Sergueï est un Évène, ces nomades éleveurs de rennes qui vivent dans les montagnes de Sibérie orientale. A l’âge de 16 ans, Sergueï est nommé gardien de la grande harde du clan de Batagaï.
Ce clan – dont le chef n’est autre que son père – est composé de quatre familles et de leur harde de 3000 rennes qu’ils conduisent d’un alpage à l’autre au gré des saisons. Dans cette immensité, le loup rôde et menace en permanence les rennes ; unique richesse et fierté des Évènes.
Dès son plus jeune âge, Sergueï a appris à chasser et abattre les loups sans état d’âme. Jusqu’au jour où sa rencontre avec une louve et ses quatre adorables louveteaux va bouleverser toutes ses certitudes… C’est à cet instant que sa vie bascule.
Pour protéger « ses » loups, Sergueï va transgresser les lois millénaires de son peuple et ainsi trahir son père et son clan. Dans l’insouciance de sa jeunesse, Sergueï va braver l’interdit : le jeune garçon et les louveteaux vont mutuellement s’apprivoiser. Par amour, il partagera ce lourd secret avec la belle Nastazia. Mais c’est sans compter que le loup garde son instinct de prédateur…

Note de l’Auteur

[rating:5/10]


Date de sortie : 09 décembre 2009
Réalisé par
Film français
Avec Nicolas Brioudes, ,
Durée : 1h 42min
Bande-Annonce :

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Cinq années après qui comme son nom l’indique retraçait le quotidien d’un trappeur du nom de , un homme ayant conservé les rudiments d’une ancienne philosophie de l’adaptation de l’Homme à la nature et vivant avec sa femme dans les terres enneigées du Yukon, Nicolas Vanier revient avec un nouveau métrage, , et s’attarde cette fois sur le quotidien du peuple des Evènes, peuple nomades élevant des rennes dans les montagnes de Sibérie Orientale.

Plus qu’un simple film, Loup est un véritable documentaire dissimulé derrière une fiction qui nous met face à une tribu de nomades vivant comme leurs ancêtres le faisaient des années auparavant, une tribu fier de préserver une nature en danger face à l’exploitation sans cesse croissante de l’Homme. Comme quoi, avec un budget loin d’être colossal et une connaissance qui ne repose pas sur de la lecture mais sur du vécu, un message écologique peut naître sous nos yeux de la plus belle des manières. A bon entendeur…

Loup est avant tout un hommage à la nature et à ses habitants comme l’était Le Dernier Trappeur. La photographie y est somptueuse et nous plonge immédiatement dans ces contrées préservées où l’Homme n’a pas dompté cette nature mais vit en parfaite harmonie avec elle. Le partage est une notion importante de ce film n’en témoigne cette histoire opposant éleveurs de rennes et loups. La cohabitation est certes difficile mais pourtant possible avec un peu de respect et de tolérance. Ce message pourra paraître un peu sommaire pour certains et pourtant, il s’étend à l’infini : pourquoi aller tuer nos voisins s’ils n’ont encore rien fait ? La tolérance est-elle une notion plus compliquée à mettre en place que la guerre et le massacre ? C’est tout un pan de notre civilisation qui est pointé du doigt : du massacre des cultures indiennes à la guerre en Irak en passant par l’écologie, Nicolas Vanier a essayé, avec plus ou moins de réussite, d’ériger un message universel. Belle intention pour cet amoureux de la nature et de ses bienfaits.

Mais le principal attrait de ce film n’est autre que la participation de ces fameux loups. Bêtes sublimes, énigmatiques et impressionnantes à la fois, elles sont les principaux acteurs du film. Le travail effectué par le dresseur est à applaudir sans aucune retenue. Chaque nouvelle apparition de ces êtres mythiques est électrisante et l’on ne peut rester de marbre face à cette beauté sauvage qui émane d’eux. Si l’on ne devait retenir que deux choses de Loup se serait sans hésitation ces deux points-là. Que j’envie par moment la vie de personnes telles que Nicolas Vanier. Vivement la fin de mes études !

Malheureusement il existe un énorme point noir à ce film et pas des moindres : ses acteurs. Ces derniers ne sont pas crédibles une seule seconde si bien que quand l’un d’eux pleure, on a bien du mal à adhérer à sa tristesse, la joie parait forcée, l’amour paresseux, la niaiserie de certaines scènes insupportables et ainsi de suite. Absolument rien n’est crédible et l’histoire en pâti énormément, plombant le récit d’une aventure censée être palpitante. Dommage car les acteurs sont plein de bons sentiments mais cela ne suffit pas à nous faire avaler une pilule bien trop grosse à avaler. J’avais l’impression d’être devant en vacance à la montagne c’est vous dire mon agacement perpétuel durant la projection.

Autre problème en étroite relation avec le précédent : la langue utilisée. Je ne sais pas quelle mouche a bien pu piquer Nicolas Vanier pour prendre des acteurs français dans un film retraçant le quotidien d’une tribu de Sibérie Orientale. Aucun sens à mes yeux. Je veux bien concevoir le fait que certaines personnes ne souhaitent pas voir un film en VO et c’est leur droit de le faire, mais réaliser délibérément un film en français parce-que son réalisateur l’est est une défense bien maigre à mes yeux. C’est comme si n’avait utilisé que le français dans et . Avec Loup, c’est toute cette authenticité qui disparaît d’un seul coup nous laissant face à une tribu recluse au fin fond de la Sibérie mais parlant parfaitement français. Miracle du cinéma décrédibilisant grandement ce film qui perd de son âme, de sa force. Rien que ces deux points négatifs suffisent à nous gâcher notre plaisir.

Au final, Loup n’est pas un mauvais film en soi, bien au contraire, et possède certains atouts non négligeables à commencer pas ses fameux loups susceptibles de charmer un nombre incalculable de spectateurs, mais de grossières erreurs viennent perturber notre plaisir, nous coupant l’herbe sous le pied et nous laissant seul face à un énervement qui n’est pas prêt de décroitre.

Pour le coup, Nicolas Vanier a raté le coche et aurait mieux fait de ne réaliser qu’un simple documentaire sur cette tribu des Evènes plutôt que d’essayer d’en faire des tonnes avec une histoire niaise au possible. Dommage.

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