La Beuze et Les 11 commandements c’était bien marrant mais lorsque leur réalisateur, , décide de se lancer pour la première fois seul, ça donne LA DREAM TEAM et c’est tout autre chose. Nettement moins premier degré que ses précédents films co-réalisés avec François Desagnat, il s’agit là d’une comédie vraiment mignonne et tout public dont on sort agréablement surpris. Malgré son scénario assez simple et prévisible, une bonne dose d’humour, une bande originale qui envoie et la participation de bons et sympathiques comédiens suffisent à nous faire passer un moment plaisant. Qu’importe si la seule chose qu’il en reste est un sourire sur le visage, c’est déjà ça de gagné !

Dans une sorte de mini parcours initiatique, LA DREAM TEAM nous conte l’histoire de Maxime Belloch (), superstar du PSG, issu de Mareuil-en-Bresle (dans le Berry) dont il a instantanément tout renié, y compris Jacques (), son père. Incarnant à lui seul la totalité des clichés afférents aux sportifs de haut niveau, Maxime Belloch est tout simplement puant. Il est prétentieux, superficiel, hautain, totalement déconnecté de la réalité et de l’humain. Se croyant au dessus de tout, après qu’une situation lui ait échappé il entre dans une rage incontrôlable et se blesse de façon stupide mais assez grave pour qu’il ne puisse plus jouer. Immobilisé et détesté des français, son agent () décide de le renvoyer à sa source pour, soi-disant, renouer avec de vraies valeurs et redorer son image le temps de sa convalescence. Pour se faire, on lui proposera d’entraîner l’équipe locale des juniors qui fait tout sauf rêver…

Si l’on imagine aisément la suite, on ne s’ennuie par pour autant, au contraire. Ce film bien rythmé compte en effet un certain nombre de qualités qui balayent rapidement ses points faibles et possibles incohérences. Par exemple, il peut être curieux de découvrir au départ que Medi Sadoun est le fils de Depardieu (surtout lorsque l’on vient de voir celui-ci dans Saint Amour en père de Poelvoorde). Le contraste est amusant. De même pour cette zone d’ombre autour de la petite nièce de Maxime () qui vit avec son grand père, sans que l’on sache vraiment où est sa mère. Peu importe tout cela car ce n’est pas le propos de Thomas Sorriaux de faire un film profondément crédible, l’idée étant simplement de nous faire passer un bon moment avec une sorte de fable très actuelle, assez drôle et par endroits touchante. De ce point de vue là, le pari est largement remporté, et c’est tout ce qu’on lui demande. On pourrait bien y voir le fait de prôner le retour à des valeurs simples et authentiques (comme c’est le cas de nombreux films actuellement), à commencer par celles de la famille puis du sport, l’esprit d’équipe, etc.. mais ce serait un peu léger d’en faire le point d’intérêt du film.

« Malgré son scénario prévisible, une bonne dose d’humour, une bande originale qui envoie, et la participation de bons et sympathiques comédiens, suffisent à la DREAM TEAM pour nous faire passer un agréable moment. »

L’arc d’évolution des personnages est donc lui aussi largement prévisible mais les comédiens qui les interprètent avec une sincérité palpable leur confèrent un côté attachant qui fait que l’on prend plaisir à suivre leur chemin. On pense notamment à Medi Sadoun qui parvient à se montrer convaincant dans ce premier rôle principal (auparavant il avait déjà tenu des rôles importants mais dans des films choraux : Les Kaïra, Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?). Il s’agissait ici pour lui d’élargir la palette au-delà du comique et c’est réussi : il exaspère au début et attendri à la fin, la transition s’effectuant avec un certain naturel. De plus, on est heureux de retrouver notre Gégé national dans un rôle rajeunissant et en pleine forme(s), c’est le moins que l’on puisse dire ! Toujours dans le registre du campagnard, exit les cheveux blancs de Saint Amour qui lui mettaient déjà un pied dans la tombe, il arbore cette fois barbe et cheveux mi-longs avec un côté simple et moderne dans l’aspect et dans le jeu qui lui vont bien. Quant aux comédiennes, on redécouvre avec enthousiasme la jolie (La cage dorée) et Léa Lopez (qui joue dans la série Clem sur TF1) en héroïne bien contemporaine qui ravira sans nul doute les petites jeunes filles de cette génération avec son côté à la fois solide, courageuse et sensible. Enfin, Chantal Lauby est assez géniale en agent sportif version Ana Wintour. Femme d’affaire intraitable autant que maternelle, au bon comme au mauvais sens du terme – elle sait ce qui est nécessaire à ses poulains et les y pousse même si ça les fait râler !

Au final, la véritable dream team est sans nul doute celle qui se cache derrière le film car on ne peut que ressentir l’entrain qui en émane à travers le jeu, la réalisation et la musique qui le sous tend. Là où Thomas Sorriaux a vraiment « bien joué », c’est en accordant une place prépondérante à la bande originale comme le font notamment Tolédano et Nakache dans leurs films (Tellement Proches, Intouchables…). Ce qui permet de donner un peu d’intensité au récit. On se demande d’ailleurs si LA DREAM TEAM ne serait pas un peu inspiré de l’excellent Nos jours heureux : l’affiche, l’humour, le côté bon enfant et optimiste, les amourettes qui se lient entre adultes et entre ados, etc… Il n’y a pas non plus de vulgarité, ni de côté trash, et c’est assez rare pour être souligné. Tout cela fait de LA DREAM TEAM un film parfait à voir en famille avec un côté réjouissant pour chacun.

Stéphanie Ayache

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