Le titre original de MEURTRES SOUS CONTRÔLE est on ne peut plus équivoque: GOD TOLD ME TO… Normal, il s’agit d’une véritable déconstruction du mythe religieux qui s’opère, au fur et à mesure que le héros poursuit sa quête de vérité/sens. Une déstructuration passant par plusieurs genres à l’époque en vogue, allant du thriller paranoïaque, au fantastique, en passant par le film d’investigation… Pour un résultat assez unique dont il faut, comme toujours dans les progs du festival HALLUCINATIONS COLLECTIVES, chercher le sens au delà de la représentation.

L’horrible/géniale scène d’intro (rappelant Jack Reacher) nous happe immédiatement : un sniper y dégomme des New-Yorkais, en plein jour, en plein centre-ville. Ce climax absolu replace le film dans son contexte historique:
la ville est dans un état de dépression, lié au choc pétrolier de 1973, une baisse de la croissance et une inflation record.
Chacun cherche des réponses à ce malheur, dans la violence, la xénophobie, la politique, dans la drogue, ou la religion…
Sous ce pitch de la traque de meurtriers aveugles et aveuglés, MEURTRES SOUS CONTRÔLE métaphorise peut-être les maux de l’époque, ceux de cette opulente-dégénérescente ville, et fait de son héros celui qui explorera toutes ces voies pour trouver une explication à ces grands malheurs.
La solution, prendra donc la forme d’une déconstruction de mythes, ramenant Dieu à une personnification des hallucinations et extases propre aux drogues, ramenant la religion dans son ensemble à une intervention alien (oui) et l’homme à son statut de responsable de sa propre destinée…
Et si le message final était simplement débarrasse toi de ton dealer, fais une cure de désintox et accepte ton malheur et le complot Illuminati ? ?

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Formellement, c’est le chaud et le froid. Le film à par exemple pour lui, un rythme bien plus dynamique que d’autres films de cette époque. Les nombreux changements de genres confèrent au film une étrangeté mystérieuse poussant à toujours vouloir voir et savoir plus. Mais passée sa phénoménale intro, difficile de se départir d’un constant sentiment de déjà-vu… Enfin, pour un spectateur de 2015 comme moi, pour qui ces thématiques ont été rabachéses par 40 ans de cinéma.
Le laissez-aller psychédélique devient, vers la conclusion, un peu trop hardcore à mon sens (fascinant diront certains)… Je l’ai en tous cas trouvé ridicule et casseur d’immersion même si, comme je l’indique plus haut, il peut être justifié d’un point de vue allégorique.

La présence du film dans la section « nouvelle humanité » d’HALLUCINATIONS COLLECTIVES m’apparaît au final, comme liée à certaines scènes précises, notamment celles du Dieu en question, et non au film dans son ensemble… Ce qui déçoit mes attentes quant à ce MEURTRES SOUS CONTRÔLE.