Affiche RENGAINE

Paris, aujourd’hui. Dorcy, jeune Noir chrétien, veut épouser Sabrina, une jeune Maghrébine. Cela serait si simple si Sabrina n’avait pas quarante frères et que ce mariage plein d’insouciance ne venait cristalliser un tabou encore bien ancré dans les mentalités de ces deux communautés : pas de mariage entre Noirs et Arabes. Slimane le grand frère, gardien des traditions, va s’opposer par tous les moyens à cette union…

Note de l’Auteur

[rating:8/10]

Date de sortie : 14 Novembre 2012
Réalisé par Rachid Djaïdani
Film français
Avec Slimane Dazi, Stéphane Soo Mongo, Sabrina Hamida
Durée : 1h15min
Titre original : Rengaine
Bande-Annonce :

De nos jours, il est coutume d’observer quelques dérives cinématographiques tentant de se débattre lamentablement pour survivre à la violence dans laquelle elles se noient. La recherche du sensationnel a toujours été un fondement dans le cinéma, certes, mais encore faut il savoir la mettre œuvre : servant le propos, elle est toujours utile et choc dans le bon sens du terme. Alors il est vrai que pour de nombreux escrocs, boursoufler leurs films de rouge est un bon moyen de faire parler d’eux. Ce que certains réalisateurs ne comprennent pas, c’est que l’émotion provoquée par la force d’une situation, cette sensation qui tient le spectateur par les tripes et l’empêche de détourner les yeux de l’écran, ne s’obtient pas seulement par une forme physique de violence. Mais Rachid Djaïdani, lui, a tout compris.

En effet, le réalisateur livre un condensé de sensation parfaitement maitrisé aussi par le fond que par la forme. Avec ce « Roméo et Juliette » des temps moderne, il livre une copie parfaite par l’ampleur que le sujet, en apparence basique, réussit à embrasser. Dérivant, toujours à bon escient, sur une représentation plus globale du milieu dans lequel évolue les héros de cette histoire, cette chronique d’un « simple » couple acquiert une puissance sociétale transcendantale. Et c’est cette facette de la violence que le réalisateur parvient à saisir et à nous faire partager, de telle sorte qu’il est totalement impossible de ne pas regarder le film, non seulement avec ses yeux, mais aussi avec son cœur. La fougue qui se détache de cette étude de mœurs est passionnante et renversante. Véritable coup de poing qui vous met à bout de souffle, le film peut compter sur son casting pour porter avec toute l’énergie possible cette histoire.

Photo RENGAINE

Maitrisant parfaitement un sujet intemporel et fort qu’il met prodigieusement en scène, tout en comptant sur des acteurs très justes, Rachid Djaïdani réussit un tour de force qui ne laissera personne insensible.

La force du film se trouve aussi dans l’humanité avec laquelle les acteurs font vivre cette histoire. Toujours sur le fil, ils enchainent et ressentent les scènes avec une telle conviction qu’il est difficile de ne pas se laisser séduire. Et pour mieux les servir, les dialogues, aussi durs que drôles, sont toujours là pour les épauler. Rachid Djaïdani réussit l’exploit de transcrire toute la violence de la situation par la richesse de dialogues férocement vrais.

L’habileté du réalisateur transpire aussi par la durée de l’œuvre. En effet, en une heure et quinze minutes, il nous offre alors un condensé d’émotion pur. Par sa courte longueur, le film ne passe alors pas par quelques détours qui pourraient ralentir ou nuire à l’histoire. Ici, on ne se contente que du principal. Et c’est tant mieux. La relative petitesse permet de garder et de ne se concentrer que sur les bonnes choses et donc de développer encore plus la qualité de l’ouvrage. Rachid Djaïdni nous convie au restaurant et comme chez les grands chefs, les proportions sont élégamment bien définies.

Maitrisant parfaitement un sujet intemporel et fort qu’il met prodigieusement en scène, tout en comptant sur des acteurs très justes, Rachid Djaïdani réussit alors un tour de force qui ne laissera personne insensible.

Photo RENGAINE

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[critique] Rengaine

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