À lire également : notre CONTRE-CRITIQUE
d’HUNGER GAMES – LA RÉVOLTE : PARTIE 1

À la base, je comptais voir le nouveau Laurent Cantet (Entre les Murs, Palme d’Or quand même. Pourtant, Retour à Ithaque sort en catimini…)
Bref. M’étant trompé de cinéma, je me retrouve à court d’options, et “obligé” d’aller voir ce HUNGER GAMES – LA RÉVOLTE : PARTIE 1.
Mon collègue STANISLAS CLAUDE, ma propre sœur pourtant fan des livres et tout, ainsi que la moitié de la planète ayant moyennement apprécié le film, je me dis : super. 2h24 de perdues, mais au moins je pourrai chier dessus comme tout le monde, en sachant de quoi je parle.
C’est donc plein d’espoir que je me rends à la séance de HUNGER GAMES 3.

Pourtant, en lieu et place du film opportuniste prévu (rappelons le, il ne s’agit que de la PREMIÈRE PARTIE) HG3 s’avère être de la trempe d’ Harry Potter et les reliques de la mort partie 1 !

 

Attention : loin de moi l’idée de comparer les intrigues des deux sagas. Je cherche plutôt à mettre en avant leurs similarités en termes d’intérêt cinématographique ; HUNGER GAMES 3, à l’instar de la saga du sorcier à lunettes, doit se voir comme un épisode anti-spectaculaire réussissant pleinement à transcender sa simple étiquette de saga (uchronique) pour ados ; là ou HP7.1 installait une ambiance pleinement mortifère entre ses 3 climax déments (l’attaque de Voldemort, la destruction du Horcruxe, le conte des reliques), HG3 articule autour d’un double pic d’intensité, émotionnelle et spectaculaire, un discours tout sauf naïf sur la construction d’un mythe par la manipulation de masse et la propagande.

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La contre-partie, est qu’il est nécessaire de prendre son temps pour donner de la force à ce discours. Cela implique de fournir de la matière aux personnages, quitte à titiller le cliché et le remplissage. Enfin, il est obligatoire de ménager les effets spectaculaires, pour justifier l’intérêt d’un deuxième volume, qui devrait pour le coup, être une totale révolte.
HUNGER GAMES – LA RÉVOLTE : PARTIE 1, malgré la force de son discours, souffre donc du syndrome “partie 1”, qui implique la frustration du spectateur. Par la longueur, puis par le déplacement d’enjeux, du global à l’intime.

Dans le détail, HUNGER GAMES 3 construit donc le personnage de Katniss tout autour de la fameuse visite de l’hôpital. D’abord émotionnellement, puisque ce sont ses émotions qui motiveront ses actes. Et ceux-ci seront particulièrement impressionnants ! Mais là ou Hunger Games touche juste, c’est lorsqu’il nous associe clairement à cette démarche de super-héroïsation. Ainsi, l’aspect voyeuriste des deux premiers épisodes à complètement disparu ; nous savons déjà de quoi Katniss est capable, par amour, par altruisme. L’enjeu, ici, est de contrôler, catlyser ces émotions
Elle est ce personnage plein de courage que le public recherche, que ce soit pour motiver une révolution, comme dans le film, ou pour satisfaire un besoin d’extraordinaire et de spectacle, comme c’est le cas pour nous, spectateurs. Dans les deux cas, le film propose une mise-en-abîme judicieuse en nous détaillant la création délibérée de cette idole.

”HUNGER GAMES 3 articule autour d’un double-climax émotionnel et spectaculaire, un discours tout sauf naïf sur la construction d’un mythe par la manipulation de masse et la propagande.”

Ainsi, une manipulation perverse s’exerce constamment sur Katniss, et au travers d’elle, sur ses différents publics. Intelligemment, le film nous rappelle constamment sa condition de  théâtre de marionnettes brisant le quatrième mur. D’un coté, le dictateur Snow et ses mindfucks vicelards (mais aussi très prévisibles) tente de manipuler Katniss en la détruisant psychologiquement… De l’autre, plus intéressant, les personnages “positifs” ;  Plutarch (Philip Seymour Hoffman, impérial) et la présidente Coin (Julianne Moore, ambiguë) tirent les ficelles ; ils expliquent frontalement à Katniss, qu’elle est un atout sentimental/stratégique qu’ils doivent exploiter, “pour la cause”. Leur principal atout n’est pas militaire mais plutôt audiovisuel : cette intrusive équipe de télé-réalité emmenée par la charismatique et perspicace Cressida (Natalie Dormer, échappée de Game Of Thrones)
Son but : capturer l’essence émotionnelle animant Katniss, et la transformer en symbole guerrier. Ainsi, plusieurs scènes en apparence anodines, clichées ou leviers scénaristiques, masquent ainsi une vraie perversité. Par exemple, le gentil Gale, provoque consciemment (et très subtilement) la pitié de Katniss, uniquement pour se rapprocher d’elle… Le personnage muet de l’équipe de télé-réalité, qui provoque avec son regard naïf, la chanson de Katniss, qui deviendra un emblème de la révolte…

Le plus troublant : le personnage de Katniss accepte cyniquement son statut de jouet. Des scénaristes, des autres protagonistes. Et c’est cela précisément que Jennifer Lawrence parvient à communiquer. Son jeu est identique à celui des autres films – légèrement surjoué. Mais elle réussit à faire croire en l’icone qu’elle représente !

Finalement, c’est le dernier acte – le plus dynamique, en termes de rebondissments – qui m’a le moins convaincu. J’ai beaucoup aimé le discours très fin sur la manipulation de masse et la propagande, car il allait bien plus loin que le seul récit, assez prévisible.
tout l’intérêt d’ HUNGER GAMES – LA RÉVOLTE : PARTIE 1 selon moi, est cette construction méthodique d’une icone, par et pour les protagonistes de l’histoire, par et pour le spectateur.

lire également : la CONTRE-CRITIQUE (de STANISLAS CLAUDE)

INFORMATIONS

HUNGER GAMES – LA RÉVOLTE : PARTIE 1

Hunger games 3 (4)



TRAILER,
CHARACTER POSTERS : Katniss,
SPOTS TV et AFFICHES “PROPAGANDA”
Critiques : Hunger GamesHunger Games 2,
contre-critique : HUNGER GAMES 3

Titre original : The Hunger Games – Mockingjay : Part 1
Réalisation : Francis Lawrence
Scénario : Peter Craig,  Danny Strong, D’après l’oeuvre de Suzanne Collins
Acteurs principaux : Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth, Julianne Moore, Philip Seymour Hoffman, Elizabeth Banks, Natalie Dormer, Woody Harrelson
Pays d’origine : U.S.A.
Sortie : 19 novembre 2014
Durée : 2h3min
Distributeur : Metropolitan FilmExport

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[critique] HUNGER GAMES – LA RÉVOLTE : PARTIE 1

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