À l’occasion de la projection de nombreux UNIVERSAL MONSTERS (notre rétrospective: ICI) au Festival Lumière à Lyon en octobre 2016, nous allons conclure un dossier déjà bien entamé sur cette série de films d’horreur qui font encore aujourd’hui références. Après le sublime La Fiancée de Frankenstein, réalisé en 1935 par James Whale – l’un des plus grands artisans d’Universal à l’époque – nous nous penchons sur un autre mythe avec LE LOUP-GAROU. Le potentiel de cette légende, mêlé à la puissance visuelle et thématique des , promettait un grand moment de cinéma. Malheureusement, LE LOUP-GAROU s’avère être un film au plus sympathique, avec des qualités évidentes, mais bien loin de la maîtrise qui caractérisait les autres films de la série.

En à peine plus d’une heure, a la lourde tâche d’introduire un nouveau monstre dans la série des Universal Monsters. Pour se faire, il ne s’embarrasse pas d’une histoire très originale, et met en scène un village reculé, dans lequel les croyances et superstitions règnent en maître. C’est dans ce lieu que Larry Talbot, arrivé pour devenir l’héritier terrien de son riche paternel, se fera mordre par un loup et verra son corps se transformer progressivement. Tout ce décor stéréotypé n’est finalement qu’un prétexte pour créer un contexte idéal à l’apparition de la créature, qui ne tardera pas à apparaître à l’écran. Interprété par . , fils de l’illustre et très talentueux Lon Chaney, le monstre est finalement la première déception du film. Le loup-garou souffre d’un maquillage extrêmement daté, largement en-déca de celui qu’un Frankenstein ou même qu’un Le Fantôme de l’Opéra pouvait nous offrir des années auparavant. Ajoutez à cela un acteur bien moins convainquant que son père, et une caractérisation intéressante mais souvent maladroite, et nous avons là un monstre qui, si il devait faire son petit effet en 1941, semble bien vain à notre époque. Malheureusement, la mise en scène de ses scènes d’attaque est du même acabit, et à aucun moment la créature ne parvient à être impressionnante. Il est dommage de constater que toute l’écriture du film tourne autour de l’apparition du loup-garou sans parvenir à le sacraliser à aucun moment. Finalement, c’est bien lorsque Larry Talbot reste Larry Talbot que le film suscite le plus d’intérêt.

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En effet, le personnage de Lon Chaney Jr, bien entouré du grand et de , est écrit sans grande subtilité mais soulève tout de même plusieurs questions intéressantes, et typiques de la série Universal Monsters. La dualité, mais aussi les interrogations psychanalytiques, la confrontation de l’homme moderne et inflexible au fantastique, la transformation corporelle…Sur ces points, jamais Waggner n’atteint la maestria de James Whale, mais Le n’en demeure pas moins assez pertinent. La simplicité de l’écriture était une idée intéressante, et l’univers mis en place par le film est très plaisant : voir ce petit village, au milieu des bois, cette ambiance de légende et de mythes, tout cela crée une atmosphère qui sauve Le Loup-Garou de l’échec. Nous pouvons également mentionner une gestion des décors et de la photographie absolument remarquable. A aucun moment le tournage en intérieur ne se fait ressentir, et Waggner parvient à bien capter le potentiel visuel du lieu qu’il décrit. Voir le loup-garou errer dans les bois, sous un ciel de pleine lune, fait toujours son petit effet quand l’idée est servie par un éclairage si bien géré. Mais il est dommage de visionner, après des œuvres telles que l’Homme Invisible ou Frankenstein, un film tout juste divertissant et largement plus mineur que ceux cités plus haut.

”LE LOUP-GAROU reste un film à voir, s’inscrivant visuellement et thématiquement dans la continuité des Universal Monsters, et qui saura vous captiver le temps d’une heure”

Conventionnel, maladroit mais sincère et généreux dans la retranscription de l’univers, Le Loup-Garou est donc plus proche de La Momie réalisé par Karl Freud que des grands chefs-d’œuvre de la série, dont il ne bénéficie d’ailleurs pas de l’excellente réputation. Il demeure pourtant un film à voir, s’inscrivant visuellement et thématiquement dans la continuité des Universal Monsters, et qui saura vous captiver le temps d’une heure. C’est tout ce qu’il à offrir ; au spectateur de déterminer si cela lui suffit ou non.

Louis

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Le Festival Lumière, aura lieu du 8 au 16 octobre 2016, dan stous les cinémas du grand Lyon.
la programmation
notre couverture
– notre rétrospective UNIVERSAL MONSTERS

BANDE-ANNONCE

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CLIQUEZ SUR LES AFFICHES POUR AFFICHER LES CRITIQUES

notre-dame-de-paris

1923 – Notre dame de Paris (★★★★☆)
« une excellente manière pour Universal de s’imposer comme un studio majeur »

le-fantome-de-lopera

1925 – Le fantôme de l’opéra (★★★★☆)
« une pépite visuelle et augure encore de belles choses pour la suite de la série »

lhomme-qui-rit

1928 – L’homme qui rit (★★★☆☆)
« pas un mauvais film, mais il aurait pu être bien plus »
dracula
1931 – Dracula (★★★★★)
« Tod Browning réalise une œuvre majeure, que ce soit sur le plan cinématographique pur ou sur la représentation de Dracula sur grand écran »
frankenstein
1931 – Frankenstein (★★★★★)
« un classique instantané réalisé à la perfection »
la-momie
1932 – La momie (★★★★☆)
« un premier film imparfait, maladroit, mais qui se laisse visionner avec plaisir et se paye même le luxe d’émouvoir son spectateur »

lhomme-invisible

1933 – L’homme invisible (★★★★☆)
« le metteur en scène s’attaque aux thèmes du pouvoir et de l’avidité sans concession et multiplie les séquences éprouvantes moralement »

la-fiancee-de-frankenstein

1935 – La fiancée de Frankenstein (★★★★★)
« L’œuvre de James Whale s’impose comme le joyau ultime d’une série absolument fascinante »

le-loup-garou

1941 – Le Loup-garou (★★★☆☆)
« LE LOUP-GAROU reste un film à voir, s’inscrivant visuellement et thématiquement dans la continuité des Universal Monsters, et qui saura vous captiver le temps d’une heure »

letrange-creature-du-lac-noir

1954 – L’étrange créature du lac noir (★★★★★)
« Jack Arnolds réalise un film d’une grande intelligence et d’une audace faisant tout à fait honneur aux premiers chefs d’œuvres de la série, tout en créant son propre mythe »