Produite par Forest Whitaker, aidée par le Lab et soutenue par la prestigieuse institution IFP (Independent Filmmaker Project), la jeune portait beaucoup d’espoirs pour ce premier film intitulé finalement LES CHANSONS QUE MES FRÈRES M’ONT APPRISES, après avoir porté le sobre titre de « Lee » pour sa campagne de financement participatif sur Kickstarter.

Dans la réserve indienne de Pine Ridge, une chape de plomb semble s’être abattu. Johnny voudrait partir avec sa petite amie à Los Angeles, mais il n’a pas son talent pour les études. Il va devoir travailler pour pouvoir se payer le voyage. A part vendre de l’alcool clandestinement, peu de choix s’offrent à lui…

Il est vrai que sur le papier le projet possède toutes les qualités attendues par l’industrie du film indépendant américain : une communauté mise à la marge, des thèmes de société traités avec poésie et des acteurs pour partie comédiens professionnels et amateurs. Le résultat final est un mélange doux-amer de description contemplative sur une toile de fond tragique. Il augure le meilleur pour les futurs films de la très jeune cinéaste, comme il déçoit sur le plan formel comparé à d’autres premiers films sortis cette année. LES CHANSONS QUE MES FRÈRES M’ONT APPRISES aurait pu être l’égal du très grand et énergique Mustang de Deniz Gamze Ergüven, mais il se rapproche plus d’un Terrence Malick sous tranquillisant.

Les chansons que mes frères m'ont apprises

Les chansons que mes frères m’ont apprises

Laboratoire d’expériences cinématographiques, le film de Chloé Zhao essaye beaucoup, mais ne réussit pas l’essentiel. Malgré des acteurs très touchants et un réalisme magique très bien amené, le film n’avance pas et finit par ennuyer le spectateur.

Les thèmes solidement documentés par Chloé Zhao (alcoolisme, consanguinité, folklore et criminalité) sont avancés par blocs indépendants les uns des autres, plus souvent énoncés par les personnages que montrés par leurs actions. La communication du film s’est centré autour de la relation privilégiée que la cinéaste sino-américaine a tissé avec les Lakota de la réserve où elle a enquêté et finalement tourné. On ne peut s’empêcher de penser que finalement un documentaire aurait touché davantage que cette fiction réécrite au contact de la réalité sociale. Trop de thèmes sont traités superficiellement pour pouvoir s’attacher à un conflit plutôt qu’à un autre, pour éprouver une empathie envers un personnage plutôt qu’un vague intérêt pour cette communauté au bord de l’extinction.

« Malgré des acteurs touchants et un réalisme magique bien amené, le film n’avance pas et finit par ennuyer le spectateur. »

La démarche de Chloé Zhao est louable, mais elle n’aboutit qu’à moitié. Face à la confrontation magistrale d’un Whiplash de Damien Chazelle (autre poulain du très prestigieux festival de Sundance) la comparaison ne tient pas, la qualité finale du film de la cinéaste sino-américaine est bien inférieure. Devant la répétition des thématiques sociales on en vient à penser avec une pointe d’agacement que le projet a autant séduit sur le papier pour avoir simplement su « cocher les bonnes cases. » Sans être moralisateur, LES CHANSONS QUE MES FRÈRES M’ONT APPRISES est bien un film très consensuel.

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LES AUTRES SORTIES DU 09 SEPTEMBRE 2015

INFORMATIONS

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Titre original : Songs My Brothers Taught Me
Réalisation : Chloé Zhao
Scénario : Chloé Zhao
Acteurs principaux :
Pays d’origine : USA
Sortie : 09 septembre 2015
Durée : 1h34mn
Distributeur : 
Synopsis : Dans la réserve indienne Lokota de Pine Ridge, une chape de plomb semble s’être abattu. Johnny voudrait partir avec sa petite amie à Los Angeles, mais il n’a pas son talent pour les études. Il va devoir travailler pour pouvoir se payer le voyage. A part vendre de l’alcool clandestinement, peu de choix s’offrent à lui…

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