Jennifer Kent est un à nom à retenir. D’abord parce que c’est une femme, car elles ne sont pas légion dans le cinéma de films d’horreurs (Elles se comptent sur les doigts de la main). Mais surtout parce qu’elle va marquer les esprits par la maîtrise de son récit et l’élégance de sa mise en scène, avec son tout premier film THE BABADOOK. Auréolé de nombreux prix (Buzz au Festival de Sundance et 4 remportés à Gérardmer), autant dire que le film était attendu par les mordus du genre.
Beaucoup l’accusent d’être sur-vendu: Le film d’horreur de l’année, chef-d’œuvre, dans la lignée de SINISTER… Pour autant, avec ses références aux classiques du genre comme notamment SHINING, Jennifer Kent parvient à maintenir le spectateur avec très peu d’artifices. Une bande son plus que redoutable (certains effets sonores me hantent encore) et un jeu d’acteur quasi parfait – le tandem mère-fils.
Il est vrai que ce point de départ favorable aurait pu mal tourner. Mais lorsque l’on utilise les codes récurrents du genre avec brio, difficile de faire pire qu’un PARANORMAL ACTIVITY (les suites pas le 1er qui est efficace à la première vision). Répondant même au cinéma de Murnau dans ses meilleurs moments avec les jeux d’ombres et de lumières dignes du cinéma expressionniste. Rien que les visuels de la créature ainsi que la conception du livre animé sont sublimes. Une véritable œuvre d’art.
Pourtant cette histoire de mère devenue veuve et élevant seule son enfant n’est vraiment pas originale. On ne compte plus d’ailleurs ce genre de pitch poussif souvent mal exploité.

Photo du film MISTER BABADOOK © Wild Bunch Distribution

Photo du film MISTER BABADOOK © Wild Bunch Distribution

Avec BABADOOK on oscille entre le film de monstre, une sorte de boogeyman d’un conte d’enfants (le livre conçu pour le film par l’illustrateur Alex Juhsaz – le générique d’United State of Tara) et la folie passagère de la mère, sans prendre partie pour un de ces thèmes, finalement. Privilégiant la suggestion par des apparitions amenées de manière sobre (une simple silhouette, un son hors-champ), le Babadook vient donc hanter les nuits de cette pauvre famille jusqu’à causer son déchirement.
Une chose est sure le film fera parti des classiques dans l’avenir. Avec peu d’effets numériques (quasiment aucun artifice) le film avance lentement mais l’angoisse monte crescendo. Le début très efficace parvient bien à mettre le spectateur dans la tête du petit (un monde où règne les monstres qui hantent sa chambre au moment d’aller au lit). Des terreurs nocturnes retranscrites par le tout jeune Noah Wiseman. Il interprète Samuel et s’en sort au final mieux qu’Essie Davis dans le rôle de sa mère Amélia. Ainsi on arrive à comprendre la réaction presque outrancière de la mère dont les nerfs sont mis à rude épreuve. Totalement épuisée, en manque de sommeil, Amélia en vient à négliger le pauvre Samuel qui se retrouve malgré lui dans la position d’un adulte. Le jeune garçon a une véritable passion pour la conception d’armes. Il agit en protecteur et veut remplacer la figure paternelle. N’hésitant pas à avoir recours à de petit tour de magie, on observe sa vie de tous les jours : ses problèmes d’intégration à l’école mais aussi dans sa famille avec sa tante (la scène où il pousse sa cousine du haut de cette cabane perchée est très réaliste). Également, on a d’autres scènes très dures. Quand cette dernière vient à engueuler son fils jusqu’à le priver de diner.

“Poétique, sobre et terrifiant à la fois le premier long métrage de Kent est assurément le film le plus intéressant de cette année au niveau de l’horreur pure”

Après coup, si on n’arrive pas à se mettre dans la peau de cette mère, on peut avoir des difficultés à bien suivre ses péripéties. La réalisatrice prend son temps à développer la folie naissante du personnage principal. Au point de se demander si ce Babadook n’est pas seulement un être imaginé. Bien entendu la fin pourra décevoir certain mais pour moi, je la trouve en parfaite adéquation.
Poétique, sobre et terrifiant à la fois le premier long métrage de Jennifer Kent est assurément le film le plus intéressant de cette année au niveau de l’horreur pure. Une belle histoire à raconter le soir juste avant de s’endormir en prononçant son nom : ba BA-ba  DOOK ! DOOK ! DOOK !!!!

CASTING
Titre original : The Babadook
Réalisation : Jennifer Kent
Scénario : Jennifer Kent
Acteurs principaux : Essie Davis, Noah Wiseman, Daniel Henshall
Pays d’origine : AUSTRALIE
Sortie : 30 juillet 2014
Durée : 1h34mn
Distributeur : Wild Bunch Distribution
Synopsis : Depuis la mort brutale de son mari, Amelia lutte pour ramener à la raison son fils de 6 ans, Samuel, devenu complètement incontrôlable et qu’elle n’arrive pas à aimer. Quand un livre de contes intitulé ‘Mister Babadook’ se retrouve mystérieusement dans leur maison, Samuel est convaincu que le ‘Babadook’ est la créature qui hante ses cauchemars. Ses visions prennent alors une tournure démesurée, il devient de plus en plus imprévisible et violent. Amelia commence peu à peu à sentir une présence malveillante autour d’elle et réalise que les avertissements de Samuel ne sont peut-être pas que des hallucinations…

BANDE-ANNONCE

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