Quadruple champion du monde de boxe, Billy Hope est incontestablement au sommet de sa carrière. Élevé dans un orphelinat, il a gravit tous les échelons et vit désormais une existence de rêve au côté de sa femme Maureen et de sa petite fille Leila. Mais lorsque sa femme est tuée, sa vie s’effondre.

LA RAGE AU VENTRE retrace le parcours d’un boxeur au sommet qui chute brutalement de son piédestal et vit une longue descente aux enfers que rien ne semble pouvoir arrêter, avant d’entreprendre la longue et douloureuse quête qui le mènera vers la rédemption. Très convenu, le scénario n’est pas la plus grande force du film qui se rattrape avec une mise en scène soignée, d’un dynamisme et d’une brutalité rare au cinéma, mais d’autant plus appréciable. Le tout accompagné par Eminem et le regretté James Horner, un mariage improbable mais assez réussi.

Vendu comme ultra-réaliste, le film est à la hauteur de sa réputation. Les combats sont de toute-beauté, la tension savamment dosée monte crescendo et fige le spectateur, qui même en connaissant déjà le dénouement, est captivé par la violence et l’intensité déployés. Comment un simple sport parvient-il à marquer autant de son empreinte le septième art ? Dure question. Après The ChampRocky, Raging ou The Fighter, la tradition des grands films de boxe se perpétue.

Jake Gyllenhaal a suivi un entraînement intensif de 9 mois, s’entraînant plus de 6 heures par jour afin de se fondre dans son rôle de boxeur. Quel contraste comparé à son précédent film Night Call où il incarné un jeune reporter à l’apparence blafarde, presque maladive ! Sa prestation devrait lui valoir une nomination à la prochaine édition des Oscars, comme quoi transformer son physique devient de plus en plus à la mode pour les statuettes ces derniers temps. Matthew McConaughey peut en attester.

Photo du film LA RAGE AU VENTRE

© SND

Malgré une filmographie à faire pâlir bien des acteurs (Donnie Darko, Zodiac, Prisoners, Le Secret de Brokeback Moutain, Night Call pour ne citer qu’eux), Jake Gyllenhaal n’a jamais était perçu en France comme un acteur de premier plan, au même titre qu’un Christian Bale par exemple. Et pourtant sa prestation est un modèle du genre. Tour à tour violent, perdu, touchant, il apporte une touche dramatique au film sans jamais donné l’impression de surjouer. À ses côtés,  fait une apparition remarquée en épouse protectrice et mère attentionnée. Sans oublier Forest Withaker, intemporel et toujours aussi juste.

« Ultra-réaliste, spectaculaire à souhait et porté par un  monumental, le film manque toutefois d’un soupçon d’originalité dans son scénario pour s’élever au niveau des plus grands films de boxe. »

poursuit sa conquête d’Hollywood et confirme sa capacité de formidable directeur d’acteur après avoir déjà conduit Denzel Washington à l’Oscar en 2001 pour sa prestation dans Training Day. c’est tout le mal qu’on souhaite à Jake Gyllenhaal.

Ultra-réaliste, spectaculaire à souhait et porté par un Jake Gyllenhaal monumental, LA RAGE AU VENTRE manque toutefois d’un soupçon d’originalité dans son scénario pour s’élever au niveau des plus grands films de boxe.

Paul

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