est un peu le « film de flic » qui manquait à la panoplie du film policier.

Il est vrai qu’on ose rarement parler – limite sous-entendre – d’une branche de la police française, celle de la BPM, la Brigade de Protection des Mineurs. Moult films existent sur la crim’, les stup’ ou encore la BAC mais il n’est pas chose aisée de se frotter – si je puis dire – à cette spécialité.
Pré-délinquance, sévices ou agressions sur mineurs ou même parfois racket, voilà les principales missions de cette brigade. Surtout si on rajoute dans une cocotte-minute déjà bien chaude une vie privée qui n’est pas toujours en adéquation avec ce genre d’affaires.
Et c’est à l’actrice et réalisatrice de se coller à cette dictée cinématographique qui n’est pas de tout repos.

POLISSE est un film difficile, cru, qui ne mâche pas ses mots et ses gestes. L’avertissement du CNC prévient : « Ce film comporte des scènes qui peuvent être difficiles pour un public jeune auquel il ne s’adresse pas prioritairement ». Le tableau est désormais posé.
Maïwenn a su retranscrire ce que réserve la vie quotidienne de ses policiers : on peut éclater de rire dans une scène pour reprendre ses esprits et tomber dans une réelle gravité et y laisser des larmes. Des familles, des hommes – pour la plupart – qu’on pensent blanc comme neige et qui se révèlent être de véritables maniaques ou pédophiles.
Le pire existe et ces policiers tentent de faire avec. Une partie du synopsis du film voit juste dans cette phrase car par moment on sent nos nerfs lâcher tout doucement et on serait prêt à commettre l’impardonnable à des individus qui ne devraient connaître que pitié et indifférence.

Photo du film POLISSE

Là où ne le voyait pas venir arriver, POLISSE marque le retour – après une brève apparition dans L’Immortel de – de . Totalement bluffant dans le rôle de Fred, flic intègre mais brut, compatissant mais hargneux, émotif mais agressif. Si on ne devait retenir qu’une de ses scènes dans le film, ce serait immanquablement celle avec ce petit enfant qui se voit séparé de sa mère car les services n’arrivent pas à leur trouver de toit ensemble. Et pourtant pour me faire arriver à décrocher une petite larme, il faut se lever tôt !
Une sombre déchirure donc, dans un film qui pourtant comportent de bons moments, des situations parfois cocasses mais surtout vraies. Le film prévient également qu’il est tiré de faits réels et cela fait encore plus froid dans le dos de se le rappeler une fois le générique de fin. Une fin intervenant à 2h07mn d’un film qu’on ne peut pas voir passer si on rentre dans ce monde froid et cru d’une brigade qui a tout pour déplaire à la population lambda et qui pourtant est indispensable.

[bctt tweet= »« Des acteurs qui ont la côte ne font pas forcément un bon film. Et là Maïwenn a visé juste. » » username= »LeBlogDuCinema »]

Une brochette d’acteurs français « qui ont la côte » ne fait pas forcément un bon film. Sauf que là Maïwenn a visé juste. Il y a de l’émotion, du soulagement, du rire, de la compassion, de la haine. Un panel de sensations qui se fait plutôt rare dans le cinéma actuel, isn’t it ?
Le seul petit bémol du film serait un manque de profondeur dans le rôle de Melissa, campée justement par Maïwenn. On aurait aimé connaître son histoire, souhaité davantage de présence, de mise en avant pour cette photographe débarquée dans ce milieu très difficile de la BPM.
Mais POLISSE n’a sans aucun doute pas volé son titre de Prix du Jury au dernier et après un plutôt bon Le Bal des Actrices en 2009, la réalisatrice nous fait réellement aimer sa mise en scène, balancée entre rires et larmes.
Et pour la petite histoire, le titre « Polisse » vient du fils de Maïwenn, qui un jour écrivit ce mot avec cette faute, d’où la reprise de ce mot accompagnée d’une typographie enfantine.

Yannick

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