Présenté à Cannes cette année dans le cadre de la semaine de la critique, ce SLEEPING GIANT, premier long métrage d’un jeune réalisateur canadien, nous intriguait. D’abord son titre mais aussi le fait qu’il prenne place dans la spectaculaire nature de l’Ontario. Aussi, les premières images nous laissaient deviner un sens esthétique intéressant et son pitch n’était pas sans nous rappeler un certain Stand by Me. Jugez plutôt : la compétition et la rivalité chez trois jeunes adolescents en manque d’aventures à un âge où tout se bouscule. Même si tout semble beaucoup plus cérébral et complexe ici.

Le jeune réalisateur réussit parfaitement à retranscrire cette période trouble et très agitée de la vie masculine adolescente, où les hormones sont en ébullition. Influence des uns sur les autres, provocation, combats de lutte au grand air, vols groupés et surtout une affinité précoce envers les substances illicites, on s’y croirait vraiment, d’autant plus que tout ceci est remarquablement interprété par de jeunes faux acteurs brillantissimes. Rapidement, le film adopte plus particulièrement le point de vue d’Adam, le plus doux du groupe qui émet des réticences à faire le grand saut. Aussi bien celui visant à se jeter d’une falaise dans un superbe lac avec ses 2 autres cousins, que celui d’annoncer son béguin à la jeune fille avec laquelle il discute souvent et se rapproche. Malheureusement, le film à bien du mal à nous happer, la faute à une mise en scène assez impersonnelle, une forte odeur de déjà-vu et surtout de sévères soucis d’écriture.

Photo du film SLEEPING GIANT

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Les scénaristes n’hésitent pas à utiliser des ressorts dramatiques dénuées de toute subtilité pour enfoncer un peu plus encore le personnage d’Adam dans l’incertitude. Ayant du mal à trouver sa place au sein de ce trio plus toxique qu’amical, il ne sera pas aidé par l’adultère d’un père, d’ailleurs révélé par le plus vicieux et manipulateur de la bande. La confrontation père/fils à ce sujet aurait pu donner lieu à quelque chose de beaucoup plus intense et piquant, là où les auteurs décident seulement de l’expédier en deux scènes, qui auront au moins le mérite de raviver notre excitation et notre curiosité, perdues de vue passé la première demie-heure. Et que dire d’un rebondissement final d’une facilité outrageuse que l’on aurait interdit dans n’importe quelle école de scénario.

« Plombé par de gros soucis d’écriture, un premier film perfectible et pas assez prenant malgré sa sincérité. »

La ressemblance physique du jeune réalisateur avec son acteur principal nous ferait parier sur la dimension autobiographique sans doute assez présente dans ce premier film perfectible et pas assez prenant. mise beaucoup trop sur la relation fusionnelle entourant ses comédiens au détriment de son histoire et se contente de les filmer à coup de caméra portée et de plans rapprochés pour titiller notre fibre émotionnelle, en vain.

Toutefois, lorsqu’il décide de filmer la beauté imposante de cette nature, il réussirait presque à nous envoûter, bien aidé par le remarquable travail de son chef opérateur, sachant capter le mystère quasi fascinant entourant ces paysages. Rapprocher les toutes dernières images avec le titre du film nous fait même regretter définitivement d’être passé à côté d’une première œuvre puissante.

Loris Quinto

D’ACCORD ? PAS D’ACCORD ?

INFORMATIONS

Affiche du film SLEEPING GIANT

Titre original :
Réalisation : Andrew Cividino
• Scénario : Andrew Cividino, ,
• Acteurs principaux : , ,
• Pays d’origine : Canadien
• Date de sortie :
• Durée : 1h29min
• Distributeur : KMBO
• Synopsis : Adam passe les vacances d’été avec ses parents sur le lac Supérieur. Sa routine vole en éclats lorsqu’il rencontre Riley et Nate, deux cousins très sûrs d’eux qui occupent leur temps libre entre débauche et sauts du haut des falaises. La révélation d’un secret douloureux oblige Adam à agir de façon irréversible, ce qui mettra à l’épreuve les liens d’amitié entre les trois adolescents et les changera
définitivement.

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