En 2008 le duo espagnol, Jaume Balagueró et Paco Plaza, marquait le genre du film de zombies avec le terrifiant [REC]. L’énorme succès du film, plus de 30 millions de dollars récoltés dans le monde pour un budget de 1,5 million d’euros, a rapidement convaincu les deux réalisateurs et scénaristes de lancer une suite. Malheureusement après un bon second opus en 2009, la saga s’est rapidement perdue avec le décevant [REC] 3 : Genesis, en 2012. Avec le quatrième film dont l’action a lieu quelques semaines après les événements de [REC] 2, on espérait enfin voir un renouveau de la saga et un retour gagnant. Malheureusement on ne peut que constater que [REC] 4 : Apocalypse n’est pas au niveau de notre attente.

Angela Vidal (Manuela Velasco) est l’unique survivante des événements terribles survenus dans un immeuble de Barcelone. Quelques heures après l’incident une unité d’élite intervient et trouve Angela. Cette dernière est placée en quarantaine, isolée du monde sur un navire. Malgré l’importante sécurité mise en place, le virus va se déclarer. Angela est à nouveau confrontée à une attaque de zombies. Avec quelques passagers elle tente de s’échapper.

504468

© Universum Film Home Entertainment

En observant l’ensemble de la saga, on ne peut que noter que celle-ci fonctionnait parfaitement lorsque le duo Balagueró et Plaza officiait ensemble. Alors qu’il n’était pas présent pour la création de Genesis, réalisé et coécrit par Paco Plaza, Balagueró prouve qu’il n’est pas capable de mieux sans son acolyte. Ce qui fait défaut cette fois avec [REC] 4 : Apocalypse c’est avant tout la réalisation. Car la principale force de la série venait de sa mise en scène, une vue à la première personne en caméra embarquée, inspirée notamment du Projet Blair Witch (1999) de Daniel Myrick et Eduardo Sánchez. Pour rappel, l’intrigue du premier opus suit une équipe de tournage chargée de filmer le quotidien d’une caserne de pompiers. Le reportage se poursuit lorsque ces derniers interviennent dans un vieil immeuble. Sous la pression de la présentatrice star Angela Vidal, le cameraman ne cesse de filmer même lorsque sa vie est en danger. Le spectateur découvre ainsi les images issues directement de la caméra. Un mélange de documentaire et de séquences de longues durées qui nous plonge au cœur de l’histoire. Malheureusement ce principe de base est totalement abandonné dans [REC] 4 : Apocalypse . Le film utilise encore quelques images de caméras de surveillances mais qui n’ont finalement pas grand intérêt. La mise en scène est extrêmement basique et ne provoque aucun frisson. Pour tenter de surprendre et de véhiculer une certaine tension le film utilise la caméra à l’épaule. Logiquement présente dans les autres films, elle est ici bien moins maîtrisée. Sa sur-utilisation donne un aspect superficiel au film et on fatigue rapidement devant des images brouillons en mouvement constant. Une image qui laisse aussi à désirer et qu’on ne peut plus justifier. Car en utilisant une caméra de reportage, [REC] et [REC] 2 proposaient une esthétique très particulière, volontairement sale et abîmée. Ici l’image est bien trop sombre. Notamment parce que le réalisateur espagnol tente, sans succès, de susciter l’inquiétude en plongeant ses protagonistes dans le noir lorsqu’ils sont entourés de zombies. Une obscurité omniprésente qui empêche surtout de voir quoi que ce soit des scènes.

”En oubliant tout ce qui faisait l’intérêt de la série, principalement sa mise en scène particulière, [REC] 4 n’a plus rien d’excitant”

Pourtant le scénario était prometteur. Après avoir placé l’intrigue dans un immeuble dans les deux premiers films, puis une salle de mariage dans Genesis, Jaume Balagueró a imaginé un bateau en toile de fond. Les protagonistes sont ainsi coupés du monde. Isolés en pleine mer, au milieu de nulle part, aucune aide n’est envisageable. De plus le navire imposant se transforme vite en labyrinthe. De quoi attiser l’angoisse du spectateur. Et bien non. Là encore le scénario n’utilise jamais son décors de manière judicieuse et se contente de reproduire quelques scènes déjà vues. Les zombies apparaissent régulièrement, courent dans tous les sens et plutôt que de nous effrayer finissent par lasser.

Même le casting s’avère décevant. C’est certes un bonheur de retrouver Manuela Velasco, l’héroïne des deux premiers films, bien mise en valeur dans son habituel débardeur blanc, logiquement recouvert de crasse et de sang. Cette dernière porte parfaitement la série depuis les débuts. Mais le scénario la met en retrait la majeure partie du film pour laisser la place à des personnages sans aucun charisme. Angela reste spectatrice des événements et son interprète en est réduite au service minimum. Ce n’est qu’à la fin que la jeune femme prend les commandes du film. Bien trop tard pour nous convaincre.

501274

© Universum Film Home Entertainment

Face à une telle déception on espère ne pas voir la série se poursuivre davantage pour ne pas sombrer dans la surenchère ridicule comme le fait depuis longtemps Resident Evil, adaptation du jeu vidéo d’horreur culte du même nom. Face à la déception de cette saga, le premier [REC] se plaçait comme une belle alternative pour les fans du jeu et les amateurs de films d’horreur. Cependant avec ce quatrième épisode, loin d’être indispensable, la saga tombe au plus bas. En oubliant tout ce qui faisait l’intérêt de la série, principalement sa mise en scène particulière, [REC] 4 : Apocalypse n’a plus rien d’excitant. Les 95 minutes du film passent doucement sans réussir à effrayer ni à faire ressentir la moindre inquiétude pour les personnages. Un triste constat pour un film d’horreur.

Les autres sorties du 12 novembre 2014

CASTING
Titre original : [REC]⁴
Réalisation : Jaume Balagueró
Scénario : Jaume Balagueró, Manu Diez
Acteurs principaux : Manuela Velasco, Paco Manzanedo, Héctor Colomé, Crispulo Cabezas, Ismael Fritschi, María Alfonsa Rosso
Pays d’origine : Espagne
Sortie : 12 Novembre 2014
Durée : 1h35mn
Distributeur : The Jokers / Le Pacte
Synopsis : Quelques heures après les terribles événements qui ont ravagé le vieil immeuble de Barcelone. Passé le chaos initial, l’armée décide d’intervenir et envoie un groupe d’élite dans l’immeuble pour poser des détonateurs et mettre un terme à ce cauchemar. Mais quelques instants avant l’explosion, les soldats découvrent une ultime survivante : Angela Vidal… Elle est amenée dans un quartier de haute-sécurité pour être mise en quarantaine et isolée du monde afin de subir une batterie de tests médicaux. Un endroit parfait pour la renaissance du Mal… L’Apocalypse peut commencer !
BANDE-ANNONCE

[Critique] [REC] 4 : Apocalypse

1