HALLUCINATIONS COLLECTIVES, jour 5; Fausto Fasulo, rédac-chef de Mad Movies nous présente GOODNIGHT MOMMY avec trois arguments qui m’ont probablement permis d’apprécier un peu plus le film : Ulrich Seidl, ludique, sulfureux

Car GOODNIGHT MOMMY est une affaire de famille : les réalisateurs Veronika Franz et Severin Fiala ne sont autres que la femme, et le neveu de ce réalisateur autrichien, dont j’avais beaucoup apprécié la trilogie paradis. Le film conserve ainsi cet étirement du malaise qui faisait la force des films de Seidl – sans toutefois, de réflexion sociétale mise en perspective par cette mise-en-scène froide d’un comportement autrichien typique.
Non, il s’agit surtout ici, d’exprimer ses angoisses sur pellicule, angoisses liées au deuil, à l’instinct maternel, à l’amour supposé mais pas forcément réel, entre enfant et parent. Thématiques qui rapprochent finalement beaucoup GOODNIGHT MOMMY de Mr Babadook !
En moins “youpi”/ plus sérieux quand même.

Bien que le synopsis tortueux/tordu recherche ardemment la surprise, il n’a pas constitué la grosse claque vendue par Mr. Fasulo. Je ne peux malheureusement pas donner plus d’éléments quant à l’histoire sans en gâcher ses auto-proclamés coups-de-théâtre… Mais, c’est peut-être ce qui m’a dérangé, et pas dans le bon sens:  GOODNIGHT MOMMY m’a paru… un peu trop prétentieux.

Goodnight Mommy
Si les esthétiques visuelle et sonore sont très réussies, le rythme, très lent, se repose à mon sens un peu trop sur ses propres artifices:
– étirer les scènes jusqu’au malaise, puis faire un cut brutal avant d’expliquer la cause du malaise; très efficace au début, vite lassant.
– puis, le mystère associé à la puissance évocatrice des images.
Ainsi, tout le début du film est excellent, alignant bizarretés sur bizarretés, n’hésitant pas à devenir franchement angoissant (le hors-champ), dérangeant (la violence incestueuse, ces bandages), ludique (Fausto avait raison), ou même carrément fantastique… Malheurureusement, certains de ces effets tendent à se répéter. Énervant
– 2 gosses / leur mère / film d’horreur… C’est un concept très fort. Malheureusement, le scénario, lui, est construit de façon très linéaire.
Le gros problème vient du manque d’originalité du script, qui façonne symétriquement le film autour d’un élément de surprise que le spectateur aguerri risque d’envisager plus tôt que ce que les auteurs ont prévu. À partir d’un certain point, les actions des personnages et les situations sont en décalage avec nos attentes: l’ambiance continue à s’installer lorsque les auteurs devraient commencer à jouer avec notre perception… Puis s’y mettent, lorsque l’horreur pourrait déjà commencer. En résulte une grandissante impression de longueur et un manque d’intérêt/crédibilité lorsqu’arrive le final, violent et spectaculaire, mais également prévisible et convenu, contrastant avec l’ambiance géniale délicatement installée en premier lieu.

“Horreur paranoïaque et perverse à la Polanski, Goodnight Mommy finit tout de même par décevoir, car trop prétentieux, prévisible.”

La première heure est donc ce que l’on retient de GOODNIGHT MOMMY, lorsqu’il n’est encore qu’un thriller horrifico-paranoïaque à la Polanski. S’y installe une ambiance dégueulasse, servie par une mise-en-scène héritée du cinéma dérangeant d’Ulrich Seidl.
Une association très convaincante, en tous cas plus que la frustrante conclusion, troquant l’atmosphère glauque au profit d’un spectaculaire un peu hors-sujet.

Ne restent au final, que la puissance de l’Image*, et la frustration liée au décevant scénario.

INFORMATIONS

22 avril 2015 - Goodnight Mommy (1)



– CRITIQUE
HALLUCINATIONS COLLECTIVES ed 2015

Titre original : Ich seh, Ich seh
Réalisation : Veronika Franz, Severin Fiala
Scénario : Veronika Franz, Severin Fiala
Acteurs principaux : Susanne Wuest, Lukas Schwarz, Elias Schwarz
Pays d’origine : Autrichien
Sortie : 22 avril 2015
Durée : 1h39min
Distributeur : Pyramide Distribution
Synopsis : Dans une maison isolée, en pleine campagne, durant la chaleur de l’été, deux jumeaux de dix ans attendent leur mère. Quand celle-ci revient, sa tête couverte de pansements suite à une opération de chirurgie esthétique, plus rien n’est comme avant. Désormais froide et distante, elle bloque tout contact entre la famille et le monde extérieur. Commençant à douter qu’il s’agit de leur mère, les garçons sont prêts à tout pour découvrir la vérité.

TRAILER

*je définis ce que signifie pour moi Image, dans la critique d’un autre film du festival : PARTISAN

 

 

Laisser un commentaire

Please Login to comment
avatar
  S'abonner  
Notifications :

[critique] GOODNIGHT MOMMY

0