La vie de Gainsbourg, du jeune Lucien Ginsburg dans le Paris occupé des années 1940, jusqu’au poète, compositeur et chanteur célébré dans le monde entier.
Le film explore son itinéraire artistique, du jeune homme épris de peinture à la consécration de sa musique dont l’avant-gardisme en a fait une véritable icône de la culture française. Mais aussi la complexité de sa vie adulte à travers ses amours tumultueuses.

Note de l’Auteur

[rating:7/10]

Date de sortie : 20 janvier 2010
Réalisé par Joann Sfar
Film français
Avec Eric Elmosnino, Lucy Gordon, Laetitia Casta
Durée : 2h10min
Bande-Annonce :

A l’occasion du récent César du meilleur premier film (quand ce genre de récompense est mérité et c’est rare, il faut le dire) et des 20 ans de la mort du beau Serge, il n’est pas idiot de se (re)plonger dans ce biopic qui n’en est pas un.

La meilleure idée du projet… n’a malheureusement pas été retenue : celle de faire jouer le rôle titre par… sa fille Charlotte. Pour le faire rebondir, le mieux était de choisir un inconnu du grand public sur lequel chacun pourrait aisément projeter ses fantasmes gainsbarriens sans être parasité par le spectacle de, par exemple, François Cluzet imitant Gainsbourg.

L’heureux élu, Eric Elmosnino (pour le commentaire sur le César, voir plus haut) s’en tire haut la main avec juste ce qu’il faut de nonchalance et d’air-de-se-foutre-de-la-gueule-du-monde. Il est parfait en dandy provocateur. Le seul problème (pour lui), c’est qu’on aura toujours du mal à le voir dans autre chose.

Pour rendre hommage aux multiples facettes de l’homme à la tête de chou, on saura gré à Joann Sfar d’avoir laissé de côté l’académisme d’un Ray et de nous offrir un monde à part peuplé de personnages barrés. La galerie de noms connus (à la fois les personnages et les interprètes) qui défilent ici est en effet impressionnante et souvent réjouissante.

La Casta trouve un rôle à sa mesure avec BB (non pas que sa mesure soit grande mais qui d’autre pour jouer une ravissante idiote ?), Lucy Gordon, la mannequin des Poupées russes, apporte sa fragilité à Jane Birkin (son suicide entre le tournage et la sortie du film rend sa prestation particulièrement touchante), la toujours « plus classe que toi, connasse » Anna Mouglalis apporte son charme vénéneux à Juliette Gréco, l’iconoclaste Boris Vian, capable d’ “attendre le taxi” en se couchant dans la rue, est incarné par le non moins allumé Philippe Katerine et la cruche France Gall par Sara Forestier (sans commentaire). Et j’en passe.

Il a fallu faire un choix dans toutes les anecdotes que tout le monde connait pour garder un rythme et une durée raisonnables (quand même plus de 2 heures) : on retrouve donc la Marseillaise ou l’étoile jaune qu’il est allé chercher « en premier » mais pas de Whitney Houston ou de billet cramé. De toute façon, on était prévenus dès le début : ce n’est pas « un film de » mais « un conte de » Joann Sfar, avec ce que ça sous-entend de mensonges et d’embellissement.

Interprétation haut de gamme, jolie photo, excellente idée du surmoi Gainsbarre sous forme de marionnette hypertrophiée revenant de façon récurrente : ouf, le mythe est sauf, le film est à la hauteur du sujet.

Print Friendly, PDF & Email

[critique] Gainsbourg (Vie Héroïque)

0