Retraçant l’histoire d’une assistante sociale luttant contre les maltraitances morales et physiques infligées aux enfants, est un film d’une immense frustration dans la mesure où le réalisateur, remplit de bonnes intentions et d’idées très intéressantes, n’a pas su gérer ses ambitions et est parti en total freestyle passé les trente premières minutes. C’est d’autant plus dommage que Le Cas 39 commençait comme une remise en question habilement menée du système judiciaire américain avec une réplique malheureusement réaliste : « Tu voles une pizza, tu vas en prison, tu tues quelqu’un, tu peux t’en sortir si tu te fais passer pour fou ». Puis, voulant à tous prix plaire au plus grand nombre possible, le film se dirige lentement mais surement vers l’épouvante. Malheureusement, c’est là où le bat blesse.

réitère les mêmes erreurs que son précédent film, Pandorum, c’est-à-dire que dans la mise en place de l’intrigue et de la tension, le film tient la route et arrive à nous captiver mais dès que l’action ou l’épouvante s’invitent, le fil conducteur rompt. Le réalisateur a tellement voulut faire un pêle-mêle de ce qui a déjà été fait auparavant (L’Exorciste, , L’intrus et j’en passe) qu’il finit par se noyer tout seul à cause d’une mise en scène poussive notamment au niveau de l’ambiance sonore qui enlève toute notion de surprise. Le moindre sursaut que l’on pourrait avoir est entravé par une musique que l’on repère à des kilomètres. De plus, une terrible impression qu’Alvart n’a finalement que très peu de recul par rapport à son film se fait ressentir. Une étrange impression que le réalisateur ne semble jamais savoir où se diriger émerge dans nos esprits et ne nous quittera plus jusqu’à la fin. Du coup, les twists s’enchainent avec une personnalité si faible qu’on n’arrive jamais à vraiment rentrer dans le film et à se laisser aller. Les cartes étaient donc jouées d’avance, Le Cas 39 fait autant d’effet qu’un malheureux pétard mouillé. Restera quelques scènes sortant du lot mais trop peu nombreuses pour nous faire oublier les faiblesses de cet ensemble au bord de l’écroulement et un casting qui tente tant bien que mal d’éviter le naufrage.

Au final, Le Cas 39 est le genre de métrage qui peut mettre en colère dans la mesure où il comporte suffisamment de bonnes intentions pour nous offrir un divertissement honnête mais qu’à trop vouloir en faire l’effet devient inverse et le suspense laisse place à l’ennui. Autant on peut ne pas comprendre que certains films comme ne sortent pas sur nos écrans, autant avec des films comme Le Cas 39, on arrive beaucoup mieux à s’y faire. Dommage car la matière était pourtant là au départ avant de se transformer en un sosie de téléfilm que se ferait une joie de diffuser l’après-midi.