Les trois gars de la fine équipe du Palmashow, qu’on a rencontrée à Bordeaux, se lancent dans leur premier long-métrage LA FOLLE HISTOIRE DE MAX ET LÉON.

Jonathan Barré à la réalisation a aussi collaboré au scénario co-écrit par Grégoire Ludig et David Marsais. Ils ont bossé l’écriture pendant plus de deux ans, laissant peu de place à l’improvisation. Mais ils ont tourné vite, sur 44 jours, car ils ont l’avantage de bien se connaître, de pouvoir se parler sans ego et de travailler avec la même équipe technique. Ils assument le côté encore très artisanal de leur aventure cinématographique, puisque même la musique a été composée par Charles Ludig, frère de Grégoire. Ils sont conscients qu’une base de leurs fans risque d’être déconcertée par le sujet de LA FOLLE HISTOIRE DE MAX ET LÉON car plutôt en attente d’un film sur leurs personnages du Palmashow Gaspard et Balthazar. Mais ils ont volontairement souhaité se démarquer de ce qu’ils font habituellement à la télévision et éviter l’écueil d’un film à sketchs.

Photo du film LA FOLLE HISTOIRE DE MAX ET LÉON

Tout en conservant l’esprit du Palmashow, ils ont eu envie de prendre le temps de voir évoluer leurs personnages Max (David Marsais) et Léon (Grégoire Ludig), au sein d’une véritable histoire. Et ils y parviennent plutôt bien puisque qu’ils offrent au spectateur la possibilité d’assister à une vraie transformation, quasi-initiatique de ces deux grands couillons maladroits. À mille lieux des préoccupations engendrées par le chaos de cette guerre à laquelle ils essaient d’échapper par tous les moyens, Max et Léon vont mûrir malgré eux et prendre peu à peu conscience de la gravité de la situation, des enjeux et des risques. La période choisie permet de se moquer allègrement de toutes les parties et aucun camp n’est épargné : ni les nazis, ni la Gestapo, ni les collabos, ni les résistants en France ou en Angleterre, ni même l’Eglise.

Les trois compères ont surtout voulu faire un film qui les fasse rire, comme un hommage rendu aux Inconnus, aux Nuls, au Splendid et aux Monty Python, s’inscrivant dans la lignée de cinéma de La Grande Vadrouille. Et c’est vrai que LA FOLLE HISTOIRE DE MAX ET LÉON est truffée de références truculentes : de Papy fait de la Résistance à OSS 117, en passant par La Cité de la Peur, on est servi !

« Truffé de références truculentes, audacieuses et malicieuses, La Folle Histoire de Max et Léon est un film jubilatoire ! »

Bien sûr, certains penseront qu’ils n’ont rien inventé. Mais on a trouvé leur approche humoristique sur tout ce qui a trait à l’Occupation, la Résistance et l’antisémitisme plutôt malicieuse, même audacieuse, proche de l’outrance. Toujours sur le fil, à la limite du politiquement correct, Grégoire Ludig, David Marsais et Jonathan Barré avouent ne jamais s’être censurés. Ils se sont beaucoup documentés sur la période, notamment sur ce qui touchait à la Propagande, se demandant qui avait été derrière. Ainsi, les slogans des fausses publicités qu’ils ont osé créer sur la milice ou sur Hitler sont franchement très drôles!

On sait que c’est une gageure de faire rire sur ces sujets si délicats et il est conseillé d’être dans certaines dispositions de lâcher-prise, parfois moral, pour apprécier. Mais franchement on rit très souvent et aux éclats dans LA FOLLE HISTOIRE DE MAX ET LÉON ! Car les conditions de l’humour sont réunies et mêlent habilement les dialogues, la finesse des jeux de mots et les réparties au cordeau à un vrai comique de situation. Les personnages sont bienveillants et ne tombent pas dans la facilité de faire rire aux dépends des autres.

Photo du film LA FILLE HISTOIRE DE MAX ET LÉON

On a aussi été conquis par le sens du rythme de ce film de genre, qui est en grande partie le résultat du choix de mise en scène. En effet, utiliser le récit de leurs aventures par les personnages comme fil rouge est une belle trouvaille (Brice 3 s’y est aussi essayé mais pas avec la même qualité). Les allers-retours entre le point de vue de Max et Léon et la réalité filmée entre 1940 et 1943 provoquent quelques malentendus et décalages réjouissants ! Dommage que certaines scènes cassent un peu ce rythme, comme celles qui posent le décor avant la déclaration de la guerre ou en Angleterre. On a aussi trouvé que la parodie musicale, à laquelle ils tenaient absolument, arrive un peu comme un cheveu sur la soupe.

On a enfin apprécié les apparitions des guests dans LA FOLLE HISTOIRE DE MAX ET LÉON : Dominique Pinon soûlant avec ses morales à deux balles, Nicolas Marié dont on a retrouvé la folie de son personnage de Maitre Trolos dans Neuf mois ferme, Christophe Lambert (par ailleurs co-producteur exécutif) en Capitaine dépassé, et autres Thomas VDB, Florence Foresti et Jonathan Cohen. Il y a aussi Bernard Farcy qui interprète un collabo, et dont les répliques (certaines improvisées) et le jeu rappellent avec joie le Commissaire Gilbert de Taxi. LA FOLLE HISTOIRE DE MAX ET LÉON est un film jubilatoire auquel on prédit une belle carrière à l’instar de celle de ses inspirants aînés… et qui sait, peut-être qu’il deviendra à son tour un film culte !

Sylvie-Noëlle

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