Notre identité est un vêtement dont notre enfance a dessiné les coutures. La présence de ceux qui nous ont élevés, nos parents, a été fondatrice de ce que nous sommes. Mais que se passe-t-il quand il s’agit d’absence ? C’est une des questions posées par notre histoire.
Entre 7 et 20 ans, Thomas a recherché Julie, sa mère biologique. A l’insu de ses parents adoptifs, il va retrouver cette femme qui l’a abandonné à 4 ans et commencer auprès d’elle une “double vie”. Mais “qui a deux maisons perd la raison…” dit le proverbe.

Note de l’Auteur

[rating:8/10]


Date de sortie : 30 septembre 2009
Réalisé par Claude Miller, Nathan Miller
Film français
Avec Vincent Rottiers, Sophie Cattani, Christine Citti
Durée : 1h 30min
Bande-Annonce :

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Avec Je Suis Heureux Que Ma Mère Soit Vivante, Claude Miller revient à un cinéma plus intimiste qui colle parfaitement avec sa manière de filmer au plus profond de l’esprit de ses personnages qu’il met en scène de manière délicate et sobre. Ici pas de surenchère sur les sentiments, pas de mélodrame intense qui prêterait plus à rire qu’autre chose, les Miller père et fils nous laissent face à un récit émouvant de subtilité et de délicatesse traitant avec force des douleurs muettes de l’enfance.

La plus grande force de Je Suis Heureux Que Ma Mère Soit Vivante est sans contestation possible ses acteurs. Vincent Rottiers est époustouflant de crédibilité, il déborde de talent en arrivant en un seul plan à passer de la douceur et la révolte. Son personnage ambigu le révèle en très grand acteur qui ne surjoue jamais, qui sait toujours rester très humble vis-à-vis de son rôle. De son côté, Sophie Cattani dans le rôle de la mère est aussi formidable. A l’image de son partenaire son personnage coule naturellement et l’on se retrouve vite ému par ce rôle de mère un brin naïve et immature voguant de désillusion en désillusion. Tous deux donnent un réalisme poignant à ce récit qui ne tombe jamais dans les stéréotypes du genre. Les sublimes prestations des jeunes enfants (Maxime Renard et Ludo Harlay) y sont également pour beaucoup dans la crédibilité de ce film.

Ajoutons à cela une réalisation intelligente d’une belle sensibilité, une mise en scène délicate et à fleur de peau, une composition originale qui accompagne juste comme il faut la mise en scène et une montée en crescendo du récit qui finira par briser nos dernières résistances. Tout en restant sobre, le film nous mène de fil en aiguille vers une sensation d’incertitude devenant presque malsaine quant au comportement de Thomas qui devient tour à tour victime et bourreau, fils, mari et père. On se demande toujours comment cet Oedipe virant à l’obsession va tourner et on ne peut que réfléchir face à ce thème de plus en plus important au 21ème siècle, l’abandon et la répercussion qu’un tel acte peut avoir sur le futur psychologique d’un enfant (les deux frères mis en scène ici ne réagissent pas du tout de la même manière).

Il est bien difficile de parler d’un film comme Je Suis Heureux Que Ma Mère Soit Vivante tant l’expérience est propre à chacun. Ici, tout est une question de feeling : si l’on accroche et que l’on se sent concerné par le récit, ce film à fleur de peau nous bouleversera, si, au contraire on laisse le pied sur la pédale de frein pour ne pas totalement basculer dans le récit, on trouvera rapidement le temps très long et on priera pour voir arriver le générique de fin salvateur. Néanmoins, intense sans jamais tomber dans le mélodramatique ou le sirupeux à un quelconque moment, ce Je Suis Heureux Que Ma Mère Soit Vivante apparaît très rapidement comme une œuvre dense et appliquée, posant de nombreuses questions intelligentes et pertinentes sur les relations parents-enfants et la quête d’identité. A lui seul, ce film nous prouve que le cinéma français n’est pas à la dérive, il connait certes une mauvaise passe mais quand on sait où chercher (dans un cinéma plus intimiste par exemple), on trouve des petits bijoux de vie et de cinéma comme celui-ci.

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[critique] Je Suis Heureux Que Ma Mère Soit Vivante

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