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algré une sortie aux Etats-Unis en 1970, le film Les Aristochats a connu une gestation assez longue avec un scénario qui a finalement été le dernier a être approuvé par Walt Disney lui-même avant son décès en 1966. Les difficultés de production marqueront d’ailleurs le début d’une baisse de qualité et une sorte de descente aux enfers du Studio avant un regain certain au début des années 90. Le scénario est sans nul doute l’élément le plus faible de ce long-métrage d’animation devenu entre-temps un classique : la transposition féline des 101 Dalmatiens avec un méchant bien moins charismatique que Cruella semble évidente. Le style graphique se détachant également très peu de son cousin canin de 1961, la ressemblance saute aux yeux.

Néanmoins, on ne peut nier que si la recette est déjà connue, on se délecte néanmoins du plat. En effet, les personnages animaliers sont extrêmement bien caractérisés (notamment les mignons enfants de Duchesse comme un O’Malley très… cabot) et si le méchant majordome Edgar est assez quelconque, les humains Adélaïde Bonfamille et son notaire ont une certaine personnalité, là où dans les 101 Dalmatiens, la méchante avait plus de présence que les autres humains (décidément, la comparaison reste à l’esprit). Le film reste mignon et enfantin (notamment dans son humour) et est accompagné comme traditionnellement à cette époque d’une bande-son très présente, façon comédie musicale, aux tons très jazzy avec notamment le fameux “Everybody wants to be a Cat” composé par Floyd Huddleston et Al Rinker qui reste furieusement en tête après avoir vu le film. On notera également la dernière prestation de Maurice Chevalier à l’interprétation de la chanson-titre “Les Aristochats” à 80 ans passés.

Photo du film Les Aristochats

”Malgré de nombreuses qualités et un plaisir incessant à chaque visionnage, il reste en tête de nombreuses ressemblances avec de précédentes productions du studio avec une intrigue mêlant celles des 101 Dalmatiens et de La Belle et Le Clochard dans un Paris félin.”

Le choix du français, ami de Walt Disney, fait écho au choix de faire dérouler l’action du film en 1910 à Paris dont on peut reconnaître aisément certains monuments caractéristiques comme Notre-Dame-De-Paris ou encore la Tour Eiffel. Niveau réalisation, on retrouve un habitué des productions Disney de l’époque, Wolfgang Reitherman, à qui l’on doit notamment La Belle au Bois Dormant, Merlin l’Enchanteur, Le Livre de la Jungle ou encore… Les 101 Dalmatiens. L’animation est de très bonne facture pour l’époque et l’ensemble est coloré, et d’autant plus lorsque les chats entonnent Everybody wants to be a Cat sur un fond totalement psyché.

Les Aristochats, c’est un classique de la maison Disney dans tous les sens du terme car malgré de nombreuses qualités et un plaisir incessant à chaque visionnage, il reste en tête de nombreuses ressemblances avec de précédentes productions du studio avec une intrigue mêlant celles des 101 Dalmatiens et de La Belle et Le Clochard dans un Paris félin.

CASTING
Titre original : The Aristocats
Réalisation : Wolfgang Reitherman
Scénario : Ken Anderson, Tom McGowan, Tom Rowe
Acteurs principaux : Phil Harris / Claude Bertrand (voix VO/VF), Eva Gabor / Michèle Andrée (voix VO/VF), Sterling Holloway / Roger Carel (voix VO/VF), Pat Buttram / Jacques Dynam (voix VO/VF)…
Pays d’origine : Etats-Unis
Sortie : 8 décembre 1971
Durée : 1h18min
Distributeur : Walt Disney Pictures
Synopsis : Paris, 1910. Madame de Bonnefamille, millionnaire excentrique, vit seule entourée de ses chats : Duchesse et ses trois petits, Marie, Toulouse et Berlioz. Un jour, elle convie son notaire pour léguer toute sa fortune à ses compagnons à quatre pattes. Cependant, une clause du testament stipule qu’à la mort des chats, ses biens iront à son maître d’hôtel, Edgar. Ce dernier, entendant la nouvelle, décide d’éliminer ces héritiers. Après leur avoir administré une drogue, il les emporte à la campagne avec la ferme intention de les noyer…
BANDE-ANNONCE
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[critique] LES ARISTOCHATS

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