Un été, sept amis de 25 ans se retrouvent à passer quelques jours dans la ville qui les a vus grandir. Chacun a des raisons bien personnelles d’être là. Alors que les journées filent sous le soleil d’août, ils ont l’intuition que ces moments partagés sont peut-être les derniers….

Note de l’Auteur

[rating:9/10]

Date de sortie : 24 novembre 2010
Réalisé par
Film Français
Avec , , , ,
Durée : 1h38min
Titre original :
Bande-Annonce :

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C’est beau comme une chanson des Beatles. Un peu de vague à l’âme. Un souvenir. Des amis se retrouvent au mois d’août dans la ville de leur enfance à côté de Paris. Les Grecs célébraient pendant ce mois, dans la forêt de Némée, les jeux néméens, et ici aussi il est question de forêts et de parcs où se retrouvent des amitiés. Juste pour être ensemble.
Mikhaël Hers réalise un premier long métrage sur la simplicité, la trivialité d’une jeunesse encerclée par la fin de l’adolescence et l’horizon proche d’un monde plus cruel et douloureux. Le temps qui passe, les regrets, le regard sur des instants qui s’éloignent derrière les feuillages. L’intimité, la rêverie, la mélancolie donnent un caractère romantique et intemporel sans doute lié aux origines allemandes de Mikhaël Hers.

On pense au premier film de , La vie au Ranch, qui était aussi sur la jeunesse et l’amitié. Mais il s’agissait de dépeindre un milieu privilégié bobo parisien contrairement à Memory Lane qui s’attache à montrer une classe moyenne au travers de différents lieux. L’école de l’enfance, la bibliothèque, la piscine, les parcs sont autant d’espaces qui permettent aux personnages de se mouvoir, d’aller et venir, dévoilant ainsi la proximité avec le cinéma d’. Au début de , il citait Chrétien de Troyes,  » Qui trop parle, il se mesfait ». Ici on ne parle pas perpétuellement et confusément, ce qui rendait La vie au Ranch parfois étouffant, mais ce sont les silences, et les plans cadrés sur les regards qui s’attellent à traduire le spleen.

Toujours dans la nuance et la délicatesse d’une touche impressionniste, loin du cinéma vérité, Memory Lane est onirique. Une scène de fête. Ils dansent sur une musique pop qui est remplacée quelques secondes plus tard par une musique extradiégétique mélancolique, accompagnée d’un ralenti des images. On croise également à plusieurs reprises un jogger, vision allégorique de leur solitude. Les lumières de la ville renvoient au plan suivant avec les lumières dans le jardin, boules lumineuses poétiques.

Mais la douce mélodie devient plus sombre. Les amis sont dans une bulle, laissant pourtant entrevoir par quelques plans un monde extérieur dont ils ne sont pas coupés. L’arrestation dans les rayons de la fnac d’un voleur et les skinheads devant un bus sont les images d’un au-delà qu’ils ne refusent pas de voir. Et puis il y a des moments bouleversants. Lorsque qu’une fille dit à son père condamné qu’elle l’aime, au détour d’une promenade, le cadre embrasse les deux personnages, sans coupe, sans gros plans racoleurs, simplement touchant; ou quand un des personnages se perd dans la dépression avec la peur de se lever chaque matin.
Memory Lane est aussi cette magnifique histoire d’amour qui n’en finit pas d’éclore sous nos yeux. Regards, rires, frôlements de mains, jusqu’à l’explosion du désir. Mikhaël Hers ose des scènes plus radicales donnant à son cinéma une grande richesse.

On ignore l’origine du mal être de Raphaël. L’importance du hors champ permet à l’imaginaire de se développer, de s’attacher tendrement à ce personnage et on aimerait lui chanter « Hey Jude, don’t make it bad. Take a sad song and make it better. Remember to let her under your skin, Then you’ll begin to make it ».