Serge Pilardosse vient d’avoir 60 ans. Il travaille depuis l’âge de 16 ans, jamais au chômage, jamais malade. Mais l’heure de la retraite a sonné, et c’est la désillusion : il lui manque des points, certains employeurs ayant oublié de le déclarer ! Poussé par Catherine, sa femme, il enfourche sa vieille moto des années 70, une  » Mammut  » qui lui vaut son surnom, et part à la recherche de ses bulletins de salaires. Durant son périple, il retrouve son passé et sa quête de documents administratifs devient bientôt accessoire…

Note de l’Auteur

[rating:8/10]


Date de sortie : 21 avril 2010
Réalisé par ,
Film français
Avec , ,
Durée : 1h 32min
Bande-Annonce :

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Quatrième réalisation des biens nommés Gustave Kervern et Benoît Delépine qui mettent une nouvelle fois sous le feu des projecteurs des personnalités aussi attendrissantes que farfelus après les succulents Aaltra, et . raconte l’histoire de Serge Pilardosse, sorte d’ogre difforme se retrouvant soudain dans le monde mystérieux de la retraite. Cependant, pour pouvoir profiter des joies que cette étape de la vie engendre, il lui faudra braver monts et montagnes pour retrouver ses anciens bulletins de salaires que ses patrons d’antan ont omis de lui remettre.

Ce road-movie met donc sous le feu des projecteurs cette force de la nature nonchalante qui n’a pas su trouver sa place dans une société qu’il ne comprend pas et qui ne lui a jamais souri, bien au contraire. Miséreux, incompris, mal aimé, celui que l’on surnomme Mammuth à cause de son physique éléphantesque et de sa vieille moto qu’il enfourche pour retourner sur les traces de son passé et comprendre ses erreurs de trajectoires est le symbole de cette France profonde, cette France pointée du doigt et bien souvent raillée, la France que les deux réalisateurs peignent avec une justesse et une poésie incroyable au fil de leurs créations.

Cependant, pour rendre crédible cette aventure, les deux compères avaient besoin d’une figure, d’une gueule cassée à la fois emblématique et presque banale. Et bien une fois encore, leurs flairs ont déniché la perle rare en la personne de Gérard Depardieu. Certes Yolande Moreau, , et tous les autres ne font jamais fausse route dans leur interprétation respective mais il faut bien reconnaître la puissance inébranlable de ce monstre sacré du cinéma. Qui mieux que lui pouvait incarner cette force de la nature docile ? Qui mieux que lui pouvait nous emporter du rire aux larmes avec une telle facilité ? En ce sens, Mammuth est un peu la version française de . Mammuth est notre Randy The Ram à nous, notre guerrier solitaire qui mène un combat de tous les jours pour ne pas tomber dans les limbes de l’oubli, la seule porte de sortie qu’offre cette chienne de vie aux petites gens, ces gibiers de potence que l’on envoie sans sourciller à l’abattoir.

Ode à la vie et à l’espoir, Mammuth est un drame humain d’une rare profondeur. Mis en scène avec une simplicité démoniaque qui prend aux tripes, le film n’est pas qu’une farce emballée dans du papier argenté. Une fois que l’on creuse un peu on aperçoit toute la subtilité à fleur de peau de Gustave Kervern et Benoît Delépine. Un voyage magnifique à condition de bien vouloir se lancer dans une telle aventure.