I Il y a trois-quatre éléments qui participent à la réussite d’une bonne comédie, dans
« bonne » il faut entendre « drôle », et ils sont relativement simples. Une histoire un tant soit peu universelle, des rebondissements qui créent un effet de surprise, des dialogues écrits un minimum et un dénouement raisonnablement cohérent. Ce n’est pas grand chose mais ce n’est pas du tout ce que Julie Delpy a eu envie de faire dans LOLO sa nouvelle comédie!

Kamikaze du genre elle fonce sure d’elle droit dans le mur. Mais épais, très épais, le mur.

Alors d’abord on se demande pourquoi ce film, mais surtout pour qui ? En fait, ce qu’il reste du film une fois qu’on s’en est enfin débarrassé, c’est un flot de question.Qui va rire de ce ramassis de clichés imbuvables ? Qui va s’identifier, ou se sentir seulement concerné par ces personnages ubuesques? Que sont venus faire Dany Boon et Karin Viard dans cette galère mal écrite et pas du tout dirigée ? voulait faire la caricature d’un choc culturel mais c’est de la singerie, tout est grotesque ! Ça part dans tout les sens sauf dans le bon et c’est tellement raté qu’on en est mal à l’aise pour elle.

LOLOok

LOLO c’est l’histoire de Violette une quadra parisienne hypocondriaque qui travaille dans la mode, maman d’un fils unique, célibataire endurcie en manque de sexe et de sa meilleure copine snobe à souhait qui se paient une thalasso en « province » (a dire avec les doigts en double crochet de chaque côté des tempes). Elles y fréquentent les autochtones imbéciles heureux et Violette en ramène un spécimen à Paris, Jean-René, dont elle tombe amoureuse. Son fils machiavélique va tout faire pour tourner en ridicule l’étranger et le mettre à la porte.

On démarre avec les deux copines à la piscine et on démarre mal. Quelle désolante vulgarité ! Une autre question : qui parle comme ça ? On ne comprend pas pourquoi il n’y a pas eu une once de finesse, jamais. Alors c’est ça pour Julie Delpy la libération sexuelle des femmes, parler de cul de la façon la plus graveleuse possible entre la poire et le fromage? Elle qui a tourné à New York on devrait lui montrer l’intégrale de Sex and the City, elle pourrait prendre des notes sur l’art de la joute verbale sexuelle délurée et hilarante. On n’est même plus en dessous la ceinture on est carrément dans le trou, non non l’autre trou! On n’aurait voulu jamais voir Karine Viard avoir à jouer ce texte désolant de médiocrité ! Non les gros mots ne sont pas suffisants pour provoquer la drôlerie !

Le problème du film c’est qu’on ne croit pas un seul instant ni aux personnages ni aux situations, tout est trop gros , trop gras et franchement on n’en peut plus du carcan de la
parodie.

Et puis c’est incohérent, on rencontre Jean-René en bermuda-chaussette-casquette-la spatule à la main, enfumé par son barbecue sur lequel il cuit son Thon. Et on le quitte dans un 200m2 à la City de Londres arborant une classe naturelle à faire pâlir Georges Clooney . Entre les deux, c’est flou et la bobo parisienne est devenue folle de lui.
Alors Jean René c’est qui ? Et c’est pareil pour le personnage de Julie Delpy elle-même. Executive woman ou névrosée dépressive ? Karl Lagerfeld ou Bridget Jones ?On peut être les deux? Oui sûrement mais Julie Delpy ne sait pas le mettre en scène.

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Alors oui elle se mouille, elle n’est pas tendre avec elle-même, on est même à deux doigts d’y voir de l’autobiographie. Oui elle a le mérite de jouer et de mettre en scène. Mais elle se débat et tout comme son personnage, son histoire et son scenario elle se noie dans un verre d’eau. Rien n’est drôle et c’est embarrassant et le résultat final frise le pathétique.

Ce qui est fou c’est qu’il y a quand même une petite perle qui émerge de tout ce naufrage, c’est Vincent Lacoste, le Lolo, le fils. Le seul qui parvient réellement à tirer son épingle du jeu. Il est bon, très bon, si bon qu’il ouvre des perspectives au film (qui ne seront bien évidement pas exploitées, alors que avec du poil à gratter, ça, ça vaut le coup !) Il joue un fils artiste égocentrique bourgeois pourri-gaté qui veut sa mère pour lui tout seul et son jeu assez intense ouvre le film vers une piste plus dramatique, celle de la relation perverse, de la démence. Il donne à son personnage une dimension inquiétante et mystérieuse plutôt jouissive. On voudrait en voir plus mais ça n’a pas sa place, ça passe a la trappe !

Dommage ! Mais pourquoi Julie Delpy décide-t-elle obstinément de tout survoler ? Bon la comédie est ratée, dont acte, mais elle aurait pu s’engouffrer dans le talent de Vincent Lacoste et donner du relief au film, le tirer vers autre chose, l’enrichir quoi…

Il n’y a rien à sauver donc. À part . On n’a même pas sourit.

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INFORMATIONS

LOLO AFFICHE

Titre original : Lolo
Réalisation : Julie Delpy
Scénario : Julie Delpy
Acteurs principaux : Julie Delpy, Dany Boon , Vincent Lacoste ,
Pays d’origine : France
Sortie : 28 octobre 2015
Durée : 1h30
Distributeur : Mars Distribition
Synopsis : En thalasso à Biarritz avec sa meilleure amie, Violette, quadra parisienne travaillant dans la mode, rencontre Jean-René, un modeste informaticien fraîchement divorcé. Après des années de solitude, elle se laisse séduire. Il la rejoint à Paris, tentant de s’adapter au microcosme parisien dans lequel elle évolue. Mais c’est sans compter sur la présence de Lolo, le fils chéri de Violette, prêt à tout pour détruire le couple naissant et conserver sa place de favori.

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