Figure incontournable de la scène « horreur » ces dernières années, le réalisateur français Alexandre Aja (Haute Tension, Piranhas, La colline a des yeux) s’essaye de nouveau à l’adaptation d’un ouvrage littéraire après Furia, dans son dernier long métrage Horns. Oeuvre tirée du livre du même nom écrit par le fils de Stephen King aka Joe Hill. Les premiers extraits du film semblaient annoncer un véritable ovni et on était impatient de retrouver la verve et le style du cinéaste dans un genre fantastique. Et puis voir Daniel Radcliffe tentant de faire oublier Harry Potter avec des cornes sur le front, ça intrigue forcément…

Horns raconte l’histoire d’Ignatius, un jeune homme accusé d’avoir assassiné sa petite amie (Juno Temple) et qui va, à la suite de cet incident, se voir pousser des cornes au front. Une étrange formation aux pouvoirs surnaturels qui vont lui permettre de retrouver le véritable meurtrier de son unique amour. Diable malgré lui, le concept est plutôt délirant et avait tout pour séduire. Malgré ce cocktail rock’n roll mijoté par Alexandre Aja, le film se perd à la croisée des genres. Entre comédie, fantastique, thriller romance, Horns n’arrive pas à tenir la constante. En fait, c’est surtout une question de dosage : toute cette ambition est gâchée par un mauvais équilibrage des tons. Divaguant trop d’un côté pour revenir de l’autre, le film ne se penche pas au fond des choses et s’égare un peu trop. C’est frustrant au vu du potentiel du synopsis ainsi que du talent qu’on reconnaît à notre frenchie préféré. Sans forcément se planter, loin de là, Horns subit donc son méli-mélo d’idées plus ou moins mal amenées, nous empêchant d’y croire à fond. D’ailleurs le film justifie ce mélange de façon trop explicative, certains flashbacks trop longs n’étant pas si utiles et cassent avec l’ambiance géniale du présent d’Ignatius.

© Metropolitan FilmExport

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Pourtant cette histoire de démon a de bons atouts. Déjà son casting. Daniel Radcliffe finit enfin à faire oublier son passé en nous livrant une prestation mature d’un rôle qui lui va comme un gant. D’autant plus qu’il est bien entouré par une pléiade d’acteurs se donnant à des rôles divers et à des situations délirantes. En effet, l’autre bon point du film, c’est le côté jouissif du scénario : les cornes dévoilent la folie de tous les personnages s’y confrontant, ce qui amène à certains scènes savoureuses et décalées aux dialogues osés. Si le film se perd souvent, on ne pourra pas lui reprocher le côté jusqu’au-boutiste du trip christique final qui satisfera les adeptes de la violence chère à notre réalisateur. Horns bénéficie évidemment du talent d’Alexandre Aja dont la vivacité et le mordant livrent quelques passages bien réalisés (les drogues absorbées par le frère d’Ignatius par exemple).

”Horns n’arrive pas à tirer son épingle du jeu entre les différents genres qu’il aborde”

Néanmoins, on constate aussi quelques fautes de goût et de style par moments. Certes c’est subjectif, mais j’ai trouvé certaines utilisations de musiques déjà vues et bien trop clichées (notamment Where is my Mind des Pixies qu’on n’a plus le droit d’utiliser depuis Fight Club et la reprise de Personal Jesus par Marylin Manson trop évidente). Mais cette BO assurément rock sait aussi trouver ses moments de grâce comme ces passages oniriques lancés par la musique Heroes de David Bowie.

En fait, on attendait bien plus de Horns qui manque de folie ou du moins ne la fait pas assez ressortir. Surtout quand on sait qui est aux commandes, d’autant plus que Daniel Radcliffe s’adonne entièrement à son rôle. Pas assez extrême et donnant l’impression de se chercher une identité, le film n’arrive pas à tirer son épingle du jeu entre les différents genres qu’il aborde. C’est dommage avec un tel concept. Malgré tout, Horns  reste un trhiller fantastique honorable et nous fait passer un bon moment grâce à son scénario et ses quelques idées jouissives.

INFORMATIONS

Titre original : Horns
Réalisation : Alexandre Aja
Scénario : Keith Bunnin
Acteurs principaux : Daniel Radcliffe, Juno Temple, Heather Graham, Joe Anderson, Max Minghella
Pays d’origine : Américain
Sortie : 1 Octobre 2014
Durée : 1h59mn
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Synopsis : Soupçonné d’avoir assassiné sa fiancée, rejeté par tous ceux qu’il connaît, Ignatius a sombré dans le désespoir. Un matin, il se réveille avec une paire de cornes sur la tête. Celles-ci lui donnent un étrange pouvoir, celui de faire avouer leurs plus noirs secrets aux gens qu’il croise. Ignatius se lance alors à la recherche du véritable meurtrier…
BANDE-ANNONCE

[critique] Horns

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