Affiche Last Night

Joanna et Michael vivent à New York. Aucun nuage, aucun doute n’est jamais venu assombrir leur union, jusqu’à ce que chacun d’eux soit tenté, la même nuit…Pendant que Michael est en déplacement professionnel avec Laura, jeune femme aussi attirante qu’énigmatique, Joanna recroise Alex, l’autre grand amour de sa vie. Les 36 heures qui suivent vont obliger chacun à faire des choix…Joanna et Michael vivent à New York. Aucun nuage, aucun doute n’est jamais venu assombrir leur union, jusqu’à ce que chacun d’eux soit tenté, la même nuit…

Note de l’Auteur

[rating:3/10]

Date de sortie : 16 février 2011
Réalisé par Massy Tadjedin
Film français, américain
Avec , , , Eva Mendes
Durée : 1h32min
Bande-Annonce :

Depuis les amours contingentes de Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir (nous dirions aujourd’hui amour libre ou mieux encore : fucking friends) la fidélité dans le couple a fait l’objet d’une étude abyssale, tant dans les magazines de société que dans l’art. Qu’est-ce que la trahison conjugale ? Que faire de la tentation ? L’amour n’est-il qu’une agréable tyrannie ? Sommes-nous la possession de l’être aimé ? Jusqu’où le fantasme est-il permis ? Quand commence la tromperie ? Doit-on pardonner la tromperie ? Autant de questions obsédantes que soulève la scénariste irano-américaine Massy Tadjedin dans sa première mise en scène : . Mais les promesses d’un sujet si piquant ne garantissent pas la piqûre. Dommage ! Le film ne pénètre jamais sous la peau. Il reste à la surface de notre intérêt. Pourquoi ?

Michael et Joanna habitent New-York. Elle est écrivain, il est promoteur immobilier. Deux mondes. Malgré une sensibilité professionnelle différente, le couple entretient un amour sincère. Michael n’en demeure pas moins attiré par sa juteuse collègue, Laura. A la faveur d’un voyage d’affaires, Michael et Laura vont dangereusement se rapprocher tandis que Joanna, contrairement à la légende grecque de l’épouse attendant le retour de son homme, ravive ses sentiments pour Alex, un compagnon d’écriture rencontré quatre ans plus tôt…

Photo Last Night

L’intention de Massy Tadjedin est visiblement l’intention suisse : la neutralité. Il y a dans son écriture un refus évident de prendre parti en faveur d’une incitation à l’infidélité ou d’une apologie de la fidélité. Nous ne sommes pas ici dans la morale contre-sexuelle de . Le spectateur doit faire son choix de jugement et de conduite. C’est une neutralité acceptable. En revanche, si la philosophie à embrasser reste excitante parce qu’inconnue, si le démon de la tentation reste insoluble et donc excitant, l’objet cinématographique, lui, demeure tout du long sans passion, sans démangeaison, sans piment. Malheureusement, on ne sent jamais chez les acteurs la brûlure du désir, on ne sent jamais dans la pauvreté contemporaine des dialogues matière à être toucher. Un film inodore sur l’odeur énervante du sexe et de l’amour.

Keira Knightley, pourtant prometteuse, minaude quand elle aurait besoin de son personnel pour lui faire abandonner ses acquis. Sam Worthington, son mari à l’écran, héros béni d’, imagine que l’émotion rentrée, la pudeur masculine à dénuder son moi ne s’accompagnent pas d’intensité. Son choix de jeu terne dément la vitalité de sa présence. Guillaume Canet, le partenaire écrivain, traîne des pieds. Il n’a pas vraiment faim de Keira, il n’a pas vraiment faim du film. Il est l’invité de marque, français, de Massy Tadjedin. Beau sourire, orteils en éventail. Eva Mendes, la juteuse collègue, mérite davantage qu’un plan sur ses adorables fesses. Une scène de piscine presque analogue à celle de Sexe Intentions, Eva mérite mieux. L’écriture est un immense problème puisqu’aucun personnage n’a de vie antérieure épaisse. Leur passé tient sur deux phrases, leur présent sur trois mots. Et pourtant la matière est là, informe, mais là. N’est pas qui veut : Two Lovers. N’est pas qui veut : Eyes Wide Shut. N’est pas qui veut : . Cependant, tous les réals peuvent retrousser les manches, soigner l’éclairage de leurs plans, mettre en bouche de vrais dialogues et pas des dialogues réalistes s’ils sont pauvres, et faire suer leurs acteurs. C’est possible.