Deux chercheurs découvrent une dent de mégalodon au large des côtes mexicaines : ce tueur préhistorique rôde encore dans les eaux du Pacifique, prêt à engloutir de pauvres baigneurs…

Pifomètre Nanar

Date de sortie : 2004
Réalisé par David Worth
Film américain
Avec , Jenny McShane, Ryan Cutrona
Durée : 1h34min
Extraits :


blagues étranges
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Et eux, ça les fait rire…
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Abracadabrantesque
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Shark Attack 3 : Megalodon est, comme son titre l’indique, le troisième volet de la sage Shark Attack. Le premier épisode avec le pauvre n’était qu’un navet sans intérêt. Le second n’est pas mieux loti mais le réalisateur David Worth va tout faire pour que la saga se conclue en beauté avec son dernier opus. Au final, on se retrouve avec un film à la médiocrité si abyssale que ce Shark Attack 3 est juste un grand moment de cinéma.

Le concept du film aurait pu être alléchant pour les amateurs de films à suspense avec un monstre énorme ici en l’occurrence, un requin préhistorique de 20 mètres de long, mais David Worth et son équipe de sous doués vont se faire un devoir de tout rater bien comme il faut, en commençant par leur scénario.
Nous sommes sur une station balnéaire où des tas de filles exhibent leurs atouts corporels lors de plans destinés à titiller les hormones de jeunes prés-pubères. Bien entendu, un requin va semer la panique et nos héros vont alors entrer en jeu : le premier est une sorte de beau gosse raté qui passe sont temps à rire et à mal jouer. Il est accompagné d’une scientifique blonde qui sera la bimbo de service, dont le seul visage vous dissuadera le lifting sous toutes ses formes.
Autour de ces deux là on retrouve les stéréotypes habituels : le pote du héros qui joue aussi mal que lui, le maire de la station balnéaire qui ne veut pas fermer les plages (tiens ça me rappelle quelque chose) le méchant capitaliste, les obsédés sexuels etc.

D’un simple point de vue technique, Megalodon est déjà un film à jeter à la poubelle. Les scènes où le requin intervient représentent tout simplement des sommets qui font toute la gloire de ce truc qu’on appelle le grotesque.
Je m’explique : chez on n’a pas les moyens de se créer un requin mécanique très réaliste (je rappelle qu’on est en 2004 lorsque le film est terminé), ils ont donc fait la razzia des documentaires animaliers et nous filent des stock shots de requin blanc issus d’un reportage dès qu’on doit voir le squale. Je vous laisse deviner l’ampleur de certains faux-raccords.
Mais ce n’est pas tout, puisque allez savoir pourquoi, chez Nu Image, on est persuadé que les requins grognent. Alors bon, voir un requin qui pousse un meuglement digne d’une vache qui se noie n’était pas la meilleure idée pour flanquer la frousse au spectateur.
La scène finale, dantesque affrontement entre le requin et sous-marin jaune qui se pilote avec un joystick et un clavier d’ordi, a contraint l’équipe à créer un requin totalement numérique. Je ne vous cache pas qu’on se croirait plus dans un jeu de Nintendo 64 que dans un vrai film.

Bien que les scènes avec le requin soient en grande partie responsables du haut degré de nanardise de ce film, il serait mal avisé de négliger le reste qui envoie quand même le paquet. On est parfois scandalisé par des faux-raccords odieux mais aussi perplexes devant des plaisanteries qui font beaucoup rire nos héros mais dont le sens reste toujours obscur pour tous ceux ayant vu ce film.
Aussi est-on en droit de se poser cette question : s’agit-il d’un humour expérimental réservé à l’élite ou n’est-ce vraiment pas drôle ? Quoi qu’il en soit, quand c’est balancé avec toute la conviction de comédiens chevronnés et habités par leur rôle, cela donne naissance à des scènes dont vous vous souviendrez longtemps.

Assurant un haut niveau de ridicule tout le long du métrage, c’est néanmoins dans les vingt dernières minutes qui figurent parmi les plus abracadabrantesques du cinéma que Megalodon acquiert sa toute puissance. On y apprend notamment que lorsqu’un requin attaque un yacht, il faut sauter à l’eau en gesticulant comme un crétin et qu’une fois dans l’eau, on patauge bien avec les bras histoire de faire de l’agitation, ça lui fera peut-être peur. A moins que ces gens aient juste un sens de l’équilibre on ne peut plus précaire et ne fassent des saltos arrières dès le moindre coup de vent.
Cette scène qui combine tous les ingrédients du film (soit des dialogues percutants, des morts minables et mal faites, des invraisemblances énormes, des acteurs avariés etc.) ajoutée au reste assure à Megalodon une place parmi les plus grands crus qui comblera tous les amateurs du genre.