À LIRE ÉGALEMENT – notre contre-critique de HYENA

Autant ne pas passer par quatre chemins, HYENA de Gerard Johnson est un vrai coup de poing dans l’estomac. Le réalisateur britannique nous livre ici un film âpre et sec dans les bas-fonds crasseux londoniens investis autant par les mafieux que par un police corrompue. On ne va pas passer par quatre chemins non plus, le scénario ne va pas beaucoup plus loin que cette description si ce n’est que l’on suit l’histoire du point de vue de Michael Logan, flic ripoux interprété par l’excellent Peter Ferdinando que l’on avait déjà vu en rôle-titre dans le premier long métrage du réalisateur nommé Tony. Alors oui, on va chipoter sur l’histoire mais HYENA, c’est quand même beaucoup plus que ça.

Tout d’abord, la mise en scène est superbe. Le début du film est véritablement fascinant. Gerard Johnson suit ses personnages caméra à l’épaule et fait baigner la nuit londonienne dans des néons bleus électriques, verts ou rouges (la scène de descente dans la boite de nuit est sublime!). Chez Johnson, la ville est là, secrète et agitée, poisseuse et dangereuse, les gens se rencontrent dans des boites de strip-tease et vivent dans appartements miteux. La police n’y déroge pas et travaille dans des bureaux fermés suffocants. La vie dans tout ça est tendue, à l’image du personnage principal, mâchoires serrées et regard fermé, prêt à se battre, prêt à endurer une nuit de plus dans les tréfonds de la violence urbaine. La violence, d’ailleurs est frontale, plusieurs scènes à la limite du soutenable émaillent tout le film.

© The Jokers / Le Pacte

© The Jokers / Le Pacte

Et puis, il y a la musique signée par Matt Johnson chanteur auteur-compositeur du groupe The The qui accompagne quasiment tout le film et en particulier les moments d’introspection de Logan. Ces moments sont certes un peu trop nombreux mais terriblement réussis jusqu’à même une apothéose mais chut pas de spoiler.

Alors, bien sûr, la filiation à la trilogie Pusher de NWR et au film Bad Lieutenant d’Abel Ferrara est indiscutable. Elle a même tendance à écraser le film par tant de références. Par scènes, on s’amuserait presque à énumérer les hommages aux Pusher I, II ou III : découpage de corps façon boucherie par-ci, boite de nuit à l’ambiance rouge par-là, poursuite des personnages de dos par-ci, scènes fortes avec musique ayant un rôle primordial par-là. C’est assez dérangeant mais finalement c’est très bien fait et on passe par dessus. Seules les scènes chez la police sont un peu en dessous, plus traditionnelles.

“Le film n’atteint pas les sommets, alors qu’il en a les tripes.”

Au final, HYENA est un très bon polar, efficace et réussi esthétiquement. Le casting est impeccable, Peter Ferdinando en tête, et la musique parfaite pour la mise en abîme. Malgré tout, le film n’atteint pas les sommets alors qu’il en a les tripes, la faute à un « trop » de références et sûrement un petit manque d’originalité scénaristique, en particulier dans le développement des personnages et aussi la narration. Mais ce qui est sûr, c’est que Gerard Johnson est un nom à suivre de près, très près.

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INFORMATIONS

AfficheHyena

CRITIQUE
CONTRE-CRITIQUE

Titre original : Hyena
Réalisation : Gerard Johnson
Scénario : Gerard Johnson
Acteurs principaux : Peter Ferdinando Stephen Graham Neil Maskell
Pays d’origine : Angleterre
Sortie : 6 mai 2015
Durée : 1h52
Distributeur : The Jokers/BAC Films
Synopsis :Michael Logan est un mélange complexe d’alcoolique occasionnel et d’officier de police corrompu. Mais l’univers sinistre dans lequel il évolue est en pleine mutation. L’arrivée en masse de gangsters sans pitié venus d’Albanie menace de bouleverser le paysage criminel londonien. Jusqu’ici son instinct lui avait toujours donné une longueur d’avance, mais son comportement de plus en plus autodestructeur et la brutalité des nouveaux chefs de gangs vont le plonger dans une spirale de peurs et de doutes.

BANDE-ANNONCE

[critique] HYENA

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