À lire également, notre avis « contre ».

Trois ans après La Planète des singes, Les Origines, succès mondial grâce auquel Ruppert Wyatt avait réveillé la franchise, mise à mal par le remake bancal de Tim Burton, en y réinjectant le judicieux cocktail d’intelligence, de tension et d’émotion propre à la saga d’origine; c’est au tour de Matt Reeves, rejeton terrible de l’écurie Bad Robot (Cloverfield, Felicity…) de s’atteler à la tâche en prolongeant les enjeux amorcés dans le premier opus tout en essayant de garder une cohérence dans l’œuvre et d’éviter les redites. Et il est réjouissant de constater à la fin de la séance que l’essai est habilement transformé. Pourquoi habilement ? Parce que le film profite de son statut de blockbuster de l’été et du budget inhérent pour installer son récit dans l’univers le plus crédible possible porté par une direction artistique et des effets spéciaux les plus nobles qui soient.

Parlons justement des effets spéciaux (fruit d’une performance capture d’un réalisme sidérant) qui contrairement à ceux de la plupart des grosses productions en mal d’inspiration, ne sont pas ici pour meubler l’écran, mais bel et bien pour donner toute sa légitimité et son âme au scénario en exprimant et en magnifiant les parcours psychologiques des singes. La caméra ose cadrer au plus près les gestes émus, les yeux blessés du chimpanzé César comme les regards inquiets de son fils ou de sa compagne, permettant à l’exploit technique de prendre tout son ampleur sans besoin de pyrotechnie tapageuse ou de scène de bataille homérique.

Photo du film LA PLANÈTE DES SINGES - L'AFFRONTEMENT

© Twentieth Century Fox France

Et en lisant ces mots, vous vous dîtes probablement « Mais si le film n’utilise pas de tels effets, pourquoi alors les affiches mettent en avant des singes à cheval, brandissant des armes ? Et surtout pourquoi les publicitaires ont-ils appelé ce film, dans sa version française, « L’affrontement » ? Une bataille a bien lieu mais seulement dans la dernière demi-heure du film et sert avant tout à amorcer l’intrigue du prochain épisode : la guerre entre les hommes et les singes, qui vaudra à ces derniers de devenir l’espèce dominante sur Terre.

« Une fable désespérée sur la confiance et l’amitié, magnifiée par des effets spéciaux bluffants. »

Durant une heure et demie, les deux camps sont présentés comme des menaces réciproques et non comme des ennemis; ce qui constitue une nuance importance puisque c’est dans ce contexte que les derniers humains et les derniers primates encore doué de sagesse et d’espérance tenteront de dialoguer et de prôner la paix, avant qu’une nouvelle menace (que personnellement je n’avais pas vu venir) ne déclenche les hostilités. En fin de compte, je pense qu’il aurait été plus pertinent d’appeler cet opus « Le Dernier Espoir ».

Arkham
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