Antoine Rives, journaliste indépendant, tourne un reportage sur les rapatriés du Rwanda. Il rencontre alors Clément, étudiant rwandais d’origine hutue dont la fiancée tutsie, Alice, a disparu. Antoine le convainc de repartir avec lui au Rwanda à la recherche d’Alice, et de le laisser filmer son périple.
Un “pacte” qui s’avère très vite intenable face au chaos dans lequel ils vont se trouver plongés. Une traversée de l’horreur dans laquelle Antoine perd ses illusions sur son métier de journaliste et se demande jusqu’à quel point il peut filmer et exposer la tragédie humaine au reste du monde.

Note de l’Auteur

[rating:6/10]


Date de sortie : 31 mars 2010
Réalisé par Jean-Christophe Klotz
Film français
Avec Jalil Lespert, Cyril Gueï, Philippe Nahon
Durée : 1h 35min
Bande-Annonce :

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Bien des films ont essayé d’aborder des sujets forts comme celui du génocide rwandais (Hotel Rwanda et Shooting Dogs par exemple) et bien d’autres ont utilisé avec plus ou moins de tact le journalisme pour en parler. Dans cette catégorie ceux qui sortent du lot sont Salvador et Welcome To Sarejo. Cela ne signifie qu’une seule chose : les bons films de genre se font rares et peuvent se compter sur les doigts d’une main. C’est donc dans ce climat de méfiance et d’interrogation que Lignes De Front, le dernier film de Jean-Christophe Klotz, apparaît sur nos écrans. Verdict à la fin de la séance ? Et bien, non sans un certain charme, le film balaye presque d’une traite nos doutes les plus tenaces.

Mettant en scène un reporter de guerre auquel Jalil Lespert apporte sa dramaturgie à fleur de peau et son charisme, Lignes De Front traite avec intelligence d’un sujet aussi sulfureux que celui-ci : le génocide rwandais. Le film ne se veut ni dénonciateur, ni moralisateur, il met juste en exergue une immondice de la nature humaine. Sur ce point, Lignes De Front devient bien plus crédible qu’un pourtant très bon Hotel Rwanda qui essayait de nous rallier presque de force à sa cause. Ici rien de cela, uniquement des images certes choquantes et cette impression tenace d’impuissance qui persiste jusqu’à la toute dernière seconde.

Sur ces points, Lignes De Front a tout d’une réussite. Malheureusement, Jean-Christophe Klotz n’a pu se détacher d’un certain conformisme au niveau de la mise en scène. Fainéantise ou non, le film n’échappe pas au traditionnel schéma narratif de ce genre de production qui veut que le dernier quart d’heure soit fort en émotion. Du coup, l’intégrité et la légitimité de cette prise de position (un massacre vue par le biais de la caméra) se retrouvent malmenées par ce faux pas qui ferait presque oublier la beauté de l’image.

Au final, Lignes De Front souffre d’un mal qui consume petit à petit l’industrie du cinéma : faire du chiffre à tout prix quitte à dénaturer un propos en y mettant le paquet, beaucoup trop même, niveau émotion et grand guignolesque. Cela est d’autant plus dommage qu’un film comme celui-ci aurait surement gagner en intensité s’il avait suivi son fil conducteur premier plus proche du cinéma indépendant que de la soupe populaire. Lignes De Front n’en reste pas moins un bel essai.

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[critique] Lignes De Front

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