Condé-sur-Ginette, en périphérie d’une grande ville, à mille lieux du sable chaud, des cocotiers et du bleu océan des Caraïbes. C’est l’été. Le soleil brûle le chrome des mobylettes, réchauffe le bitume des tours, asphyxie les halls d’immeubles et crame les esprits. Ici, tout le monde rêve des plages de Santo Rico. Certains plus que d’autres. Pour Tony Merguez et José Frelate, les deux MC’s du quartier, le départ est imminent. Mais l’agence de voyage responsable de leur billet a zappé le nom de la destination. Retour à la case Ginette ! Pour refaire surface, Tony se mue en Montana façon et tente de refourguer un peu d’herbe fraîche  » gentiment  » prêtée par Zoran, brute épaisse aux pieds pas vraiment d’argile. José de son côté joue les Don Juan dans une grosse villa, occupée par Momo l’incruste et la belle… Clémence. Tout aurait pu rouler, si une maîtresse en furie, des réalisateurs plutôt amateurs, un sauna norvégien, des policiers énervés ou encore un juge coriace, n’en avaient décidé autrement…

Note de l’Auteur

[rating:4/10]


Date de sortie : 17 juin 2009
Réalisé par ,
Film français
Avec , Omar Sy, Fred Testot
Durée : 1h 36min
Bande-Annonce :

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Les lascars les plus cools de la cité reviennent et voient les choses en grand puisqu’ils ont décidé de prendre en otage le grand écran avec à leur bord le gang vocal composé de Vincent Cassel, , Omar et Fred et tout un tas d’autres trublions.

Malheureusement, le premier mot qui nous vient à la bouche à la fin du générique de fin est « décevant ».

La créativité des réalisateurs Albert Pereira Lazaro et Emmanuel Klotz (dont c’est la première réalisation) est indéniable, ils ont réussi à créer un univers intéressant, un mélange parfait entre réalité et animation qui nous entraîne dans les bas fonds d’une cité pas comme les autres, fourmillants de personnalités aussi fortes que loufoques à l’image de Tony Merguez, Manuella ou Zoran pour ne citer qu’eux.

Certaines situations sont grandiloquentes (une scène ce déroulant dans un aéroport est particulièrement efficace) et font référence à de nombreux films dits de « lascars » à l’image de et Scarface dont le nom de Tony Merguez fait étrangement rappeler celui de Tony Montana.

A cela s’ajoute une B.O. créée spécialement pour l’occasion avec des chansons poétiques à leur façon comme cette fameuse chanson de la police lors d’une fête bien arrosée, ainsi qu’un final complètement déjanté sur fond de Jump Around de House Of Pain.

A elles seules, ces scènes remplies de gags bien gras feront passer un agréable moment à tout spectateur amateur d’humour dégénéré.

Malheureusement, ces scènes sont bien trop peu nombreuses pour constituer le véritable atout charme du film. C’est véritablement sur ce point là que le film échoue là où son aîné de 2 minutes sur petit écran faisait très fort. Avec une mini-série de 2 minutes, pas le temps de s’ennuyer, le temps file à la vitesse de l’éclair, mais avec 1 heure 36 minutes au compteur, le film laisse trop souvent la place à des temps morts disgracieux et impromptus.

A la différence d’un qui réussit à chaque nouvel animé des prouesses techniques, se repose sur ses acquis et n’ajoute rien de nouveau. Les dialogues sont également un peu faciles : ce n’est pas parce qu’il s’agit d’un animé sur des habitants d’une cité qu’il faut se reposer sur des dialogues préconçus qui deviennent rapidement des bavardages asphyxiants et à un tel point téléphonées que l’on peut s’amuser à imager les répliques 10 minutes à l’avance. Cela n’a pour seul et unique effet que de conférer au film une sensation inquiétante de déjà-vu, le faisant basculer dans les méandres des aventures censées être palpitantes mais qui n’en sont en vérité qu’une bien piètre ébauche.

Lascars se transforme de ce fait en un divertissement simpliste et minimaliste qui ravira sans doute les jeunes enfants mais qui aura bien du mal à combler les attentes des fans de la première heure et les plus méticuleux d’entre nous et apparaît à nos yeux après tant de buzz autour de lui comme un pur produit marketing plutôt qu’un animé digne de ce nom.

Lascars est à prendre comme il est, c’est-à-dire un film inventif, parfois drôle, dopé par une énergie réciproque dans son ensemble mais qui laisse un arrière-goût d’inachevé au final. Le spectateur reste sur sa fin pendant toute la projection pour ne plus y échapper malgré des efforts herculéens pour y remédier.

Lascars est le flagrant délit que l’exportation d’une mini-série sur grand écran n’a pas que du bon et que pour se faire, un réchauffé de toutes les blagues n’est pas la meilleure solution.

Pour un film considéré par certains comme une bombe atomique, l’ensemble est bien inoffensif.