Le pitch : Antoine vit avec Adar, mais il rêve d’Alexis… Louis est amoureux de Mathilde alors il va épouser Julie… Gérard, qui n’aime qu’Hélène, tombera-t-il dans les bras d’Ariel ? Trois frères en pleine confusion… Comment, dès lors, retrouver un droit chemin ou … échapper à ses responsabilités ? C’est là tout L’Art de la Fugue…

L’ART DE LA FUGUE est ainsi adapté d’un roman américain, The Easy Way Out datant de 1992, et abordant des thèmes tout à fait américains, comme l’envie d’échapper à son quotidien par le renouveau – affectif, ou professionnel.

La grande qualité du film est d’avoir réussi à transposer tout cela à nos préoccupations bien françaises. L’aspect professionnel traite par exemple ce thème de fuite avec humour, mais en surface seulement;
Le réalisateur/scénariste/adaptateur  semble avoir porté son attention sur les relations entre les nombreux personnages.
Si la fuite est le thème officiel, il s’agit surtout de trouver un placebo affectif chez l’autre, pour pallier aux divers manques de son propre chez-soi. Le titre peut ainsi prêter à confusion; on examine pas, dans L’ART DE LA FUGUE, la prétendue lâcheté des personnages, mais plutôt leur inadaptation sentimentale. Ce qui peut fausser la perception du film, d’emblée…

« Malgré son coté choral, L’art de la fugue rate le coche de l’empathie.
et sont les seuls à sortir leurs persos du cadre défini »

Les scénaristes usent à mon avis, d’un peu trop de clichés pour parvenir à façonner une toile affective chorale et crédible.
L’envie (ou l’acte) de tromperie, les regrets, la perte du sentiment amoureux…
Les préoccupations des – pourtant nombreux – personnages, par leur coté « déjà-vu-ailleurs » perdent ce cachet extra-ordinaire qui permet au spectateur d’échapper à son propre quotidien. C’est d’autant plus flagrant au vu de l’introduction du film, qui annonce un certain drame qui ne prendra jamais forme dans le film. Une sorte de publicité mensongère, à l’instar du titre.
On note également, un vague aspect « Desplechin« , tentant d’établir des rapports filiaux intéressés et dénués d’affection. Mais par son caractère exagéré, la chose prête plus à sourire qu’a étoffer une quelconque psychologie.
Quant à l’interprétation, elle navigue entre l’excellent (Jaoui, Biolay), le juste, (, ), le quelconque (, ) et le ridicule:  réduite malheureusement pour elle, à son physique.

L'art de la Fugue (Benjamin Biolay - Agnès Jaoui)

L’art de la Fugue (Benjamin Biolay – Agnès Jaoui) © KMBO

Le seul véritable ajout vient des dialogues. Toujours extrêmement fins, drôles, parfois même cyniques. Qualité qu’on suppose attribuable à Agnès Jaoui, non créditée comme dialoguiste, mais dont on peut sans peine, sentir l’influence. Le caractère commun de l’histoire n’est d’ailleurs que très rarement parasité, et seulement par deux personnages : ceux d’Agnès Jaoui (tiens, tiens), et de Benjamin Biolay.
La première donne une épaisseur insoupçonnée à un personnage très écrit… Par le détail, par le naturel. Ses mimiques, ses humeurs. Le second, possède une sensibilité dépressive qui dépasse également le cadre fixé à son personnage.

Finalement, c’est leurs délicates interactions (entre eux, avec les autres) qu’on retiendra de ce film, qui, malgré son caractère choral, et la possible identification avec de nombreux personnages, rate totalement le coche de l’empathie.

Les autres sorties du 4 mars 2015

INFORMATIONS
Titre original : L’Art de la fugue
Réalisation : Brice Cauvin
Scénario :  Brice Cauvin, , D’après l’oeuvre de
Acteurs principaux : Laurent Lafitte, Agnès Jaoui, Benjamin Biolay
Pays d’origine : France
Sortie : 4 mars 2015
Durée : 1h40min
Distributeur : KMBO
Synopsis : Antoine vit avec Adar, mais il rêve d’Alexis… Louis est amoureux de Mathilde alors il va épouser Julie… Gérard, qui n’aime qu’Hélène, tombera-t-il dans les bras d’Ariel ? Trois frères en pleine confusion… Comment, dès lors, retrouver un droit chemin ou … échapper à ses responsabilités ? C’est là tout L’Art de la Fugue…


BANDE-ANNONCE