La réalisatrice est une habituée des documentaires. Elle propose ici de suivre pendant quelques mois , éminent psychothérapeute de 80 ans, écrivain à succès et professeur émérite en psychiatrie de l’Université de Stanford, et de faire profiter les spectateurs de ses précieux conseils. Les travaux de Yalom sont basés sur sa propre expérience, et son approche novatrice en matière de thérapie existentielle porte notamment sur l’universalité des préoccupations de chaque être humain,  la quête du sens de la vie ou encore la façon d’appréhender la mort.

Bon, ça c’est pour le pitch…  Sur le papier, l’idée de mettre en scène cet éminent spécialiste encore en vie, dont on dit qu’il aurait autant d’influence que le grand Freud lui- même, paraissait bonne … Mais décevant est le résultat, et faible est la valeur ajoutée du film par rapport aux bouquins qu’il a déjà écrit, tels  Et Nietzsche a pleuré ou Mensonges sur le divan. Le film ne nous apprend en effet rien de nouveau sur sa vie et celle de ses parents, la relation conflictuelle qu’il entretenait avec sa mère,  la naissance de sa vocation de médecin suite à la mort de son père lorsqu’il était enfant, sa passion pour les livres – lui qui aurait tant aimé être Tolstoï ou Dostoïevski – son parcours académique ou les raisons de son choix pour les thérapies de groupe.

Bien sûr, il y a les témoignages de son épouse Marilyn, de ses enfants, de ses petits- enfants… Mais on ne parvient pas à s’attacher à lui et la caméra ne laisse rien transparaître d’autre que le professionnel et pas l’homme, ni ses qualités humaines mondialement reconnues, notamment envers ses patients… Pourtant, on s’en approche au moment de l’évocation des divorces de tous les enfants de Yalom, lui qui a toujours sauvegardé la pérennité du bonheur de son couple… Mais non, on restera à la surface… Car c’est bien de cela dont il est question : de bonheur… même si le titre original « Yalom’s Cure » n’y fait pas référence!

Alors que les leçons de vie de  Irvin Yalom pourraient être utiles à tous,  n’y a t-il pas un risque de n’attirer que les spectateurs branchées psy (le film a une valeur pédagogique certaine) ou développement personnel, d’autant que le nombre des salles dans lesquelles sort le film est très faible ?

« Un film dont la valeur pédagogique ne nous permet pas de faire preuve d’empathie envers cet éminent psychothérapeute. »

Enfin, et c’est toute la difficulté de ce type de documentaire: de quelle manière occuper l’image sans filmer de manière statique un homme qui parle ? La réalisatrice a pris le parti d’illustrer les propos de Yalom en alternant des images de la Ville de New York dans les années 20 ou 30 avec des champs de coquelicots ou des films familiaux dont la vision ne déclenche toujours pas notre empathie… Et le procédé atteint ses limites lorsque de longues minutes sont consacrées à la mer et aux vagues, sorte de métaphore facile du ressac qui symbolise le cycle de la vie ou la plongée sous marine qui doit sans doute signifier l’exploration de soi !

Titre original : Yalom’s Cure
Réalisation : Sabine Gisiger
Scénario : Sabine Gisiger
Acteurs principaux : , ,
Pays d’origine : U.S.A., France , suisse
Sortie : 20 mai 2015
Durée : 1h17min
Distributeur : Sophie Dulac Distribution
Synopsis : Irvin Yalom, professeur émérite de psychiatrie à l’Université de Stanford est également auteur de nombreux romans pédagogiques, devenus des best-sellers. Nous suivons Irvin Yalom dans son quotidien, dans son rôle de mari, de père et également en sa qualité de psychothérapeute. Irvin Yalom revendique une thérapie existentielle, nous éclairant sur nos doutes, nos angoisses, notamment sur notre rapport à la mort et sur le sens de la vie, questions à la fois intimes, personnelles mais néanmoins universelles et nous guide, en instaurant une relation forte avec son patient, vers le bonheur.

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