un homme (Arié Elmaleh) qui la trompe avec…un homme ! Pour la protéger (on ne sait pas de quoi), les trois premières, qui l’apprennent incidemment, décident de ne pas lui dire. Le synopsis précise qu’elles ont toutes un point commun : « elles mentent par amour ». Il faut bien l’avouer, le décor ainsi planté, nous laisse présager le niveau du reste.

FAUT PAS LUI DIRE

Maxime (Arié Elmaleh) en pleine création de composition florale pour son mariage

En effet, le déroulement de FAUT PAS LUI DIRE est tel qu’on l’imaginera : un scénario cousu de fil blanc, des clichés à n’en plus finir, des séances chez le psy (décidément très à la mode), des histoires d’amour naissantes, des ex qui ressurgissent, des peurs de l’engagement, des rebondissements prévisibles et bien entendu, une fin heureuse pour tout le monde. De façon très originale, on se retrouve ainsi dans une famille qui se réunit le vendredi soir pour manger des boulettes préparées par la « mamma » – incarnée curieusement par Brigitte Fossey – et dont les trois filles sont respectivement médecin, avocate et commerçante dans le prêt-à-porter. Dans le registre des clichés nous avons également le personnage gay qui passe son temps à créer des compositions florales, la jolie avocate qui se fait draguer par ses clients, etc…

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Eu égard à la faible crédibilité du scénario (il s’agit tout de même d’une femme qui apprend que son futur époux est amoureux d’un homme mais envisage de rester avec lui, poussée en ce sens par sa famille et ses amies…) on pouvait espérer, toutefois, s’amuser en prenant les choses au second degré. Malheureusement, là encore, l’écriture reste décevante. Les dialogues sont laborieux et manquent de finesse. De surcroît, quelques gags ou métaphores, déjà peu subtiles, ont le mauvais goût d’être répétitifs. On pense notamment à une histoire de pots à crayons dans le bureau du personnage interprété par Jenifer Bartoli, dont la prestation est, au demeurant, l’une des meilleures du casting.

FAUT PAS LUI DIRE

Eve (Camille Chamoux) en pleine crise avec son mari (Stéphane Debac)

Quand à Camille Chamoux, inévitable en ce moment (Mes trésors, L’Invitation, Rupture pour tous dont elle a également collaboré à l’écriture), elle nous avait habitué à mieux depuis Les Gazelles. En l’occurrence, son interprétation est si caricaturale qu’elle en devient grotesque, limite supportable. On admettra cependant que certaines scènes, bien que rares, parviendront à nous décrocher un sourire : Arié Elmaleh chez le psy par exemple. Le couple formé par Tania Garbarski et Laurent Capelluto apporte quant à lui, un peu de relief et d’humour à la platitude générale du film.

Tout cela est bien dommage car dans la même intention, on se souvient que Lisa Azuelos avec Comme t’y es belle, était parvenue, là ou Solange Cicurel échoue, à nous proposer un scénario plus authentique et assumé ainsi qu’une palette de portraits féminins vraiment sympathiques et touchants. On regrette donc que FAUT PAS LUI DIRE tombe dans tous les écueils de la facilité et ambitionne sans succès de fonder son originalité sur une large galerie de personnages qui restent, malheureusement, très stéréotypés. Gageons donc qu’à défaut de rencontrer le succès par sa qualité, il séduira certains par son charmant casting.

Stéphanie Ayache

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