Le bruit des Glaçons

C’est l’histoire d’un homme qui reçoit la visite de son cancer. « Bonjour, lui dit le cancer, je suis votre cancer. Je me suis dit que ça serait peut-être pas mal de faire un petit peu connaissance… »

Note de l’Auteur

[rating:7/10]

Date de sortie : 25 août 2010
Réalisé par
Film français
Avec , , ,
Durée : 1h27min
Titre original : Le Bruit des glaçons
Bande-Annonce :

A l’image du cancer qui ne prévient pas, est un film qui commence de façon abrupte, prenant le spectateur au dépourvu. On est immédiatement embarqué, sans préavis, dans l’univers instauré par Bertrand Blier. Au spectateur donc de s’adapter aux personnages insolites, à l’histoire décousue, et au phrasé particulier. Mais qu’on ne s’y trompe pas, si les débuts sont difficiles, maladroits, on rentre peu à peu dans cette atmosphère onirique, et hors du temps. Un huis-clos oppressant s’ouvre sur une histoire originale et à laquelle on veut croire toute de suite. Rien d’étonnant donc, à ce que le cancer soit humanisé.

Le bruit des Glaçons 1

Le sujet était délicat, explosif même. Face à cela, un humour sans compromis, amer et grincheux. Malheureusement, la verve de Bertrand Blier ne tient pas toujours la distance, on sourit plus qu’on ne rit, et le film se plombe parfois. De plus le sujet et l’humour ne s’équilibrent pas toujours, et on n’échappe pas à une certaine mélancolie. Mais on savoure d’un bout à l’autre la situation incongrue (votre cancer vient sonner chez vous) et la beauté des images. Blier filme avec audace et poésie ce cancer-Dupontel littéralement agrippé à Jean Dujardin. Il s’incruste tant et si bien dans l’image qu’il nous devient très vite familier. Le contexte est volontairement épuré, simple, se réduisant à quelques personnages, dont certains ne font que passer. Ainsi, la présence du cancer devient inexorable, mais est aussi obsédante que drôle.

Le bruit des Glaçons 2

Un film qui ne tient pas toutes ses promesses mais qui reste fort de très bonnes qualités qui en font une belle œuvre.

De ce fait, on regrette que le personnage incarné par Albert Dupontel n’ait pas bénéficié d’un peu plus de profondeur. On le sent limité dans ses possibilités, et on reste un peu frustré du peu qu’il nous donne de son personnage. Son duo avec Jean Dujardin n’est pas toujours réussi, malgré quelques perles. Jean Dujardin, par contre, se réussit dans ce rôle à l’opposé de ceux qu’on lui connaissait, et qu’il incarne avec une grande justesse. Face à lui les femmes ne sont pas en reste, et c’est grâce l’interprétation très touchante d’Anne Alvaro que ce film traite aussi de vie et d’amour. A noter que le cancer d’Anne Alvaro, jouée par Myriam Boyer, est celui qui fait sourire le plus volontiers, tant son rôle dénote des autres personnages, beaucoup plus retenus.

Le bruit des Glaçons 3

En conclusion, Le Bruit Des Glaçons est un film qui ne tient pas toutes ses promesses mais qui reste fort de très bonnes qualités qui en font une belle œuvre. Si le film est un peu pesant, l’audace scénaristique est très bien assumée et mérite le détour.