Rien que pour sa scène d’ouverture légendaire, O’BROTHER vaut le détour. Trois détenus, Everett, Pete et Delmar s’échappent et fuient à travers les champs de maïs. Bercé par une musique folk des années 1930, on reste saisi devant cet étalage de couleurs et de paysages au milieu desquels nos trois joyeux lascars font figure d’intrus.

Les paroles d’Everett (George Clooney) “Damn, we’re in a tight spot”¹ résument à elle seule l’ensemble du film. Les trois larrons ont 4 jours pour trouver un trésor et éviter de se faire rattraper par le shérif Cooley (Daniel von Bargen). L’aventure est au rendez-vous, ça pète

Le trio de malfrats en cavale assure. Entre George Clooney en leader excentrique, John Turturro en pêcheur à moitié repenti et Tim Blake Nelson en benêt attendrissant (l’épisode de la grenouille est savoureux). Les seconds couteaux apportent un brin de folie qui accentue l’aspect parodique du film. Michael Badalucco en criminel forcené et Charles Durning en gouverneur opportuniste tirent au mieux leur épingle du jeu au milieu de cette profusion d’acteurs.

© BAC Films

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Les frères Coen enchaînent les scènes mythiques. Que ce soit la séquence du baptême dans la rivière, l’enregistrement d’un morceau folk dans un studio perdu du Mississipi, le détraqué qui mitraille aussi bien les vaches que les policiers ou encore cette cohorte de détenus qui vient effectuer une petite sortie cinéma pour se détendre, le film ne lésine pas sur les scène hilarantes et fait penser quelque peu à The Big Lebowski dans ses facéties.

“Un film comme on en voit trop rarement, frais, délirant et avec une toile narrative suffisamment riche pour qu’on ne s’ennuie pas une seule seconde.”

O’BROTHER s’ancre dans la culture du road trip trippant, au côté de films tel The Darjeeling Limited et Train de Vie, le côté prisonnier en cavale en plus.

Dans une reconstitution très soignée du Mississipi, ce qui séduit le plus, c’est ces interludes musicaux. Au final, on en revient toujours au folk, qu’il soit chanté par des belles donzelles au bord de la rivière, par une procession de catholiques en quête d’absolution ou par des enragés du Klux Klux Klan s’échauffant la voix avant le lynchage d’un noir. Il rythme le récit et lui donne son identité.

© BAC Films

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Au moment où le film commence à s’essouffler dans un schéma narratif un peu prévisible, les frères Coen lui redonnent de l’entrain, au point d’aboutir à trente dernières minutes de folie, symbolisées par un mariage riche en rebondissements et en fou rire.

O’BROTHER est un film comme on en voit trop rarement, frais, délirant et avec une toile narrative suffisamment riche pour qu’on ne s’ennuie pas à une seconde. Tous les ingrédients synonymes d’un bon moment de cinéma.

¹ “Zut, nous sommes dans le pétrin”

INFORMATIONS

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• Titre original : O’Brother, Where Art Thou ?
• Réalisation : Joel Coen
• Scénario : Joel & Ethan Coen inspiré de L’Odyssée d’Homère
• Acteurs principaux : George Clooney, John Turturro, Tim Blake Nelson, John Goodman
• Pays d’origine : États-Unis, France, Royaume-Uni
• Sortie : 13 mai 2000
• Durée : 1h46 min
• Distributeurs : Buena Vista (États-Unis), BAC Films (France)
• Synopsis : Dans le Mississippi profond, pendant la Grande Depression. Trois prisonniers enchainés s’évadent du bagne : Ulysses Everett McGill, le gentil et simple Delmar et l’éternel râleur Pete. Ils tentent l’aventure de leur vie pour retrouver leur liberté et leur maison. N’ayant rien à perdre et unis par leurs chaînes, ils entreprennent un voyage semé d’embuches et riche en personnages hauts en couleur. Mais ils devront redoubler d’inventivité pour échapper au mystérieux et rusé shérif Cooley, lancé à leur poursuite…

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[critique] O’BROTHER

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