Affiche du film LE HAVRE

Marcel Marx, ex-écrivain et bohème renommé, s’est exilé volontairement dans la ville portuaire du Havre où son métier honorable mais non rémunérateur de cireur de chaussures lui donne le sentiment d’être plus proche du peuple en le servant. Il a fait le deuil de son ambition littéraire et mène une vie satisfaisante dans le triangle constitué par le bistrot du coin, son travail et sa femme Arletty, quand le destin met brusquement sur son chemin un enfant immigré originaire d’Afrique noire.
Quand au même moment, Arletty tombe gravement malade et doit s’aliter, Marcel doit à nouveau combattre le mur froid de l’indifférence humaine avec pour seules armes, son optimisme inné et la solidarité têtue des habitants de son quartier. Il affronte la mécanique aveugle d’un Etat de droit occidental, représenté par l’étau de la police qui se resserre de plus en plus sur le jeune garçon réfugié.
Il est temps pour Marcel de cirer ses chaussures et de montrer les dents.

Note de l’Auteur

[rating:5/10]

Date de sortie : 21 décembre 2011
Réalisé par
Film Finlandais, allemand, français
Avec , ,
Durée : 1h 33min
Titre original :
Bande-Annonce :

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Faire un film sur l’immigration clandestine est toujours une entreprise délicate. Mal dosé, l’équilibre entre le pathos lourdingue et la légèreté qu’un réalisateur peut choisir ou non de mettre en place peut vite devenir casse-gueule. Le spectateur peut soit être écrasé par une dramaturgie beaucoup trop présente à l’écran ou simplement ne pas y croire du tout. Pour le cas de ce film, le résultat final visera plutôt une troisième réaction.

Le Havre, réalisé par Aki Kaurismäki, n’est pas un mauvais film en soi mais il souffre de ce qu’il peut y avoir de pire pour ce genre de métrage : l’indifférence la plus totale. Là où un film comme de avait réussi le parfait mélange entre drame et légèreté de certains propos pour évacuer une pression quelque peu pesante, Aki Kaurismäki a tenté et seulement tenté de faire de même. Seulement voilà, avec un rythme très lent et une mise en scène plus proche du théâtre à décor unique que du road-movie filant à une vitesse faramineuse ne parvient pas à convaincre. On ne crois pas une seule seconde à cette histoire d’amitié naissante entre un vieux bohème de temps moderne et un jeune immigré issu d’une famille plus que défavorisée.

Photo (1) du film LE HAVRE

[pullquote]Un film qui aurait pu être bon mais qui instaure dès les premières secondes une telle distance avec le spectateur que l’émotion ne verra jamais le jour sur la pellicule. [/pullquote]

Les acteurs n’aideront pas plus pour nous faire y croire plus de deux secondes. Certes très bons, ces derniers ne sont autres que des stéréotypes sur pattes. Aucune intelligence d’écriture ne viendra rompre cette monotonie plongeant tête la première dans des clichés vite énervants. Et ce n’est pas les dialogues une nouvelle fois échappés d’une scène de théâtre et semblant être lus sur un prompteur qui viendront nous aider.

En résulte un film qui aurait pu être bon, très bon même, mais qui instaure dès les premières secondes une telle distance avec le spectateur que l’émotion ne verra jamais le jour sur la pellicule. Mais bon, les critiques semblant unanimes quant à sa réussite totale, Le Havre connaîtra surement une belle pérennité dans l’ère du cinéma. C’est tout ce qu’on lui souhaite.

Photo (2) du film LE HAVRE