« Si vous voulez un NED, vous allez avoir un putain de NED ! »
Glasgow, 1973.
Le jeune John McGill est sur le point d’entrer au collège.
Garçon brillant, la voie est cependant loin d’être toute tracée pour lui, entre un père violent et les préjugés de ses professeurs qui n’ont pas oublié son frère aîné « irrécupérable », Benny, devenu membre des NEDS.
Les NEDS (Non Educational Delinquents), dangereuses petites frappes, font régner la terreur dans les quartiers.
La réputation de Benny vaut à John d’être protégé et lui ouvre très vite les portes du gang.

Note de l’Auteur

[rating:7/10]

Date de sortie : inconnue
Réalisé par Peter Mullan
Film français, britannique, italien
Avec Steven Robertson, Martin Bell, Nash Marcus
Durée : 2h04min
Titre original : Neds
Bande-Annonce :

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C’est en 1998 que Peter Mullan débute sa carrière de réalisateur avec le long-métrage Orphans. Acteur accompli, il a notamment joué dans My Name Is Joe de Ken Loach, Trainspotting de Danny Boyle et dans bien d’autres long-métrages. Aujourd’hui, il présente son nouveau long-métrage NEDS au Festival de Cinéma Européen des Arcs 2010. Ce film a déjà été reconnu Meilleur film au Festival de San Sebastian 2010.

NEDS décrit un phénomène social écossais des années 70. NED ou « Non-Educated Delinquent » représente une partie de la population adolescente délinquante. Mais la critique ne s’arrête pas seulement aux NED : le système d’éducation scolaire écossais est aussi placé sous l’œil attentif de la caméra et le regard effrayé d’une tante vivant aux Etats-Unis. Les élèves sont répartis par niveau dans les classes. De la 3A jusqu’à la 3R existent 18 classes, de l’élite jusqu’aux cancres. Une hiérarchisation qui effraie et influence le quotidien de nos protagonistes.

Ce système d’éducation et cette catégorie sociale sont régulièrement traversés par John McGillz, élève brillant qui doit se battre pour prouver qu’il n’est pas comme son frère, un NED. En parallèle, il profite de la protection de son frère contre les agressions que subissent habituellement les « têtes d’ampoules ». C’est ainsi qu’il se liera d’amitié avec cette délinquance jusqu’à en abandonner les règles de rigueurs de la scolarité.

A travers l’évolution d’un personnage, ce sont divers comportements de l’Ecosse à cette époque que nous pouvons apercevoir: les familles apeurées, les professeurs, un père alcoolique, l’élite intellectuelle ou encore la délinquance. Un voyage parfois difficile. Le film est sensiblement long, voire ennuyant. Mais cette attente semble nécessaire pour s’imprégner de ce climat jusqu’à la dérive complète du jeune John McGill. La tension est alors à son comble lors de la confrontation entre John et son père. La folie ou la rage s’empare de John ; nous assistons avec impuissance à cette chute. Cette séquence est la plus poignante du film.

[pullquote]Puis NEDS se calme et recommence à décrire, selon le regard de Peter Mullan, une société, une époque, un conflit.[/pullquote]