Affiche du film LE BAL DES ACTRICES

Une réalisatrice veut faire un documentaire sur les actrices, toutes les actrices : les populaires, les inconnues, les intellos, les comiques, les oubliées… Filmant tout, tout, tout, avec ou sans leur accord, la réalisatrice va se prendre au jeu et se laisser dévorer par ces femmes aussi fragiles que manipulatrices…

Note de l’Auteur

[rating:7/10]

Date de sortie : 28 janvier 2009
Réalisé par Maïwenn
Film Le Bal des Actrices
Avec Jeanne Balibar, Romane Bohringer, Julie Depardieu, Karine Viard, Marina Fois
Durée : 1h45min
Bande-Annonce :

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Les grands succès mis en avant par la critique, les salles et/ou les festivals invitent à revisiter les filmographies des réalisateurs victorieux. Polisse (voir notre critique), troisième film de Maïwenn, a connu un grand succès critique pour 2,5 millions de spectateurs et a gagné le prix du jury au précédent festival de Cannes. Bonne raison de s’intéresser au bal des actrices (film succédant à Pardonnez-moi).

Maïwenn, le personnage, réalise un documentaire sur les actrices avec cette conviction que chacune possède sa propre névrose. Par ce procédé de narration, ce film dans le film, nous suivrons à tour de rôle, plusieurs actrices françaises ayant chacune sa problématique. Karine Viard est une actrice mégalomane et prétentieuse rêvant d’Amérique et de blockbusters. Muriel Robin souhaite jouer du classique au théâtre sous la direction de Jacques Weber mais est confrontée à son cloisonnement comique, fantasmé ou réel. Et ainsi de suite. Les actrices se succèdent et démontrent toutes une surdimension de l’égo forgé au contact de l’humiliation permanente de leur métier.

Photo (1) du film LE BAL DES ACTRICES

L’autodérision de ces actrices, acceptant d’être mises en scène en séances de botox ou de promotion pour un portable, est remarquable. Nous prenons alors un grand plaisir à détester ces femmes égocentriques. Le film surprend ensuite par la finesse du regard porté sur ces monstres attachants. Certes la névrose et l’égo transpire par chaque pore de ces personnages mais elles sont également plongées dans un environnement d’une grande brutalité, un jeu de chaises musicales où elles paraissent interchangeables. La dureté de ces vies est particulièrement frappante avec ce personnage de serveuse, jeune actrice en herbe, ayant dépensé toutes ses économies en un cours de comédie. L’intensité de la scène du clash avec sa prof résonne encore dans mes doigts pianotant ces quelques lignes. Quelle prestation de Karole Rocher !

Photo (2) du film LE BAL DES ACTRICES

Le Bal des Actrices est une réussite, film drôle, sensible et plus fin qu’il n’y parait.

La thèse de Maïwenn est donc que la névrose est le moteur de l’actrice. Chaque chapitre se conclue par une sorte de spectacle de cabaret, chants et danses. Les actrices mettent ainsi en scène leur traitement artistique de leur propre névrose. Si ces scènes frisent parfois le ridicule, la réalisatrice a le mérite d’aller au bout de son idée. Le jeu est à la fois la cure et l’enfer de l’actrice.

Evitons de nous étonner une énième fois avec condescendance, que Didier Morville soit capable de sensibilité, créditons néanmoins Joey Starr pour sa justesse. Il complète le casting en un des rares rôles masculins.

Le Bal des Actrices est une réussite, film drôle, sensible et plus fin qu’il n’y parait. Il souffre toutefois d’une certaine asphyxie, les actrices réalisant un film sur leur propre condition clôt hermétiquement le film.

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