Dans un monde où un terrible virus a contaminé la population, un couple en fuite tente de trouver une zone où se réfugier. Pris au piège par des créatures sanguinaires, Marco et Sonia vont devoir lutter pour leur survie…

Note de l’Auteur

[rating:6/10]


Date de sortie : 06 mai 2009
Réalisé par David Morley
Film français
Avec Hélène de Fougerolles, , Dida Diafat
Durée : 1h 25min
Bande-Annonce :

Voilà un film qui m’intriguait au plus haut point depuis quelques temps : . Présenté au Festival De Gérardmer de 2009, ce film d’horreur à la française a suscité de nombreuses réactions auprès du public, souvent très expéditives et tranchantes quant à l’intérêt d’un tel long-métrage et du cinéma du genre en France par la même occasion.

Pourtant, à mes yeux, la France, sur ce sujet, se démarque plutôt bien de ses voisins en nous proposant des films qui, à défaut d’être des révolutions ou des chefs-d’œuvre, assument pleinement leurs idées, ont une ambiance intéressante et nous en mettent souvent plein les yeux niveau gore. , , , , … les exemples sont nombreux. C’est donc avec un plaisir non dissimulé que je lançais la projection de ce film susceptible d’envoyer du FAT à chaque nouvelle séquence.

Dès les premières secondes nous comprenons que David Morley s’est avant tout amusé à faire un énorme clin d’œil au cinéma du genre avec des références à (le message du début avec la propagation d’un virus mortel et une base militaire où l’on peut se réfugier), avec la transformation progressive du personnage de Marco et pour l’ambiance glaciale du film et ce basculement vers le huit-clos étouffant. Cette multitude de clins d’œil ne pourra que réjouir les amoureux du genre.

Ajoutons à ces éléments une orientation scénaristique intéressante puisque David Morley a clairement choisit de laisser les zombies au second plan de son intrigue et s’est focalisé sur la relation de ce couple désorienté, perdu au milieu de cet amas de neige cruel et impitoyable. La transformation progressive, tant physique que psychologique, du personnage de Marco est parfaitement exploitée et le travail du directeur artistique, Olivier Afonso, est déstabilisant de réalisme. Nous assistons à cette mutation du début à la fin (perte de cheveux, vomissements, dégradations et pourrissement du corps) qui se combine à cette ambiance particulièrement prenante et riche en émotions fortes.

Malheureusement, Mutants souffre de l’apparition de quelques points noirs qui s’accrochent et qui ne semblent pas vouloir quitter ce long-métrage. A commencer par des scènes un peu too-much à mon goût qui décrédibilisent énormément le film. Pour n’en citer qu’une pour ne pas tomber dans le spoiler, la scène où Marco vomit tripes et boyaux prête plus à rire qu’à susciter la peur ou le dégoût.

Ajoutons à cela une interprétation pas toujours très fine des acteurs qui tombent dans les clichés du genre et qui n’arrivent pas à s’en dépêtrer. La tentative de suicide de l’un des protagonistes de l’histoire est le moment le plus calamiteux du film. On ne sait pas si l’on doit en rire ou en pleurer, une chose est sûre, on n’y croit pas une seule seconde. Tout cela affecte grandement un film qui n’est pas si mauvais qu’on voulait me le faire croire.

Au final, Mutants n’est certes pas une révolution (loin de moi cette idée saugrenue) mais n’en reste pas moins un bel hommage à tous les grands classiques du genre susceptible de plaire à tous ceux mettant de côté ses défauts et voulant simplement se vider la tête devant un spectacle horrifique souvent jouissif.

Avec un petit budget qui se fait lourdement ressentir par moment, David Morley, avec des idées et du talent, n’a pas à rougir face à d’autres productions qui ont mis le paquet niveau budget mais qui n’ont visiblement pas l’énergie nécessaire à ce genre de réalisation.