A la fin des années 80, Oh Dae-Soo, père de famille sans histoire, est enlevé un jour devant chez lui. Séquéstré pendant plusieurs années dans une cellule privée, son seul lien avec l’extérieur est une télévision. Par le biais de cette télévision, il apprend le meutre de sa femme, meurtre dont il est le principal suspect. Au désespoir d’être séquestré sans raison apparente succède alors chez le héros une rage intérieure vengeresse qui lui permet de survivre. Il est relâché 15 ans plus tard, toujours sans explication. Oh Dae-Soo est alors contacté par celui qui semble être le responsable de ses malheurs, qui lui propose de découvrir qui l’a enlevé et pourquoi. Le cauchemar continue pour le héros.

Note de l’Auteur

[rating:7/10]

Date de sortie : 29 septembre 2004
Réalisé par Park Chan-Wook
Film sud-coréen
Avec Choi Min-Sik, Yoo Ji-Tae, Kang Hye-Jeong
Durée : 1h59min
Bande-Annonce :

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Le cinéma sud-coréen se distingue aujourd’hui par sa vitalité morbide, sa violence allègre, son exubérance ruineuse, sa grâce. Memories of Murder, Thirst, Deux Sœurs, Le Bon La Brute Et Le Cinglé. Parmi ces objets sauvages et hypnotiques, Old Boy tient le haut du pavé. La minutie de sa composition visuelle et le charisme étrange de son acteur principal tapent obligatoirement dans l’œil. Sans compter la drôlerie de l’ensemble. Et pourtant le scénario est faible en sa qualité de prétexte au sadisme.

Oh Dae Su est un homme ordinaire à priori sans histoire. Enclin à la boisson, il n’en demeure pas moins inoffensif. Un soir, il disparaît soudainement. Son ennemi juré a décidé de le séquestrer pendant quinze ans. A sa sortie de l’enfer, Oh Dae Su est naturellement bouleversé d’indignation et n’a qu’une soif : se venger du bourreau dont il ne connaît ni le visage, ni les motivations. Une course à la vérité commence avec pour terminus un bain de sang et la mise à nu des secrets les plus sordides. Le kidnapping d’Oh Dae Su n’était qu’une petite semaine de vacances à côté de sa libération…

Park Chan-Wook dirige le Charles Bronson asiatique, Choi Min-Sik, d’une main sûre à travers le chaos. Le soin accordé à chaque plan, à chaque bruitage, à chaque silence force l’admiration d’un esthète. Le cinéaste rend l’horreur agréable. L’humour mêlé à la tension dramatique donne de l’équilibre au déséquilibre ambiant. Oh Dae Su émeut, déconcerte, déclenche le rire, héros absurde. Le plan séquence de sa baston avec les sbires du bourreau est une splendeur. L’une des meilleures scènes de combats jamais filmée par son réalisme et son exhibition crédible de la bravoure. Pour les étudiants en technique de cinéma, ce film est un bijou d’inventivité. Pour les amateurs de barbarie, c’est un régal. En revanche, les ardents défenseurs de l’écriture n’auront pas grand-chose à se mettre sous la dent tant le récit est chétif du point de vue de ses enjeux. La puissance de la caméra ne sert pas la puissance du scénario. En définitive, l’intérêt est concentré dans la surprise finale. Atroce surprise. C’est peu pour faire un grand film mais Park Chan-Wook réalise l’ombre d’un grand film. C’est un virtuose de l’œil et ça compte.