L

e duo Kad & Olivier c’est une longue histoire d’amitié, de comédie, mais aussi de cinéma – de MAIS QUI A TUÉ PAMELA ROSE ? à SAFARI, on peut dire que les deux compères ont su allier le passable et le très mauvais, mais à chaque fois avec de bonnes intentions. ON A MARCHÉ SUR BANGKOK rentre parfaitement dans cette définition, tant son cadre, ses relatives prises de risque et ses tentatives d’humour laissent entrevoir le semblant d’originalité du produit au sein d’une industrie comique française qui peine à se renouveler.

D’emblée, ON A MARCHÉ SUR BANGKOK surprend – plus qu’une pitrerie dans un cadre exotique, on se retrouve davantage devant une comédie d’aventure. Le film d’Olivier Baroux n’hésite pas à mettre en scène de l’action, des courses-poursuites. Il se tente même parfois au suspense. Les effets sont un peu cheaps, on peine à vraiment s’impliquer dans ces nombreuses scènes, mais l’intention est là – il y a un petit côté comédie à l’ancienne, qui rappelle parfois L’HOMME DE RIO, LA CHÈVRE ou LE JAGUAR – qu’il imite sans jamais flirter avec les meilleurs d’entre eux. Ce n’est pas la première fois que Kad Merad prend part à ce genre de production (il était déjà à l’affiche de SAFARI et de RTT) mais l’idée est ici plus poussée et surtout plus évidente.

Reste qu’au-delà de ça, ON A MARCHÉ SUR BANGKOK ne présente pas grand-chose de vraiment singulier. Les rares touches d’humour tombent presque tout le temps à plat, l’ensemble du casting est au mieux mal utilisé, ou au pire très agaçant. Le film s’évertue à paraître décalé alors qu’il est très classique – la ridicule scène finale est à cet égard un bel exemple : ni drôle, ni originale, juste aberrante de simplicité alors qu’elle s’efforce à prouver le contraire.

© ESKWAD - PATHE PRODUCTION - TF1 FILMS PRODUCTION

© ESKWAD – PATHE PRODUCTION – TF1 FILMS PRODUCTION

Le film de Baroux n’est pas une purge, en tout cas pas au point qu’avait pu l’être SAFARI. Il y a des bonnes choses, quelques plans étonnement réussis – pourtant rien ne semble fonctionner : les blagues un peu cyniques disséminés tout du long sont avortées par l’aspect grand public du métrage, le cadre assez original est complètement gâché par des personnages déjà vus cent fois – Kad Merad joue le Kad Merad, bourgeois candide plongé dans environnement qui n’est pas le sien. On lâche un sourire subtil ici et là – les rires sont encore plus rares – mais c’est la plupart du temps une impassibilité circonspecte qui répond aux gags du film.

”Le film s’évertue à paraître décalé alors qu’il est très classique”

A la vue de la promotion très envahissante faite autour de ON A MARCHÉ SUR BANGKOK, on ne peut que prévoir un certain succès sur les écrans français. C’est ce qui paraît en tout cas comme son but premier, tant sa démarche le caractérise automatiquement comme le prototype fade et lourdaud de la comédie populaire habituelle. Des intentions parfois louables, mais un résultat laborieux et qui ne peut échapper aux critiques. Un divertissement teinté d’un comique pénible qui amusera sans doute quelques familles en sortie dominicale. Les autres peuvent passer leur chemin : rien de novateur à l’horizon.

CASTING
Titre original :
Réalisation :
Scénario : Olivier Baroux
Acteurs principaux : , , , , ,
Pays d’origine : France
Sortie : 22 octobre 2014
Durée : 1h33mn
Distributeur : Pathé Distribution
Synopsis : Serge Renart, un journaliste TV devenu has-been et Natacha Bison, une reporter de guerre écartée du métier parce que trop dangereuse pour ses collègues, se retrouvent obligés d’enquêter ensemble sur une affaire qui les mènera en Thaïlande à la recherche d’un des secrets les mieux gardés de l’histoire contemporaine…. Que s’est-il réellement passé pendant la retransmission télévisuelle de la mission Apollo 11, où pour la première fois, l’homme a posé le pied sur la Lune ?
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