Synopsis : Alger, années 1920. Le rabbin Sfar vit avec sa fille Zlabya, un perroquet bruyant et un chat espiègle qui dévore le perroquet et se met à parler pour ne dire que des mensonges. Le rabbin veut l’éloigner. Mais le chat, fou amoureux de sa petite maîtresse, est prêt à tout pour rester auprès d’elle… même à faire sa bar mitsva ! Le rabbin devra enseigner à son chat les rudiments de loi mosaïque ! Une lettre apprend au rabbin que pour garder son poste, il doit se soumettre à une dictée en français. Pour l’aider, son chat commet le sacrilège d’invoquer l’Eternel. Le rabbin réussit mais le chat ne parle plus. On le traite de nouveau comme un animal ordinaire. Son seul ami sera bientôt un peintre russe en quête d’une Jérusalem imaginaire où vivraient des Juifs noirs. Il parvient à convaincre le rabbin, un ancien soldat du Tsar, un chanteur et le chat de faire avec lui la route coloniale…

Note de l’Auteur

[rating:7/10]

Date de sortie : 1 juin 2011
Réalisé par ,
Film
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Durée : 1h40min
Bande-Annonce :

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Pour se laisser emporter par Le Chat du Rabbin, il faut d’abord saisir son réalisateur, Joann Sfar. Si je ne suis pas un lecteur de ses bande-dessinées, j’ai pu contempler deux autres de ses œuvres : un long-métrage, Gainsbourg, vie héroïque et une scénographie, celle de l’exposition Brassens ou la liberté.

De ces expériences, nous percevons une forme et une méthode communes. En effet, Joann Sfar a choisi pour ces trois œuvres, la forme dela Fable. Ils’inscrit au point opposé du documentaire, de la volonté de dessiner ou mettre en scène la vérité historique, livresque. Il préfère une manipulation aguerrie de l’imaginaire collectif. Nous partageons avec Sfar et entre nous le récit collectif de figures éculées telles que Gainsbourg, Brassens ou encore de cette Algérie française. Joann Sfar est le metteur en scène fabuleux  de notre mémoire collective. [pullquote]Le scénario peine parfois à reprendre son souffle mais qu’importe, il nous reste les dessins et surtout les voix-off époustouflantes de justesse et de nuances.[/pullquote]

La fable est ici plus personnelle et familiale. Le chat du « rabbin Sfar » (nom du personnage), est doué de la parole, il est notre narrateur. Dans l’Algérie française des années 1920, les religions s’entrechoquent et cohabitent avec l’occupant. Plus que le particularisme de chaque religion, Joan Sfar dessine les différentes façons de vivre sa spiritualité. Cela va du fondamentalisme à une sorte de bonhomie du rabbin Sfar. L’intrigue vient d’une quête, celle de la première terre du peuple juif, en Afrique noire. Un groupe improbable (un âne et un chat parlant, deux russes : l’un juif et l’autre tsariste, un rabbin et un imam) traverse alors l’Afrique pour découvrir cet Eldorado. C’est le lieu des toutes les projections, celle de la paix retrouvée, de la pratique religieuse sereine car le culte est unique, d’une vie sans colons ni colonisés, d’une communauté homogène. Il n’est pas question de dévoiler davantage le récit, concluons simplement que Joann Sfar nous laisse avec l’obligation du vivre ensemble.

Comme dans les fables que nous récitions apeurés devant nos camarades de classe, les personnages sont faits d’un seul bloc, infailliblement utiles à l’histoire. Certains y verront de la candeur ou de la balourdise… certes mais le propos tient du premier degré et n’a nulle prétention. Le ton enfantin et espiègle est l’excipient de ces quelques lourdeurs.

J’ai donc pris plaisir à ce récit frais, œcuménique et légèrement moralisateur (c’est une fable quoi !). Le scénario peine parfois à reprendre son souffle mais qu’importe, il nous reste les dessins et surtout les voix-off époustouflantes de justesse et de nuances.